Journal de Bottes

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature (la suite).

samedi 5 juin 2021, 21:23

Vélodyssée - Top départ

Bien qu'on ne soit pas du matin (c'est peu dire), nous sommes plutôt efficaces - Antoine en profite même pour ressortir son vélo rouge et le tester à nouveau, car il a cogité toute la nuit sur cette roue voilée qui ne se laisse pas bien régler. Il ne m'a rien dit, mais elle frotte encore contre les freins voire même contre le cadre... À 15 minutes du départ, il rumine et cherche une solution. Nous décidons de passer par Weldom avant de quitter Combourg pour acheter quelques rondelles en métal et décaller ainsi la roue... on arrive un peu avant l'ouverture, on poireaute jusqu'à 9h, on fonce sur le rayon visserie, on paie et on se casse : le bricolage de la roue est prévu pour ce soir chez le frère d'Antoine (nous sommes décidément optimistes dans la vie - la chance sourit aux audacieux !).

La route se fait tranquille, avec même un petit arrêt pour grignotter avant d'arriver à l'agence Rent and Drop de Chantenay. Déception, notre Renault Trafic n'est pas recouvert de pinguoins au sigle de la marque, mais de stickers Rentiz - une autre offre de LEASYS. C'est peut-être pas plus mal ;-) À part une énorme rayure sur le côté droit du véhicule, il est globalement en bon état et l'intérieur de la cabine sent presque le neuf - il n'a que 20.000 km au compteur. Nous chargeons et sécurisons les vélos à un crochet, garons Partner sur le parking de la gare toute proche, et voilà : c'est vraiment parti !

Un peu tardivement - c'est toujours trop tardivement de toutes façons - je m'aperçois que j'ai oublié la feuille de route de notre odyssée à l'agence de location... elle était jointe au contrat de location signé que j'avais imprimé et apporté pour la remise des clés, et j'ai laissé le tout sur le comptoir. Zut ! Et comme de bien entendu, je n'ai pas la version numérique... Il faudra refaire la liste des campings fissa ce soir, pendant que c'est encore frais dans ma tête.

Nous arrivons à Pessac comme prévu vers 17h30, en suivant l'itinéraire que nous avons validé lors de notre dernier voyage vers Bordeaux : autoroute de Nantes à Niort, suivi d'un tronçon lent pour rejoindre la nationale 10 qui roule très bien (et gratuitement) via Angoulême jusqu'à Bordeaux. Antoine bricole tout de suite la roue arrivère de son vélo, et refait le réglage des vitesses : la solution n'est pas parfaite mais améliore quand même énormément la situation - c'est roulable. L'esprit un peu plus libre, on peut maintenant passer une bonne soirée étape : apéro, et du lourd, un repas du sportif à base de gâteau de riz - le truc qui cale.

vendredi 4 juin 2021, 21:17

Vélodyssée

Dès notre retour du « quart Tro Breizh », l'idée s'impose : il faut repartir ! Juin, c'est le bon moment - personne encore dans les campings, et le potager peut bien attendre encore quelques jours (semaines ?) sans nous : toutes les plantes se portent bien et seules les fraises devraient donner en notre absence (tant pis !...). Mais où aller avec un temps minimal de préparation pour ce voyage surprise ? Ça nous semble évident : sur l'EuroVélo la plus pratiquée et documentée : la n°1, la vélodyssée.

En une semaine, il s'agit d'éditer les traces GPX (merci brouter.de) et de charger les cartes offline des départements traversés (merci l'appli OSMand). Nous nous sommes fixés comme objectif d'aller voir un ami d'enfance et le frangin d'Antoine en région bordelaise : il y a donc un timing à respecter sur la première partie du tracé. Les étapes sont calibrées entre 65 et 75 km, avec même quelques journées à 80 car c'est bien plus plat qu'en Bretagne, et bien sûr il faut faire en sorte qu'on tombe sur une ville-étape et/ou un camping sympathique (et ouvert, et acceptant les tentes). Quelques coups de téléphones sont nécessaires (et s'avèreront insuffisants - voir les billets suivants...).

Les vélos font l'objet de quelques réglages et améliorations : pour le vélo rouge ce sera une nouvelle roue arrière (qui s'avère voilée d'origine...) et un porte-charge avant. Pour le vélo noir, les garde-boues déformés qui ont tendance à frotter sur les roues partent à la benne (et ne sont pas remplacés), et le vieux sac à dos customisé est fixé pour de bon à l'avant avec une fixation métal de plomberie. Pour augmenter le volume de chargement, je réalise un proto de bagage de cadre d'environ 45 cm de long sur 8 x 8 cm, dans un tissu plus ou moins déperlant et assurément vert (c'est-à-dire assorti aux sacoches).

Ce qui nous préoccupe le plus : comment descendre dans le sud ouest avec les vélos ? Rapidement, nous achetons deux billets pour un trajet improbable : TER Combourg - Rennes, TGV Rennes - Paris, suivi d'un (TGV) oui go Paris-Hendaye. L'avantage est que le changement à Paris se fait presque dans la même gare : Montparnasse « officiel » et Montparnasse « du pauvre ». Mais les désavantages sont nombreux : il faut démonter les vélos (les deux roues et les porte-bagages), fourrer le tout dans une housse (un gros sac poubelle et du gros scotch devrait faire l'affaire) et porter tout ça (au bas mot 15 kg) avec à l'autre bras nos bagages (12 kg en sacoches vélo). Sans oublier : un masque sur le nez pendant les 8 heures de trajet.

Après réflexions et tergiversations, nous annulons (grâce aux conditions de vente spécial COVID, il n'y a pas que du mauvais dans cette crise), et louons un fourgon de 6 m3 chez Rent and Drop. Ils n'ont plus rien de dispo à Rennes, qu'à cela ne tienne, nous réservons le départ à Nantes-Chantenay et larguerons l'engin à Bayonne. C'est deux fois plus cher que le train en comptant les péages et le diesel (et je ne vous parle pas du CO2 que nous allons honteusement balancer dans l'atmosphère), mais c'est 1000 fois plus pratique, et nous serons moins contraints sur les horaires : il s'agit seulement arriver à l'heure samedi midi avec un trajet de 2 heures à partir de chez nous. Facile.

Vendredi soir, sacoches et vélos déjà chargés dans Partner, nous sommes parés !

samedi 29 mai 2021, 21:17

QTBSO - Carhaix, la boucle est bouclée

Après la soirée des motards, le petit déjeuner des motards ! Ils sont au moins aussi matinaux que nous, et même s'ils ne mettent pas la musique, une cinquantaine de gars (et leurs dames pour certains) qui prennent un café et s'interpellent, ça ne passe pas inapperçu. Sans compter les organisateurs qui houspillent gentilment tout le monde pour ne pas prendre de retard sur le départ de la virée du jour... Notre voisin ronfle encore, c'était visiblement un de ceux qui ont picolé le plus la veille !

Quant à nous, c'est aussi un petit déj' de luxe : Antoine va chercher des viennoiseries à la boulangerie du village, et nous préparons un café sous la tente-cuisine dédiée aux itinérants. Il y a tout ce qu'il faut à disposition : la gazinière, la cafetière, les tasses, les petites cuillères, et même le café et le sucre ! Grand luxe.

Après avoir tout remballé, nous sommes prêts à partir, sous un temps assez frisquet et même un brin maussade. Nous couvrons assez rapidement les 17 km qui nous séparent du bled suivant, Gourin. Nous suivons toujours l'ancienne voie ferrée, donc ça roule ! Cependant de temps à autre il pleut, et nous sortons nos kways à chaque fois que c'est nécessaire, et les remballons aussitôt que possible quand ça s'arrête.

