Journal de Bottes

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature (la suite).

jeudi 27 mai 2021, 21:17

QTBSO - Soleil vers l'île Tudy

Ce matin, quelque chose a changé... le temps ! Il fait (enfin) grand soleil. Cela fait un bien fou ! La tente qui n'a pas eu le temps de sécher de toute la nuit est montée à côté de la roulotte et sèche pendant le petit déjeuner. Il est un peu moins de 10 heures quand nous sommes prêts à partir !

Direction la plage de La Torche - d'où le camping tire son nom, à environ 2,5 km. C'est une première étape un peu courte, mais le site est réputé pour le surf, alors on jette un oeil - et effectivement, le spot est déjà assailli. Nous nous offrons une petite balade à pied, mais il est possible que nous ayons manqué malgré tout le dolmen indiqué sur les cartes. Il faut dire que notre attention est plus facilement retenue par d'autres cyclotouristes équipés comme des pros.

La Torche

À 4 km de là, nous croisons le musée de la préhistoire finistérienne... un nom un peu pompeux qui malheureusement n'indique qu'une bâtisse fermée... depuis quand ? mais heureusement, dehors plusieurs alignements ont été reconstitués - dont une allée couverte. Enfin, c'est ce qu'on se dit, car aucun panneau n'informe de quoi que ce soit.

À peine plus loin, nous arrivons vraiment dans le bourg et direct, nous perdons la trace de la véloroute : cela nous amène à faire une petite boucle imprévue du côté du « rocher des victimes ». Ce qui nous remet une vue sur océan, mais pas dans le bon sens ! On repique plein sud, et retrouvons la piste qui longe littéralement le littoral... La marée est basse, mais c'est beau quand même. Un petit arrêt à la chapelle Notre-Dame-de-la-Joie nous la fait trouver un peu vide par rapport à Saint-Tugen.

Encore 3 km, et nous atteignons le phare d'Eckmühl - du nom d'un maréchal napoléonien nommé Prince d'Eckmühl suite à une bataille (en bavière)... car c'est la donation de sa fille qui permet de l'ériger. Il semble que de nombreux phares soient ainsi financés : le mécénat à l'aide de État... ou plutôt des citoyens, puisque l'État semble assez peu impliqué dans la construction finalement !

Phare d'Eckmühl

Nous faisons un petit arrêt, mais ne montons pas les 300 marches - nous n'aurions peut-être pas assez d'énergie pour tout faire aujourd'hui si nous commencions par cela ! Antoine en profite plutôt pour essayer de régler mon vélo : le garde-boue arrière frotte sur le pneu, je vais péter un câble (au sens figuré) et peut-être une pièce (au sens littéral) si ce bruit persiste...

Nous ajoutons 2 km et nous voici au port de Bouc. Les bâteaux échoués sur le sable, le soleil dans les yeux, un banc accueillant... c'est décidément un bon endroit pour manger les sandwichs achetés la veille - et aujourd'hui, il fait largement assez chaud pour profiter d'une pause en extérieur !

Port Bouc

Après la pause déjeuner, nous enchaînons par 8 km sur une piste qui rentre dans les terres. Nous commençons à presque souffrir de la chaleur, et nous n'hésitons pas à mettre et remettre encore de la crème solaire par crainte des coups de soleil... nos peaux n'ayant pas encore vu autant d'UV depuis le début du trajet ! Nous traversons bientôt le Guilvinec et ses ports.

Le Guilvinec

En moins de 2 km nous sortons de la petite ville par des quartiers de résidences secondaires, et découvrons la Plage de Léhan. Le tracé suit le littoral derrière la plage immense sur plusieurs kilomètres, derrière la dune... nous faisons quelques arrêts pour profiter des étendues de sable, de soleil, et personne, personne... l'avant saison a ce charme particulier de donner l'impression d'être seuls au monde à profiter de l'espace.

Plage

Les 13 km qui nous séparent de Loctudy sont de nature balnéaire : alternance d'accès aux plages, à des points de vue sur l'océan, maisons de vacances et petits jardins plantés de palmiers... Nous faisons une halte face au port de Loctudy : pause bière au bar. À moins de 100 m à vol d'oiseau, de l'autre côté du petit bras de mer, une l'île... notre destination. À bien y repenser, nous aurions du prendre le bac ! Nous serions arrivés directement et aurions profité véritablement d'une journée balnéaire.

Mais au lieu de ça, nous reprenons la route et parcourons les 7 km qui manquent pour rejoindre Pont l'Abbé... sur une piste qui longe une départementale inintéressante et particulièrement encombrée de voitures. Tout ça pour voir quoi ? Le pont de Pont l'Abbé, que les gars auraient passé sans même y faire attention tellement nous étions pris dans la circulation...

Pont l'Abbé

Toute traversée de rivière appelle une montée, et les 5 km qui suivent sont effectivement une belle côte... suivis de 5 km qui redescendent vers l'océan ! Nous voici donc bien à l'heure pour le camping municipal, car nous avions été duement avertis : l'eau chaude dans la douche ne s'obtient qu'avec des jetons, et l'accueil ferme à 18h. Nous avons donc le précieux sésame - un pour trois, on sait déjà que je serais la dernière à passer pour ne pas épuiser l'eau avant les copains...

Le camping a ceci de mangifique que ses emplacements tout en terre sableuse donnent directement accès à la plage et sa balade. Juste une haie à traverser, et vous voilà face à l'océan, et quelques bancs vous accueillent... Il a fait tellement chaud aujourd'hui, qu'on avait parié sur une baignade en eau glacée, mais Étienne s'y colle sans m'attendre - d'ailleurs, il a beau dire en sortant qu'elle n'est pas si froide, je ne le crois pas une seule seconde... il est du Nord, quand même ! Je passe et préfère tâter directement l'eau des douches. Mais les promesses d'eau chaude du jeton sont décevantes, il n'offre finalement que du tiède... dans ces conditions, inutile de s'éterniser.

Nous refaisons quelques stocks de produits frais à l'épicerie située à moins de 200 m du camping. Après un petit apéro face à la mer, nous voici à faire un peu de cuisine près de la table de ping pong en béton du camping - au moins, elle abrite le réchaud du vent, et en l'absence de table de pique nique c'est un bon plan pour poser ses fesses ! Une fois le repas prêt, nous préférons malgré tout dîner sur un banc à la plage. Il commence à se faire tard, mais une balade le long de la plage est si tentante... de fil en aiguille, nous nous retrouvons à nous balader bien après 21 h... une promenade sans personne et pourtant avec un petit air de hors la loi !

Les stats

> Étape : Penmarc'h - Ile Tudy 
> À vélo : 57 km en 3h35 (soit 16 km/h)
> Camping municipal de l'île Tudy 
> On aime : l'emplacement direct sur l'océan  
> On regrette : l'eau tiède