Journal de Bottes

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature (la suite).

vendredi 4 juin 2021, 21:17

Vélodyssée

Dès notre retour du « quart Tro Breizh », l'idée s'impose : il faut repartir ! Juin, c'est le bon moment - personne encore dans les campings, et le potager peut bien attendre encore quelques jours (semaines ?) sans nous : toutes les plantes se portent bien et seules les fraises devraient donner en notre absence (tant pis !...). Mais où aller avec un temps minimal de préparation pour ce voyage surprise ? Ça nous semble évident : sur l'EuroVélo la plus pratiquée et documentée : la n°1, la vélodyssée.

En une semaine, il s'agit d'éditer les traces GPX (merci brouter.de) et de charger les cartes offline des départements traversés (merci l'appli OSMand). Nous nous sommes fixés comme objectif d'aller voir un ami d'enfance et le frangin d'Antoine en région bordelaise : il y a donc un timing à respecter sur la première partie du tracé. Les étapes sont calibrées entre 65 et 75 km, avec même quelques journées à 80 car c'est bien plus plat qu'en Bretagne, et bien sûr il faut faire en sorte qu'on tombe sur une ville-étape et/ou un camping sympathique (et ouvert, et acceptant les tentes). Quelques coups de téléphones sont nécessaires (et s'avèreront insuffisants - voir les billets suivants...).

Les vélos font l'objet de quelques réglages et améliorations : pour le vélo rouge ce sera une nouvelle roue arrière (qui s'avère voilée d'origine...) et un porte-charge avant. Pour le vélo noir, les garde-boues déformés qui ont tendance à frotter sur les roues partent à la benne (et ne sont pas remplacés), et le vieux sac à dos customisé est fixé pour de bon à l'avant avec une fixation métal de plomberie. Pour augmenter le volume de chargement, je réalise un proto de bagage de cadre d'environ 45 cm de long sur 8 x 8 cm, dans un tissu plus ou moins déperlant et assurément vert (c'est-à-dire assorti aux sacoches).

Ce qui nous préoccupe le plus : comment descendre dans le sud ouest avec les vélos ? Rapidement, nous achetons deux billets pour un trajet improbable : TER Combourg - Rennes, TGV Rennes - Paris, suivi d'un (TGV) oui go Paris-Hendaye. L'avantage est que le changement à Paris se fait presque dans la même gare : Montparnasse « officiel » et Montparnasse « du pauvre ». Mais les désavantages sont nombreux : il faut démonter les vélos (les deux roues et les porte-bagages), fourrer le tout dans une housse (un gros sac poubelle et du gros scotch devrait faire l'affaire) et porter tout ça (au bas mot 15 kg) avec à l'autre bras nos bagages (12 kg en sacoches vélo). Sans oublier : un masque sur le nez pendant les 8 heures de trajet.

Après réflexions et tergiversations, nous annulons (grâce aux conditions de vente spécial COVID, il n'y a pas que du mauvais dans cette crise), et louons un fourgon de 6 m3 chez Rent and Drop. Ils n'ont plus rien de dispo à Rennes, qu'à cela ne tienne, nous réservons le départ à Nantes-Chantenay et larguerons l'engin à Bayonne. C'est deux fois plus cher que le train en comptant les péages et le diesel (et je ne vous parle pas du CO2 que nous allons honteusement balancer dans l'atmosphère), mais c'est 1000 fois plus pratique, et nous serons moins contraints sur les horaires : il s'agit seulement arriver à l'heure samedi midi avec un trajet de 2 heures à partir de chez nous. Facile.

Vendredi soir, sacoches et vélos déjà chargés dans Partner, nous sommes parés !