Nous continuons encore 15 km à ce rythme avant d'arriver au canal de Nantes à Brest. Nous le suivons à peine 1 km : la piste bifurque et remonte vers Carhaix, maintenant toute proche. Il ne manque plus que 6 km pour rejoindre Partner, c'est presque dans la poche... mais non, ce ne sera pas si facile : Carhaix, comme toutes les villes, nous met en difficultés ! Pourtant, sur la carte tout avait l'air évident, nous n'avions qu'à suivre la véloroute, elle passait juste derrière le parking où nous sommes garés.

À proximité de la ville, un gamin survolté en BMX nous pense perdus (alors que nous ne le sommes pas encore !) et nous indique aimablement un itinéraire qui semble bien compliqué - j'aquiesse et je remercie, mais je pense déjà n'en faire qu'à ma tête. Sauf que voilà, le tracé nous perd, à moins que nous ne perdions le tracé (mal indiqué ?). C'est au niveau d'un grand boulevard qu'on décroche, et qu'on se retrouver obligés de se guider au GPS... et ça, c'est terriblement lent.

Finalement, on longe comme prévu la gare et ses rails... Ça monte, ça grimpe, mais ça y est ! On retrouve Partner sous la pluie - attirés comme des aimants et lancés dans la dernière descente qui nous ramène vers le confort et la civilisation, nous n'avons pas pris la peine de sortir les kways. En un rien de temps, nous sommes trempés - mais qu'importe ! Le temps d'embarquer les vélos à l'arrière, de se changer à l'avant, et hop un tour au Lidl pour acheter de quoi manger ce midi... Nous grignoterons sur la route, car nous voilà déjà partis pour Rosporden pour récupérer le vélo. Nous y arrivons vers 14h, et là personne, juste un petit mot : le gars vient de partir, mais il suffit de le rappeler et il revient nous ouvrir.

Voilà, il ne reste plus qu'à faire la route vers chez nous... Ce sera par la N165 en passant par Quimperlé et Lorient, dont nous ne voyons rien, bien sûr, pas plus que sur la N24 nous ne nous arrêtons à Locminé ni Josselin. À Saint Ménéen le Grand, la quatre voies devient une simple départementale, car nous pensons d'abord passer par Dinan. Le rythme n'est plus le même, et au point où nous en sommes, nous changeons nos plans pour faire un peu nos touristes en voiture : on pointe directement Combourg par les chemins de traverse... on visite la campagne ! Cette fois-ci, nous passons par le coeur de petits bleds : Saint-Maden, Tréfumel, Le Quiou... et nous retrouvons finalement en terres connues à Saint-Domineuc. C'est sûr, c'est bel et bien fini : nous sommes rentrés.

Les stats

> Étape : Scaër - Carhaix 
> À vélo : 41 km en 2h45 (soit 14,9 km/h)
vendredi 28 mai 2021, 21:17

QTBSO - Rosporden and Co

Un petit déjeuner face à l'océan, à deux pas du camping... c'est bonheur ! Notre dernière journée à trois s'annonce comme hier ensoleillée et chaude, nous avons enfin l'impression d'être en vacances... Seule ombre au tableau : alors que pour une fois nous étions matinaux, il nous a fallu attendre l'ouverture de l'accueil à 9 heures pour récupérer la caution du jeton d'eau tiède.

Le tracé commence direction plein est, mais deux erreurs nous ralongent... Finalement nous retrouvons notre chemin, il fallait tout simplement longer la dune. Nous parcourons 7,5 km pour atteindre le grand pont qui traverse l'Odet. La circulation est dense, l'espace qui nous est réservé plutôt restreint, il n'est pas très agréable à traverser en vélo... Cependant nous croisons d'autres vélo-randonneurs qui nous saluent gaiement de l'autre côté de la chaussée, alors que nous atteignons le point « culminant ». Difficile malgré tout de glisser un oeil sur le paysage et l'Odet.

Les 4 km sont bien sûr en descente, et nous permettent d'atteindre le centre de Bénodet. Nous prenons une petite pause au port, mais malgré les affiches touristiques nous ne sommes pas séduits. Nous ressortons de la ville par ses plages et ses quartiers de villas et résidences secondaires. Il nous faut bien 10 km en un tracé plutôt hasardeux dans la campagne environnante - tout sauf droit ! - pour atteindre le plateau de Mousterlin.

Nous continuons : pendant 15 km nous allonrs longer l'océan puis sillonner la campagne, pour finalement atteindre Fouesnant. Où, une fois le centre ville passé, nous nous trompons de chemin : attirés par la descende d'une énorme côte, nous nous y engouffrons avec plaisir ! Étienne a beau nous crier que non, c'est pas par là... il nous suit. Arrivés en bas, il faut bien se rendre à l'évidence, il faut faire demi-tour : Étienne démarre au quart de tour et remonte. Je suis moins enthousiaste à l'idée de refaire tout ce dénivelé en sens inverse, et je m'informe auprès d'un vélo route de passage. Il me confirme qu'on peut tricher en restant au niveau de l'eau, il suffit de longer l'anse de Penfoulic par un petit sentier qui peut se prendre à vélo... Partis après lui, c'est donc nous qui attendons Étienne au lieu-dit de la Digue !

Encore 2 km et nous atteignons Port-la-Forêt, où un petit restaurant avec vue sur mer nous fait de l'oeil, mais il est un poil trop tôt encore pour songer à s'arrêter... S'ajoutent alors 3 km tranquilles qui serpentent entre campagne et forêt... mais pas si faciles, car déjà ça commence à grimper. Mais c'est ensuite que ça se complique : mon vélo noir freine tellement peu que la descente de dingos à travers Saint-Laurent me fait craindre le pire ! Arrivés au niveau de la mer, voilà qu'il faut tout remonter de l'autre côté... 4 km éprouvants le long d'une route passante où les vélos ne sont pas protégés ! Il faut compter alors encore 3 km pour arriver au centre de Concarneau en longeant la plage.

Nous voici sur la place principale, jour de marché, grand soleil, il est 13h passé... toutes les terrasses des restaurants sont pleines, il faut renoncer à manger maintenant. Nous jetons un oeil aux traiteurs du marché, mais Étienne n'est pas partant, alors nous attachons les vélos sur le parking le plus proche, et partons visiter la vieille ville... où finalement, nous allons rapidement tomber sur une crêperie qui peut nous accueillir dans une courette fleurie.

Après cette brève visite, nous empruntons mainteant la V7 : 14 km de véloroute qui nous amènent jusqu'à Rosporden. Au début, le tracé est charmant, l'ancienne voie ferrée passe en pleine ville tout en étant protégée de la circulation, comme la coulée verte parisienne. Puis la piste emprunte de petites routes de campagne et même quelques chemins de pierre défoncés par le passage de cavalliers. C'est tranquille et peu passant, mais parfois le dénivelé est plus conséquent que les 1-3% réglementaires des anciennes voies ferrées...

Nous arrivons presque un peu trop tôt à Rosporden. La petite ville semble à la fois morte et trop passante : aucun commerce, aucun piéton, mais des voitures en pagaille et des sens interdits partout. Nous trouvons cependant la gare, et juste à côté : le seul café qu'on ait vu dans la ville. Ni une ni deux, nous fêtons là la fin du trajet commun : dans quelques heures, Étienne reprend le train pour Paris.

Mais d'abord, direction le centre sportif des jeunes ! Par chance, nous tombons d'abord sur le bureau des sports, qui se trouve finalement juste à côté, et à proximité du camping municipal fermé. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai obtenu de la mairie qu'on nous propose une solution pour garder le vélo d'Étienne pour la nuit... car au début nous pensions pouvoir nous arrêter là ce soir, et nous avions planifié tout en ce sens.

