QTBSO - La forêt de Huelgoat
Ce matin nous sommes au taquet, mais quand même moins qu'Étienne, qui lui est sans doute tombé du lit pour aller prendre son tégève. Nous, on démarre Partner un peut avant 9h, tranquilles nous n'avons qu'une heure trente tout au plus de route pour Guingamp. Nous arrivons même avant l'heure, et avons largement le temps de constater que le vent souffle fort et frais... la rando s'annonce météorologiquement tendue !
10h35 le train entre en gare, à l'heure, il faut savoir le reconnaître quand ça arrive ! Étienne fait partie des voyageurs, tout va bien, hop, en voiture Simone, il nous reste une petite heure de route sur une départementale : à l'entrée de Carhaix, le parking du Leclerc nous tend les bras, et voilà Partner garée pour une semaine.
Nous déchargeons les vélos, nous fixons sacoches et chariotte, et chacun sur son vélo, voilà, il est presque midi et nous sommes partis ! Le parking n'a pas été choisi par hasard : la vélodyssée passe juste devant, et nous allons la suivre sur 16 km. Les premiers kilomètres nous obligent à quelques menus réglages. Pour les bouteilles d'eau qui ne veulent pas tenir en place, c'est vite vu : elles se font sévèrement arrimer à coup de lanières. Par contre, pour les sacoches qui glissent vers l'avant et tapent dans les talons des gars à la moindre descente (et au début, ça descent fort) nous laissent un peu plus dans l'embarras.
Il faut pas attendre longtemps pour se prendre une première averse, heureusement vite passée - juste le temps de mouiller les kway, puis de les ranger. Un peu optimiste, j'ai pris le VTT et la chariotte - testée et validée lors de quelques sorties par chez nous mais... avec moins de kilos qu'aujourd'hui ! J'ai l'impression de tirer un âne mort, quand les gars avancent tranquillement devant sur la cyclable. J'ai dans l'idée que je vais pas la tenir longtemps...
Depuis quelques kilomètres déjà, la piste traverse des parcelles avec des arbres (je n'ose pas encore parler de forêt). Après avoir passé l'ancienne gare, nous quittons l'eurovélo pour la route : seulement 4 kilomètres nous séparent du camping, où nous arrivons vers 13h45. L'accueil est vide, mais ça ne dure pas longtemps. Après l'averse, nous sommes prudents, et réservons pour ce soir une « tente lodge » : deux « chambres », et un espace cuisine (frigo, gazinière, vaisselle) avec une table abritée par la toile.
J'aurais apprécié manger sur la terrasse du bar pour profiter de l'éclaircie, mais malgré un camping absolument désert, la gérante est formelle : la terrasse est réservée aux les clients qui consomment au bar. Je n'en attendais pas tellement plus dans un camping qui « vend » la recharge électrique des téléphones portables 50 cts...
Après un déjeuner façon pique-nique dans notre tente, nous laissons les vélos et partons visiter la forêt de Huelgoat à pied. Un sentier quitte le camping à 10 mètres de la tente : il longe par le sud la départementale qui mène au village. Le paysage au début n'a rien de fantastique, et la forêt n'est qu'une pâle image de ce qu'on peut attendre d'un lieu si réputé. Heureusement, il ne faut que le temps d'arriver à la mare aux fées (15 minutes) pour que ce soit déjà tout de suite mieux.
Moins de 100 m plus loin, voici le gouffre... le soleil tente à nouveau une éclaircie, mais la lumière est plus généralement grise et l'ambiance un peu triste. Nous choisissons de poursuivre le sentier en repiquant vers le sud-ouest, puis plein ouest : nous suivons maintenant un canal, qui nous amène jusqu'à l'entrée du village. Un court tronçon de route goudronnée, et le canal traverse la route : nous le suivons. C'est ainsi que nous évitons tout le centre du bourg, et débouchons au bout du lac, du côté du Moulin du Chaos. L'endroit est moins sauvage, mais c'est ici que commence l'attraction touristique de Huelgoat : d'énormes rochers déposés de manière chaotique...

Le masque à portée de nez - car il est toujours obligatoire en extérieur, et parce que c'est poli de porter un masque quand les touristes qui nous croisent font l'effort de porter le leur - nous descendons dans la grotte du diable (plutôt décevante), puis défions la roche tremblante : 157 tonnes qu'il est possible de faire osciller, pourvu qu'on se tienne au bon endroit. Après avoir observé un local de l'étape, rien de plus facile : le dos bien collé à la paroi, il suffit d'amorcer le mouvement puis de l'accompagner en rythme.
Un petit détour nous amène au Champignon - un rocher au nom explicite, mais aujourd'hui bien trop près de la civilisation -, puis en revenant sur nos pas nous passons par le Ménage de la Vierge (où nous sommes sensés reconnaître des ustentiles de cuisine de taille gigantesque parmi les rochers). C'est par le Chemin des Amoureux que nous trouvons bien plus loin la Grotte d'Artus suivie de près par la Mare aux sangliers - où un groupe de vieux bobos semble en pleine méditation. J'imagine que certains trouvent que l'énergie circule mieux ici... Nous redescendons vers le parking de l'Arquellen, et repartons vers le village via l'Allée Violette qui longe la Rivière d'Argent : le pont rouge la traverse.

Quand nous arrivons à Huelgoat, il est quasiment 17h : l'heure de s'intéresser à ce que nous allons manger ce soir. Un restaurant près du lac est affiché ouvert - mais uniquement en terrasse, or il fait venteux, froid et moche. Direction place Aristide Briand. Nous aurions aimé un fish and chips au pub, mais il semble fermé depuis un bout de temps et sans doute pour longtemps encore... De l'autre côté, une terrasse abritée du vent nous fait de l'oeil : une bière ? Mais non : elle est blindée de gens qui comme nous veulent profiter de la réouverture récente des bars.
Nous nous rabattons sur le Carrefour city : puisque nous avons exceptionnellement une gazinère à notre disposition ce soir, c'est le moment faire un peu de cuisine. Du filet de dinde, de la crème fraîche, des bières locales, ... Bien chargés, nous voilà repartis vers le camping : une bonne heure de marche le long du canal, avant de repiquer à proximité de la mine (que nous ne verrons pas...) droit dans la pente.
Nous sommes à peine rentrés que la pluie commence à tomber - nous avons vraiment respecté le timing ! Une douche, et c'est l'heure de l'apéro. Au menu ce soir : un curry de dinde. La pluie accélère, le froid devient sacrément mordant, et nous ne sommes pas mécontents d'avoir choisi cette solution pour ce soir : à défaut d'être au chaud, nous avons de l'espace au sec. Nous ne faisons quand même pas de vieux os, et allons nous coucher avant 23h.
Les stats
> Étape : Qvn -> Guingamp -> Carhaix - Huelgoat
> À vélo : 20 km en 1h28 (soit 13,6 km/h)
> À pied : +/- 10 km
> Camping La Rivière d'Argent
> On aime : l'emplacement, la tente lodge, le bloc sanitaire correct
> On regrette : -