Le responsable du bureau des sports est justement cycliste, il nous raconte avoir fait la Corse à vélo dans sa jeunesse ! Il connaît bien les problèmes de logistiques, et il nous ouvre un gymnase où garer le vélo d'Étienne (c'est-à-dire mon VTT et la remorque) jusqu'au lendemain. On refait nos sacoches en redistribuant les affaires nécessaires et superflues, et Étienne repart à pied vers la gare avec ses grands sacs de couses qui contiennent toutes ses affaires.

De notre côté, il nous manque encore 15 km de V7 pour atteindre Scaër, le prochain village qui dispose d'un camping. Nous y trouverons un excellent accueil de la part d'une néerlandaise ex-championne de course à pied... On peut dire que les néerlandais s'y connaissent en camping !

Le camping est quasiment vide à notre arrivée, mais cela ne va pas durée : une équipée entière de motards arrive, suivie d'un camion loué pour l'occasion, qui contient toutes les tentes et les affaires de ces messieurs-dames... Ce soir, c'est soirée motards !

Quant à nous, nous avons monté la tente, pris une douche rapide, et sommes prêt à repartir pour quelques courses peut-être, ou un resto si possible... à vélo peut-être ? On les enfourche, je pédale 10 mètrs, et non, c'est trop dur... à moins que... hey bien oui, Étienne l'avait déjà fait le premier jour à Huelgoat, et voilà que je viens de le refaire : le tendeur traînait et s'est pris dans la roue !

Finalement, nous décidons d'y aller à pieds. Bien nous en a pris, il ne manque que 500 mètres pour trouver deux boulangeries (pour demain matin), deux bars, et même un kébab... le luxe ! Nous commençons donc par reprendre une bière, cette fois-ci juste tous les deux - petite pensée pour Étienne dans son train -, puis allons dîner d'un kébab sur une table de l'aire de jeux près du camping.

Par contre après ça, il ne reste plus grand chose à faire qu'à prendre une douche et se coucher... La nuit sera animée et musicale par les motards ! Au moins ils n'ont pas mauvais goût, ne font pas de karaoké, et ne se couchent pas trop tard... enfin, pour la plupart. Notre voisin ne s'est mis à ronfler que vers 5 heures du matin.

Les stats

> Étape : L'île Tudy - Concarneau - Rosporden - Scaër 
> À vélo : 60 km jusqu'à Rosporden, en tout 77 km en 5h23 (soit 14,3 km/h) 
> Camping de Kérisole 
> On aime : l'accueil chaleureux, la tente-cuisine en libre accès pour les itinérants
> On regrette : la soirée motards
jeudi 27 mai 2021, 21:17

QTBSO - Soleil vers l'île Tudy

Ce matin, quelque chose a changé... le temps ! Il fait (enfin) grand soleil. Cela fait un bien fou ! La tente qui n'a pas eu le temps de sécher de toute la nuit est montée à côté de la roulotte et sèche pendant le petit déjeuner. Il est un peu moins de 10 heures quand nous sommes prêts à partir !

Direction la plage de La Torche - d'où le camping tire son nom, à environ 2,5 km. C'est une première étape un peu courte, mais le site est réputé pour le surf, alors on jette un oeil - et effectivement, le spot est déjà assailli. Nous nous offrons une petite balade à pied, mais il est possible que nous ayons manqué malgré tout le dolmen indiqué sur les cartes. Il faut dire que notre attention est plus facilement retenue par d'autres cyclotouristes équipés comme des pros.

La Torche

À 4 km de là, nous croisons le musée de la préhistoire finistérienne... un nom un peu pompeux qui malheureusement n'indique qu'une bâtisse fermée... depuis quand ? mais heureusement, dehors plusieurs alignements ont été reconstitués - dont une allée couverte. Enfin, c'est ce qu'on se dit, car aucun panneau n'informe de quoi que ce soit.

À peine plus loin, nous arrivons vraiment dans le bourg et direct, nous perdons la trace de la véloroute : cela nous amène à faire une petite boucle imprévue du côté du « rocher des victimes ». Ce qui nous remet une vue sur océan, mais pas dans le bon sens ! On repique plein sud, et retrouvons la piste qui longe littéralement le littoral... La marée est basse, mais c'est beau quand même. Un petit arrêt à la chapelle Notre-Dame-de-la-Joie nous la fait trouver un peu vide par rapport à Saint-Tugen.

Encore 3 km, et nous atteignons le phare d'Eckmühl - du nom d'un maréchal napoléonien nommé Prince d'Eckmühl suite à une bataille (en bavière)... car c'est la donation de sa fille qui permet de l'ériger. Il semble que de nombreux phares soient ainsi financés : le mécénat à l'aide de État... ou plutôt des citoyens, puisque l'État semble assez peu impliqué dans la construction finalement !

Phare d'Eckmühl

Nous faisons un petit arrêt, mais ne montons pas les 300 marches - nous n'aurions peut-être pas assez d'énergie pour tout faire aujourd'hui si nous commencions par cela ! Antoine en profite plutôt pour essayer de régler mon vélo : le garde-boue arrière frotte sur le pneu, je vais péter un câble (au sens figuré) et peut-être une pièce (au sens littéral) si ce bruit persiste...

Nous ajoutons 2 km et nous voici au port de Bouc. Les bâteaux échoués sur le sable, le soleil dans les yeux, un banc accueillant... c'est décidément un bon endroit pour manger les sandwichs achetés la veille - et aujourd'hui, il fait largement assez chaud pour profiter d'une pause en extérieur !

Port Bouc

Après la pause déjeuner, nous enchaînons par 8 km sur une piste qui rentre dans les terres. Nous commençons à presque souffrir de la chaleur, et nous n'hésitons pas à mettre et remettre encore de la crème solaire par crainte des coups de soleil... nos peaux n'ayant pas encore vu autant d'UV depuis le début du trajet ! Nous traversons bientôt le Guilvinec et ses ports.

Le Guilvinec

En moins de 2 km nous sortons de la petite ville par des quartiers de résidences secondaires, et découvrons la Plage de Léhan. Le tracé suit le littoral derrière la plage immense sur plusieurs kilomètres, derrière la dune... nous faisons quelques arrêts pour profiter des étendues de sable, de soleil, et personne, personne... l'avant saison a ce charme particulier de donner l'impression d'être seuls au monde à profiter de l'espace.

Plage

Les 13 km qui nous séparent de Loctudy sont de nature balnéaire : alternance d'accès aux plages, à des points de vue sur l'océan, maisons de vacances et petits jardins plantés de palmiers... Nous faisons une halte face au port de Loctudy : pause bière au bar. À moins de 100 m à vol d'oiseau, de l'autre côté du petit bras de mer, une l'île... notre destination. À bien y repenser, nous aurions du prendre le bac ! Nous serions arrivés directement et aurions profité véritablement d'une journée balnéaire.

Mais au lieu de ça, nous reprenons la route et parcourons les 7 km qui manquent pour rejoindre Pont l'Abbé... sur une piste qui longe une départementale inintéressante et particulièrement encombrée de voitures. Tout ça pour voir quoi ? Le pont de Pont l'Abbé, que les gars auraient passé sans même y faire attention tellement nous étions pris dans la circulation...

Pont l'Abbé

Toute traversée de rivière appelle une montée, et les 5 km qui suivent sont effectivement une belle côte... suivis de 5 km qui redescendent vers l'océan ! Nous voici donc bien à l'heure pour le camping municipal, car nous avions été duement avertis : l'eau chaude dans la douche ne s'obtient qu'avec des jetons, et l'accueil ferme à 18h. Nous avons donc le précieux sésame - un pour trois, on sait déjà que je serais la dernière à passer pour ne pas épuiser l'eau avant les copains...

Le camping a ceci de mangifique que ses emplacements tout en terre sableuse donnent directement accès à la plage et sa balade. Juste une haie à traverser, et vous voilà face à l'océan, et quelques bancs vous accueillent... Il a fait tellement chaud aujourd'hui, qu'on avait parié sur une baignade en eau glacée, mais Étienne s'y colle sans m'attendre - d'ailleurs, il a beau dire en sortant qu'elle n'est pas si froide, je ne le crois pas une seule seconde... il est du Nord, quand même ! Je passe et préfère tâter directement l'eau des douches. Mais les promesses d'eau chaude du jeton sont décevantes, il n'offre finalement que du tiède... dans ces conditions, inutile de s'éterniser.

Nous refaisons quelques stocks de produits frais à l'épicerie située à moins de 200 m du camping. Après un petit apéro face à la mer, nous voici à faire un peu de cuisine près de la table de ping pong en béton du camping - au moins, elle abrite le réchaud du vent, et en l'absence de table de pique nique c'est un bon plan pour poser ses fesses ! Une fois le repas prêt, nous préférons malgré tout dîner sur un banc à la plage. Il commence à se faire tard, mais une balade le long de la plage est si tentante... de fil en aiguille, nous nous retrouvons à nous balader bien après 21 h... une promenade sans personne et pourtant avec un petit air de hors la loi !

Les stats

> Étape : Penmarc'h - Ile Tudy 
> À vélo : 57 km en 3h35 (soit 16 km/h)
> Camping municipal de l'île Tudy 
> On aime : l'emplacement direct sur l'océan  
> On regrette : l'eau tiède
mercredi 26 mai 2021, 21:17

QTBSO - Penmarch dans le froid

Ce matin, tout est encore très humide, herbe et toiles de tente - mais au moins, le crachin a cessé. Après un mini café chauffé avec ce qu'il reste de gel de combustible, nous plions bagages pour une journée qui doit nous faire longer toute la baie d'Audierne.

Le tracé de la littorale (V45) est d'abord plutôt champêtre : il nous fait battre la campagne d'un côté ou de l'autre de la départementale... Cela donne sacrément l'impression de ne pas avancer. Mais après 5 km nous voici face à l'océan, à la plage du Loc'h.

Plus loin, voici Primelin, et alors qu'à peine plus loin nous entrons dans un petit bourg, j'avise une étrange église dont le clocher ressemble presque à une tour fortifiée - et nous voici à poser les vélos contre un mur. Un monsieur nous dit d'en profiter : la présence de la voiture du conservateur de la chapelle Saint-Tuguen indique qu'elle est justement ouverte.

Étienne tente d'ouvrir la porte, rien. J'essaie à mon tour, surprise, la porte s'ouvre toute en grand : le conservateur est un petit farceur... Il nous fait un petit tour du propriétaire, et j'avoue que le nom de chapelle ne semble pas vraiment approprié - c'est bien plus grand. En fait, le nom de chapelle (sans doute mal traduit du breton) désigne le fait qu'il ne s'agit pas de l'église principale de la paroisse. Cependant, sa dimension correspond au succès historique de son pardon : Saint-Tugen était réputer vous protéger de la rage... Pour ne rien gâcher, mobilier, tentures, sculptures sont présentes en nombre et plutôt bien conservées.

Nous reprenons la route, et pendant 6 ou 7 km nous serpentons à travers des maisons secondaires de tout genre - vu le temps gris et le hors saison, l'ensemble fait une impression de désert. Nous voici maintenant à Sainte-Evette, d'où on pourrait embarquer pour l'île de Sein. Nous sommes tout proche d'Audierne, et c'est sa grande plage que nous admirons par temps gris...

La grande plage d'Audierne

Il ne manque que 4 km pour rejoindre le centre ville : longer la plage, puis remonter l'estuaire... la véloroute emprunte une passerelle en bois qui nous permet d'entrer dans Audierne par les berges du fleuve. Il est encore trop tôt pour manger, mais nous profitons de la vie commerçante du port pour nous offrir des sandwichs dans une boulangerie, au cas où ce serait compliqué de trouver un restaurant sur la route ce midi...

Nous quittons Audierne et son estuaire par, comme tout estuaire qui se respecte, une très belle côte... et à nouveau, nous traversons des quartiers entiers de maisons résidentielles dédiées aux vacanciers : deux bons kilomètres de vide. Le temps gris et le vent nous mettent à mal, finalement, nous aimerions nous arrêter pour manger... peut-être au bout de 4 km à Pors Poulhan ?... Non, les quelques établissements sont fermés en cette avant-saison. Nous rajoutons finalement 8 km d'efforts insensés, pédalés avec la rage au ventre pour trouver un restaurant et l'espoir fou de s'installer au chaud pour atteindre finalement Penhors. Un premier restaurant ne nous semble pas convenir, mais au bout de la plage, voici que la crêperie Pen ar Bed et sa terrasse toute en courrant d'airs nous tend les bras... que demande le peuple ? Un fish-and-ships figure au menu.

Nous sommes donc au pays du cheval d'orgueil de Pierre-Jakez Hélias... Nous n'irons en visiter que la petite église, en guise de balade digestive.

Nous reprenons les vélos, et il ne faut pas plus de 5 km pour que des ruines attirent notre attention : c'est la chapelle de Languidou.

La chapelle en ruines de Languidou

La balade se poursuit, le paysage est plus sauvage depuis Penhors, et après 7 km nous faisons une petite halte à la plage de Kermabec. Elle s'étend à perte de vue, mais le vent ne nous encourage pas vraiment à flâner le long des vagues... Nous reprenons la route, et 5 km nous amènent à un calvaire : celui de Notre-Dame de Tronoën à Saint-Jean-Trolimon. C'est une belle surprise, car apparamment c'est l'un des plus anciens et imposants. Un détail intriguant (vous en trouverez une photo ici), c'est une représentation de Marie allongée, seins nus sur sa couche à Béthléem...

Le calvaire

Un dernier effort sous le temps gris, et voici que les trois derniers kilomètres nous amènent enfin au camping de la Torche. Ici, c'est un camping de surfeur : c'est chic, il y a des haies, des arbres, et aussi... c'est pas donné. Nous n'aurons pas le choix d'un bungalow, la gérante a décidé pour nous : pour une nuit, nous aurons droit à une roulotte pour 70 €. J'ai dû lever un sourcil - ou les froncer tous les deux -, et elle m'a fait une légère ristourne, mais quand même, le résultat est là : il s'agit de la nuit la plus chère de la semaine, et dans l'espace le plus restreint qui soit. Car la roulotte, c'est tout en long : on passe son temps à se croiser, se gêner, se marcher sur les pieds. Sans compter que du coup Étienne n'avait pas vraiment de chambre, mais une sorte de couchette dans le couloir... côté confort, nous avions vu mieux.

Hauts les coeurs, une fois les tentes dépliées pour être mises à sécher, nous avons réenfourché les vélos et sommes partis nous ravitailler à Penmarc'h : un supermarché pour l'ordinaire, une épicerie fine pour quelques gâteaux bretons, et voilà comment rajouter facilement 10 km à une journée déjà bien chargée. Assez pour me rendre grognon - je ne sais plus pourquoi, mais c'est certain j'ai grogné. Je sais pas si Étienne s'en est aperçu, mais il s'est empressé de cuisiner dès notre retour à la roulotte ! Avec un chocolat et un bon dîner, tout est rentré dans l'ordre.

Les stats

> Étape : Plogoff - Penmarc'h 
> À vélo : 69 km en 4h44 (soit 14,6 km/h) 
> Camping de La Torche à Plomeur 
> On aime : l'abri en dur 
> On regrette : le prix excessif par rapport aux autres campings
mardi 25 mai 2021, 21:17

QTBSO - La pointe du RAZ

Étienne tombe du lit ce matin, et se propose de commencer la journée par des courses au Leclerc de la zone toute proche. Il est tellement tôt qu'on patiente un peu devant le magasin avant son ouverture, avec les habituels quelques petits vieux accrochés à leur caddie et prêts à démarrer au quart de tour lors du lever de rideau.

Après le petit déjeuner, barda chargé, nous voici repartis vers la pointe : nous quittons Douarnenez le long de la côte, sans la voir. C'est le futur tracé de la V45, toujours aussi immatériel. Un papy nous double sans forcer, monsieur est en électrique - plus ça va plus je me demande si ces gens font vraiment du vélo.

Il est 10h, et après avoir parcouru à peine 5 km nous faisons un petit détour pour voir l'océan : notre premier arrêt est à pointe de la jument (près du lieu-dit Kerandraon, à Poullan-sur-Mer). Sous le soleil l'océan est bien bleu, mais sa chaleur compense à peine la fraîcheur du vent qui souffle encore fort aujourd'hui.

Le bleu

La pointe de la Jument

Les arbres poussés sous le vent

Encore 5 km, et la chapelle Saint Conogan (près de Lescogan) attire notre attention : nous posons les vélos, mais la chapelle ne se visite pas. La présence de quelques radonneurs - à pied - nous donnent l'envie de refaire un détour vers l'océan par le chemin le plus proche. C'est ainsi que nous découvrons le site du phare du Millier, et que d'autres promeneurs nous indiquent le Moulin de Keriolet tout proche.

Décidément, nous ne faisons que des sauts de puce : à nouveau 5 km, et nous voici à Beuzec-Cap-Sizun. Il est tout juste midi, et sa petite épicerie vient de fermer - heureusement que nous avons déjà de quoi grignotter. Nous nous considérons même chanceux : il est si difficile d'en trouver une au bon moment, qu'une table de pique nique ne se refuse pas... Installés sur cette unique table située face au pub Mac Laughlin's, il nous semble vu d'ici presque fermé malgré les quelques voitures garées devant. Après déjeuner, nous tentons d'y prendre un café, et nous comprenons notre erreur : tous les clients sont installés sur une terrasse orientée plein sud à l'autre bout de l'établissement... Tout le monde s'y réchauffe au soleil, certains y mangent même du fish and chips. La déception est immense...

À peine sortis du pub, le soleil se cache et le vent se fait un peu plus mordant. Nous rajoutons 8 km, et arrivons vers 13h30 à la pointe de Castel ar Roc'h : une réserve naturelle dédiée aux oiseaux de mer.

pointe de Castel ar Roc'h pointe de Castel ar Roc'h

Après une petite balade sur les sentiers de la réserve, nous reprenons la route sur une dizaine de kilomètres. Vers 15h nous atteignons la Pointe du Van. Les vélos abandonnés en bout de parking, nous partons nous promener contre le vent à travers la lande. Le ciel est gris, le vent de plus en plus violent, et la lande bien qu'encore bien implantée n'est pas aussi belle qu'à la réserve qu'on vient de visiter. Malgré tout, le site vaut le détour pour son ampleur, et ses vues magnifiques aussi bien vers la côte que vers la pointe du Raz.

Pointe du Van

De la pointe, il ne manque plus que deux kilomètres pour rejoindre la baie des trépassés. La route prend une sacrée descente, dont la pente est indiquée à 10%... L'hôtel qui se dresse seul au fond de la baie nous donne envie d'y rester des jours entiers, à n'y rien faire d'autre que de regarder la mer démontée. Quelques surfeurs essaient de prendre les vagues qui ne semblent naîtrent que de la violence du vent.

La baie des trépassés

Pour ressortir du creux de la baie, la même pente nous attend de l'autre côté, mais pour une fois le vent se fait utile : il nous pousse dans le dos et nous aide à remonter la côte... c'est suffisant pour les gars, mais pas pour moi, je finis par mettre pied à terre.

Encore un petit tronçon de 5 km, et vers 16h30 nous voici au parking de la pointe du Raz. L'entrée est payante, sauf pour les vélos : nous passons à côté de la barrière. Le parking est assez éloigné de la pointe elle-même. Nous snobons la navette, et marchons... La pointe se signale par la puissance grandissante du vent. Sa vue est familière.

La pointe du Raz

Il ne reste plus qu'à rejoindre le camping... Et voici les 5 derniers kilomètres qui font mal aux jambes, surtout quand on prend par erreur une très belle descente qu'il faudra remonter ensuite ! Le temps est toujours plus gris et frigorifiant, mais enfin, nous atteignons le camping de la ferme du bout du monde. Pour être au bout du monde, ça oui, par contre nous ne voyons pas bien où est la ferme... à part une petite serre qui convient au mieux à une famille, aucune trace d'une exploitation à proximité.

Le camping n'offre aucun espace pour les randonneurs itinérants, mais la gérante nous propose d'utiliser une table mini format placée sur la terrasse d'une caravane à moitié abandonnée... Nous nous installons juste à côté. Plutôt que de nous réchauffer, la douche est une expérience particulièrement refroidissante : l'eau est tiède, et surtout le bloc sanitaire est traversé de toutes parts par le vent. Brrr.

Bien couverts, nous nous attaquons à la cuisine : pour protéger la flamme du vent, nous nous plaçons sous les arbres... c'est l'heure de l'apéro au cidre pendant que cuisent difficilement les pâtes accompagnées de sauce curry et de lardons. Mais la nuit tombe déjà, et le crachin s'invite : c'est l'heure de se réfugier sous les tentes pour une longue nuit de sommeil sous pluie fine.

Les stats

> Étape : Douarnenez - Plofoff 
> À vélo : 49 km en 3h30 (soit 14 km/h) 
> Camping de la ferme du bout du monde 
> On aime : le squat d'une mini table de pique nique  
> On regrette : le bloc sanitaire ouvert à tous les vents et la douche frisquette
lundi 24 mai 2021, 21:17

QTBSO - Douarnenez et extra à Locronan

À notre réveil, il ne pleut plus, mais tout est humide dans le mobil home - les murs plastiques sont couverts de gouletttes. Évidemment, les fringues qui ont pris la pluie hier n'ont pas séché. L'invariant du moment : le vent n'a pas encore faiblit...

Après un solide petit déjeuner, nous levons le camp. Comme la route est courte, nous prenons notre temps : c'est la journée touristique. Quelques kilomètres, et déjà nous faisons une première halte à la plage de Treguer. Le sentier qui nous amène vers la baie est orienté plein ouest, nous avançons le visage fouetté par les grains de sable soulevés par le vent qui soufle en rafales.

La baie, vue sur Douarnenez

La baie, vue sur Douarnenez

Il ne reste pas loin, moins d'un kilomètre, pour atteindre l'église du célèbre pardon, Sainte Anne la Palud. À quelques minutes près, nous étions à l'abri... Mais nous sommes encore sur la route quand la grêle s'abat violemment sur nous, poussée par le vent avec tel angle d'attaque, qu'il faut moins d'une minute de ce traitement pour être 100% trempés côté droit... et 100% secs côté gauche ! Heureusement cela ne dure pas, c'est même déjà fini : encore un peu dégoulinants de pluie, nous visitons la petite église. Quelques panneaux couverts d'anciennes photos témoignent de temps révolus où les pardons étaient des rassemblements importants, et où les habits traditionnels n'étaient pas encore folkloriques.

Nous reprenons la route entre océan et campagne, sous un soleil timide qui parvient parfois à reprendre le dessus. Les nuages avancent beaucoup plus vite que nous ! Une dizaine de kilomètres plus loin, vue imprenable de la plage de Trez Malaouen.

La baie moutonneuse

La plage

C'est alors que les choses sérieuses commencent : à Douarnenez, il y a des côtes de dingue ! La première à la sortie de la plage du Ris suffit à me faire mettre pied à terre, et le pire c'est qu'elle dure ! Ensuite c'est la ville, la traversée du port Rhu, et l'avenue de la gare... qui grimpe encore, et encore, on s'égare un peu, et finalement nous voici arrivés au camping de Croas Men ! Étonnant petit camping niché en pleine ville... Le propriétaire nous donne les clés, nous nous enregistrerons après, pour l'instant nous déchargeons le barda et nous interrogeons sur les options qu'il nous reste à cette heure pour déjeuner, un lundi de Pentecôte.

Nous décidons de tenter notre chance au port de plaisance, à 5 minutes à pied plus bas. Tout semble fermé, tout sauf une brasserie pleine à craquer à l'intérieur mais qui ne veut pas servir autre chose que des boissons sur sa terrasse extérieure, une pizzéria qui fait du à emporter, et un restaurant un peu chicos bondé : la capitainerie. Renseignement pris, on nous propose de revenir dans une demi-heure : il sera quasiment 14h30 d'ici là, mais pourquoi pas ! Nous flânons jusqu'à la plage Saint Jean.

La baie, vue sur Douarnenez

Le vent souffle toujours, mais maintenant il nettoie le ciel. À prendre le soleil qui revient en force, nous avons presque oublié l'heure ! Revenus au resto, nous sommes installés en terrasse, parfait, la carte est alléchante, miam ! Pour moi ce sera du thon mi-cuit très maîtrisé, Antoine dévore un burger et Étienne choisit le plat le plus calorique qui existe.

Il sera bientôt 16h et nous avons peut-être un peu trop mangé pour faire du vélo, mais qu'importe, nous allons rechercher les biclous : direction Locrononan. D'abord sortir de la ville, par la cyclable qui mène directement à Quimper - nous nous arrêterons bien avant ! C'est une ancienne ligne de chemin de fer, aux faux plats jamais francs, ça ne descend pas vraiment, ça ne monte pas tellement non plus, mais ça roule gentilment, sans le barda on se croirait presque en vacances !

Au croisement avec le Juch, nous rejoignons une petite départementale, ça grimpe mais ce n'est pas encore méchant, nous oublions le tracé et arrivons - surprise - à Plogonnec. Marche arrière, et là, la côte affreuse qui rejoint la D63 nous met à plat - nous sommes pas loin de balancer le vélo dans le talus ! Étienne lui attend patiemment en haut qu'on arrive. Un carambar, et ça repart...

Il manque à peine 3 kilomètres, et nous voici à Locronan. Hors saison, peu de visiteurs et aucun étalage commercial, et c'est presque mieux que dans mes souvenirs. Par contre, c'est sacrément plus petit aussi ! Une fois la place principale passée, que reste-t-il ? Nous bouclons jusqu'à une petite chapelle plus au nord, et voilà, c'est plié.

Jeux de lumière dans l'église de Locronan

Le retour se fait presque tout en descente - tout schuss ! Et là, pour une fois, c'est Étienne qui est à la traîne, désavantagé par le VTT. Il faut remettre un peu d'énergie une fois revenus sur la cyclo, et beaucoup plus pour grimper une dernière fois jusqu'au camping. Cette fois-ci, direction la pizzéria. Les 30 minutes annoncées se transforment assez facilement en 50 minutes, qu'il faut patienter dans le froid de la soirée - vu que si le vent est toujours là, le soleil lui a foutu le camp.

Enfin, les pizzas arrivent, il ne reste qu'à remonter la rue de la montagne (ça ne s'invente pas...) pour revenir au camping - même si franchement, on n'a pas vraiment faim.

Les stats

> Étape : Goulit Ar Guer - Douarnenez / boucle : Locronan 
> À vélo : 26 km en 2h11 avec le barda (soit 12 km/h) 
  et 36,5 km en 2h41 sans le barda (soit 13,6 km/h)
> Camping du Croas Men 
> On aime : petit mais coquet, en plein centre ville 
> On regrette : un four pour réchauffer la pizza ? ;-)
dimanche 23 mai 2021, 21:17

QTBSO - Plan B par Pentrez

Ce matin le calme est revenu au camping, qui s'éveille tranquillement. L'unique dormeur en tente nous interroge sur notre équipement de randonneurs à vélo. Deux retraités armés d'un facturier viennent régulariser notre situation - et écouter nos récriminations. Ils sont confus et déçus mais malheureusement pas surpris : ce n'est pas la première fois que ce gîte est réservé par des groupes pour faire des fêtes (illégales) trop bruyantes et peu respectueuses du voisinage.

La mer est à nouveau basse - cette nuit, elle est montée tout près de nous, juste de l'autre côté de la haie. Une chance, le temps est pour l'instant à l'éclaircie, et nous profitons d'un moment de soleil pendant le petit déjeuner. Cependant les applis météo sont formelles : aujourd'hui, le vent devrait souffler à plus de 50 km/h, avec rafales jusqu'à 80 km/h et pluie. Ce n'est pas vraiment une journée à faire le tour de la presqu'île de Crozon... Hier nous avons donc arbitré un changement de programme. Plan B : mini-étape vers Douarnenez, en s'arrêtant du côté de Pentrez - essentiellement parce que c'est là que j'ai trouvé un camping qui veut bien nous louer un mobil home pour une seule nuit.

La montée pour ressortir de Landévennec est sacrément violente, surtout avec notre barda. Des VTTistes et cyclo-routes du dimanche (nous sommes dimanche...) nous doublent en danseuse... L'occasion de rappeler qu'il n'est pas recommandé de se mettre en danseuse avec un vélo chargé à l'arrière : ça manque de stabilité.

Un petit tronçon d'une dizaine de kilomètres nous amène jusqu'à Argol, où nous hésitons devant la boulangerie. Pas beaucoup de choix dans ses rayonnages - maman dirait que c'est l'Union Soviétique ici ! -, mais trouvera-t-on mieux plus loin ?... Nous parions sur la chance : nous irons voir plus loin.

À partir d'Argol, nous suivons la (future ?) V45 - qui n'est matérialisée par rien, aucun panneau, aucun coup de peinture au sol, rien. Mais comme elle se compose essentiellement de petites routes sans trafic, elle est agréable - surtout à la sortie du tronçon sur la départementale D887 et qu'on plonge dans une énorme descente à travers champs avec vue sur l'océan ! Tout cela nous amène en 8 km à Saint Nic où... banco, une boulangerie avec des tables en terrasse ! Nous y prenons une pause café-crumble, et achetons du pain.

Les 6 derniers kilomètres continuent plein sud, et nous avançons de plus en plus difficilement contre le vent - parfois, les rafales nous freinent tellement qu'il faut pédaler même en descente... Il est 13h quand nous arrivons au camping de Goulit Ar Guer. L'accueil est vide, et vu l'heure j'hésite à appeler le n° de téléphone portable indiqué : les gérants sont certainement en train de manger. Mais pas besoin d'attendre ou de réclamer : une dame arrive déjà, elle nous a vu débarquer. Le temps de s'enregistrer et d'acheter deux bouteilles de cidre, d'obtenir quelques informations sur les restos alentours, et nous voici à poser les vélos contre un mobil home et le barda dedans.

Nous descendons directement vers la mer : effectivement, on tombe très rapidement sur la paillotte puis sur le restaurant, tous les deux ouverts, qui nous ont été indiqués. Si tôt en saison, et vu le peu de monde, je n'y croyais pas ! Nous choisissons la première option : galette, burger ou omelette, il y en a pour tous les goûts. La terrasse de la paillotte est relativement abritée du vent, qui souffle toujours aussi fort - ou peut-être déjà un peu plus ?

Le déjeuner englouti, nous décidons d'aller marcher un peu le long du GR côtier. En réponse à ma question « vers quel côté partir si on veut se balader, nord ou sud ? » le garçon de la paillotte est formel : vers le sud, il y a des criques, c'est plus joli. Nous voici donc partis vers l'océan : la plage, les vagues, l'écume, ... et la volée de marches pour entrer sur le sentier qui attaque directement par une falaise. Le vent souffle vraiment très fort en bord de mer ! Le temps est maintenant très gris, et on n'a pas fait 500 m qu'il se met à pleuvoir - pas encore une grosse pluie, mais bien cinglante. Nous ne persistons pas longtemps, inutile de choper la crève... demi-tour.

La côte sous la pluie

La lande de la côte

Toute l'après-midi, nous regardons la pluie tomber, ou plutôt cingler les fenêtres du mobil home, et les branchages autour ployer sous le vent. La baie est couverte de vagues moutonneuses... Emitouflés dans des couvertures, nous n'avons aucun regret d'avoir choisi le plan B - si ce n'est qu'un jeu de cartes n'aurait pas été inutile pour passer le temps, qui s'écoule très lentement. Notre occupation principale : tenter d'extraire la carte SIM du téléphone d'Étienne, bloquée suite à trois codes erronés... Sans la SIM, il pourrait peut-être avoir au moins accès au tracé GPX ? On ne saura pas. Seconde occupation, qui ne nous a pas tenus longtemps en haleine, mais qui a alimenté nos discussions (à ce niveau d'ennui tout est bon à prendre) : nous avons pris nos douches et constaté que la température de l'eau était... sinusoïdale. C'est le terme exact et parfaitement approprié. Nous avons aussi un peu cuisiné : polenta condita avec tomates séchées et comté au dîner.

Ce n'est que vers 21h que la tempête se calme... juste à temps pour voir le soleil se coucher plein ouest sur la baie. En attendant, nous avons eu largement le temps de nous décider pour le planning du lendemain : un direct jusqu'à Douarnenez, suivi d'une virée sans le barda à Locronan. L'idée est de compenser notre ennui d'aujourd'hui par une petite visite touristique le lendemain.

Les stats

> Étape : Landevennec - Goulit Ar Guer 
> À vélo : 24 km en 1h51 (soit 13 km/h) 
> Camping Goulit ar Guer 
> On aime : la mobil home loué à la nuité qui nous a sauvé de la tempête !
> On regrette : RAS
samedi 22 mai 2021, 21:17

QTBSO - Landevennec en mode véner

Toute la nuit, la pluie résonne sur la toile de tente de la lodge - la pluie, ou peut-être simplement les gouttes par le vent dans les arbres. Dehors, tout est mouillé, mais nous sommes matinaux et motivés : aujourd'hui c'est une grosse journée. Nous battons tous les records et sommes prêts à partir dès 8h30.

La route nous ramène à Huelgoat, nous fait longer le lac, puis vire plein sud au Petit Moulin - et surtout en plein dans la côte. La journée s'annonce longue et avec un important dénivellé : mon moral chute, et il ne faut pas beaucoup d'autres côtes pour que je passe le VTT et sa chariotte à Antoine.

Suite à une petite erreur d'itinéraire - on manque un virage à gauche - nous changeons de plan, et tant pis pour le Chaos de Mardoul prévu sur l'itinéraire : des chaos, nous en avons vu assez hier ! Nous suivons plutôt le chemin qu'on a pris sans trop le vouloir : il nous faut environ 15 km pour atteindre le lac de Brennilis.

Le temps était gris, maintenant il pleut : la pause se prend debout en Kway, face à un lac gris et dont la surface ondule légèrement sous le vent. Pour en repartir, nous passons au plus près de la vieille centrale nucléaire - arrêtée depuis 1985 et toujours en cours de démantèlement... suite à de nombreuses controverses sur l'art et la manière de procéder, il est prévu que cela prenne encore vingt ans (et probablement plus).

L'itinéraire est maintenant sur route : 12 km de petites routes vides avec très peu de voitures, mais pas mal de côtes. Nous arrivons au village de Brasparts à l'heure de déjeuner : une boulangerie pourvoit à tous nos besoin, et une aire de pique nique près du centre ville nous permet de nous installer confortablement. Le soleil est revenu !

Nous quittons Brasparts par une départementale qui va droit vers Le Faou (à 21 km de là). Inutile de vous parler du du dénivelé ? La météo joue au yoyo, mais quand le soleil brille nous avons rapidement trop chaud, et quand il se cache, il fait frisquet... Nous prenons une première pause au bout de 11 km, car des ruines attirent notre regard : c'est l'église Saint-Pierre de Quimerch.

Les ruines de l'église de

Un ciel plein de promesses... tenues

Le ciel est menaçant, mais nous sommes encore sous le soleil pendant les 10 km qui nous amènenet au Faou - une charmante petite ville nichée au fond de la rade de Brest. Nous y achetons un peu de fromage et de crème fraîche pour la tambouille du soir, et reprenons la route... Les 10 km suivants, indiqués sur les cartes cyclos comme la prochaine voie vélo V45, sont particulièrement déplaisants : certes, elle est parfois en bord de mer, mais elle est surtout très fréquentée : mille énorme camping cars nous doublent sur cette route étroite non protégée pour les vélos. Juste avant le pont, nous nous accordons une pause carambar pieds à terre tout en gardant les vélos entre les jambes - il n'y a nulle part où les poser, et nulle part où nous pauser nous-mêmes. Nous commençons à être salement entâmés, et c'est le moment que choisissent les nuages gris pour creuver : nous avons juste le temps d'endosser les kway, et c'est la grosse averse avec une pluie glaçante.

Qu'à cela ne tienne : le pont est en vue, nous sommes repartis ! Heureusement, une piste cyclable est prévue sur le pont pour nous séparer correctement des voitures - mais la traversée sous le vent glacial et la pluie battante reste une épreuve. Surtout que comme de bien entendu, c'est à la sortie du pont que nous attend le pire : une côte annoncée à 7%... de l'autre côté. Les gars tiennent bon, mais je finis par mettre pied à terre et pousser le vélo sous la pluie... qui s'arrête dès que nous arrivons tous en haut de la côte.

Nous décidons alors de couper au plus court pour quitter cette départementale extrêmement passante, et rejoindre celle qui mène à Landévennec : par Ty ar C'hoat, qui nous offre une belle descente sur chemin goudronné... puis une énorme remontée par un chemin agricole impossible à pédaler ! Nous nous retrouvons tous les trois à pousser. Pari gagné cependant : nous voici sur les petites routes bordées de champs et de petites maisons qui mènent à Landévennec. Un peu avant le bourg, nous nous arrêtons face au cimetière de bateaux.

Cimetière de bateaux

Il ne reste plus que 2 km et nous voici au bourg, et juste à côté, son camping : un simple terrain d'herbe entretenu mais sans haies, comme si aucun emplacement n'était défini. Il est sans doute presque 19h, mais nous sommes samedi soir : comme prévu, pas d'accueil ce soir dans ce mini-camping - ni à la mairie, ni à l'épicerie. Une seule tente est plantée du côté est, mais une petite dizaines de campers sont installés - certains ont même monté des abris pour se constituer une terrasse couverte. Nous nous installons au plus près des haies côté ouest pour nous protéger du vent qui souffle encore, et allons prendre nos douches. Le bloc sanitaire est vétuste mais le service rendu reste correct : un simple alignement d'une dizaine de cabines en bétons, la moitié en douches, l'autre en toilettes (généralement à la turque, les meilleures pour les connaisseurs !), et quelques lavabos perdu entre les deux. La température de l'eau est correcte - en tout cas, jusqu'à nous, mais les cris des suivants nous ont fait pensé que le chauffe-eau s'était peut-être mis en grève après nous... Nous cuisinons ce soir avec notre barda : en prévision du temps humide (c'est peu dire), nous n'avons pas amené le rocket stove maison, mais des recharges de gel qu'on utilise normalement avec les caquelons à fondue. Cela s'avère un peu délicat à manipuler, mais une fois qu'on a pris le pli c'est relativement efficace - si ce n'est qu'il faut être patient pour réchauffer quoique ce soit. Ce soir, au menu : saucisson en apéro, aligot (en flocons) agrémenté d'un pot entier de crème fraîche (peut-être un peu plus que demandé sur la recette...), ossau iraty et gâteau en dessert.

Les journées sont déjà longues - tellement longues en fait, qu'à l'heure du « couvre-feu » (21h), il fait encore assez jour pour avoir envie de se promener. En quittant le camping on remarque un groupe de djeuns dans ce qui nous semble être le gîte municipal - annoncé complet. On se dit qu'effectivement, nous n'avions pas envie d'en être !

Nous marchons un peu le long de la rade, puis prenons un sentier vers une abbaye, mais à cette heure-ci, tout est fermé, nous n'allons pas bien loin et revenons au camping. La nuit tombe, nous nous couchons comme les poules. Dehors, les djeunz semblent plutôt calmes. Pour l'instant. Ciel serein du soir

En fait ils ne sont pas si calmes : ils font du karaoké ou quoi ? De temps en temps, ça beugle. Pas fins, et sans doute pas mal alcoolisés, les djeunz. Plus tard, ils sortent du gîte, et se baladent en parlant fort vers le camping - personne leur a dit que le couvre-feu consistait à ne pas sortir ?... Et que les regroupements de plus de 6 personnes sont interdits ? Ils se rapprochent des tentes, on entend distinctement leurs conversations, ils ne sont ni malins ni discrets. À leur troisième tournée vers le camping, Antoine dit “je vais m'en péter un” et sort de la tente... je suis le mouvement. Une fois dehors, on leur dit “c'est pas bientôt fini oui ?... y'a des gens qui dorment ici !...” et leur petite bande décampe comme une volée de moineaux.

Antoine en profite pour aller aux toilettes. Ils reviennent. “Qui a dit ça, qu'il allait en péter un ?!...

  • C'est moi.” L'aplomb ça fait tout, à un contre six ou sept. Ces djeunz sont juste des petits cons, mais relous. Ils insistent un peu, on monte le ton, ils se barent. La fête et le bruit continuent, mais en provenance du gîte.

C'est à peine si on a le temps de se rendormir, qu'ils reviennent près des tentes. Ils sont deux, visiblement éméchés - à moins qu'ils ne soient naturellement cons. On ressort de la tente, un brin énervés... les autres sont relous, ils font mine de vouloir parler - genre on n'a que ça à foutre à parler à des couillons en plein milieu de la nuit ? Antoine lâche l'affaire et upgrade : il part directement vers le gîte chercher le responsable. Les deux couillons me restent sur les bras et font leurs relous, s'approchent de la tente, commentent tout, ça les fait marrer, l'un d'eux sort son portable et active la lampe torche pour éclairer l'autre et évaluer la tente - “c'est une 2s de chez Décat, c'est ça ?” Bande d'ignares... Je m'empresse de fermer la tente, histoire qu'ils aillent pas chercher des trucs dedans ou je ne sais quoi, et je répète plusieurs fois au couillon qui me met la lumière dans la gueule d'éteindre ça - il filme ou quoi ?!

Je deviens sacrément énervée et je monte encore le ton, le petit con qui joue au débile et qui fait le show devant son pote au téléphone me dit “hey mais t'as mangé quoi, tu pues de la bouche !” et à ce moment là, je pourrais être tentée de le décapiter avec les dents. Je les repousse et les éloigne de la tente, cette fois-ci manu militari. L'autre me colle la lumière de son téléphone dans les yeux, c'est la fois de trop : d'une main je lui fais lâcher son téléphone qui tombe dans l'herbe, de l'autre je lui décoche une bafe derrière la tête - pauvre chou, fallait pas m'énerver, c'est parti tout seul... réflexe.

Pour un peu il chouinerait, mais la première chose qui l'intéresse, c'est son portable qui fonctionne toujours - ouf, il est rassuré ! L'autre croit pouvoir me menacer, je crois qu'il n'a pas bien compris. Je leur répète de dégager à nouveau, ils partent toujours pas, ils ont décidé de s'enraciner juste à côté de notre tente, et là je commence à m'impatienter. En fait, non, trop tard : j'ai perdu patience. Antoine revient avec d'autres djeunz - ça discute, ça n'avance pas. Je vais à la tente, récupère mon téléphone portable, je m'éloigne de quelques pas, et je pianote le 17. De son côté, Étienne sort de sa tente - ça commence à faire du rafut, c'est étonnant que personne au camping ne soit réveillé... les gens n'ont pas de couilles.

À l'autre bout de la ligne, ça répond plutôt vite : “Police nationale, je vous écoute !?” et j'embraie aussitôt, peut-être un peu vite - le flic au bout du fil me demande de parler moins vite. J'explique aussi clairement que possible, et il me répond que ce soir, des petits cons qui font la fête il y en a plein, et qu'ils ne pourront pas se déplacer tout de suite, mais qu'au pire ils inculperont le responsable qui a loué le gîte. Il m'encourage à trouver le responsable et à lui passer, alors je lui passe une certaine Géraldine, une des seules filles (la seule fille ?) du groupe, c'est-à-dire la seule qui ait encore sa tête sur les épaules.

Dans le groupe, ils sont complètement paniqués, ils voulaient que je raccroche, qu'on s'arrange, ... oui, je veux bien qu'on s'arrange : qu'ils se barrent de notre emplacement et ça s'arrête là ! Géraldine me repasse le téléphone, le flic me fait un récap et me réassure qu'ils séviront en fin de nuit si ça ne s'arrange pas, alors que de son côté Géraldine calme ses couillons de copains... ils repartent tous, mais pas sans que le petit con se plaigne que je l'aie frappé et que je lui ai fait mal ! Mais bien sûr. Je m'excuse et lui dit de déguerpir...

Il ne reste plus que quelques heures pour récupérer de cette longue journée.

Les stats

> Étape : Huelgoat - Landevennec 
> À vélo : 73 km dénivelé positif estimé 666 m en 5h36 (soit 13 km/h) 
> Camping municipal du Pâl 
> On aime : l'accueil inconditionnel sans personne le samedi soir, et le lendemain matin les anciens avec leur petit carnet pour faire la facture 
> On regrette : la wouaille des petits cons qui font la teuf à côté...