Journal de Bottes

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature (la suite).

mardi 25 mai 2021, 21:17

QTBSO - La pointe du RAZ

Étienne tombe du lit ce matin, et se propose de commencer la journée par des courses au Leclerc de la zone toute proche. Il est tellement tôt qu'on patiente un peu devant le magasin avant son ouverture, avec les habituels quelques petits vieux accrochés à leur caddie et prêts à démarrer au quart de tour lors du lever de rideau.

Après le petit déjeuner, barda chargé, nous voici repartis vers la pointe : nous quittons Douarnenez le long de la côte, sans la voir. C'est le futur tracé de la V45, toujours aussi immatériel. Un papy nous double sans forcer, monsieur est en électrique - plus ça va plus je me demande si ces gens font vraiment du vélo.

Il est 10h, et après avoir parcouru à peine 5 km nous faisons un petit détour pour voir l'océan : notre premier arrêt est à pointe de la jument (près du lieu-dit Kerandraon, à Poullan-sur-Mer). Sous le soleil l'océan est bien bleu, mais sa chaleur compense à peine la fraîcheur du vent qui souffle encore fort aujourd'hui.

Le bleu

La pointe de la Jument

Les arbres poussés sous le vent

Encore 5 km, et la chapelle Saint Conogan (près de Lescogan) attire notre attention : nous posons les vélos, mais la chapelle ne se visite pas. La présence de quelques radonneurs - à pied - nous donnent l'envie de refaire un détour vers l'océan par le chemin le plus proche. C'est ainsi que nous découvrons le site du phare du Millier, et que d'autres promeneurs nous indiquent le Moulin de Keriolet tout proche.

Décidément, nous ne faisons que des sauts de puce : à nouveau 5 km, et nous voici à Beuzec-Cap-Sizun. Il est tout juste midi, et sa petite épicerie vient de fermer - heureusement que nous avons déjà de quoi grignotter. Nous nous considérons même chanceux : il est si difficile d'en trouver une au bon moment, qu'une table de pique nique ne se refuse pas... Installés sur cette unique table située face au pub Mac Laughlin's, il nous semble vu d'ici presque fermé malgré les quelques voitures garées devant. Après déjeuner, nous tentons d'y prendre un café, et nous comprenons notre erreur : tous les clients sont installés sur une terrasse orientée plein sud à l'autre bout de l'établissement... Tout le monde s'y réchauffe au soleil, certains y mangent même du fish and chips. La déception est immense...

À peine sortis du pub, le soleil se cache et le vent se fait un peu plus mordant. Nous rajoutons 8 km, et arrivons vers 13h30 à la pointe de Castel ar Roc'h : une réserve naturelle dédiée aux oiseaux de mer.

pointe de Castel ar Roc'h pointe de Castel ar Roc'h

Après une petite balade sur les sentiers de la réserve, nous reprenons la route sur une dizaine de kilomètres. Vers 15h nous atteignons la Pointe du Van. Les vélos abandonnés en bout de parking, nous partons nous promener contre le vent à travers la lande. Le ciel est gris, le vent de plus en plus violent, et la lande bien qu'encore bien implantée n'est pas aussi belle qu'à la réserve qu'on vient de visiter. Malgré tout, le site vaut le détour pour son ampleur, et ses vues magnifiques aussi bien vers la côte que vers la pointe du Raz.

Pointe du Van

De la pointe, il ne manque plus que deux kilomètres pour rejoindre la baie des trépassés. La route prend une sacrée descente, dont la pente est indiquée à 10%... L'hôtel qui se dresse seul au fond de la baie nous donne envie d'y rester des jours entiers, à n'y rien faire d'autre que de regarder la mer démontée. Quelques surfeurs essaient de prendre les vagues qui ne semblent naîtrent que de la violence du vent.

La baie des trépassés

Pour ressortir du creux de la baie, la même pente nous attend de l'autre côté, mais pour une fois le vent se fait utile : il nous pousse dans le dos et nous aide à remonter la côte... c'est suffisant pour les gars, mais pas pour moi, je finis par mettre pied à terre.

Encore un petit tronçon de 5 km, et vers 16h30 nous voici au parking de la pointe du Raz. L'entrée est payante, sauf pour les vélos : nous passons à côté de la barrière. Le parking est assez éloigné de la pointe elle-même. Nous snobons la navette, et marchons... La pointe se signale par la puissance grandissante du vent. Sa vue est familière.

La pointe du Raz

Il ne reste plus qu'à rejoindre le camping... Et voici les 5 derniers kilomètres qui font mal aux jambes, surtout quand on prend par erreur une très belle descente qu'il faudra remonter ensuite ! Le temps est toujours plus gris et frigorifiant, mais enfin, nous atteignons le camping de la ferme du bout du monde. Pour être au bout du monde, ça oui, par contre nous ne voyons pas bien où est la ferme... à part une petite serre qui convient au mieux à une famille, aucune trace d'une exploitation à proximité.

Le camping n'offre aucun espace pour les randonneurs itinérants, mais la gérante nous propose d'utiliser une table mini format placée sur la terrasse d'une caravane à moitié abandonnée... Nous nous installons juste à côté. Plutôt que de nous réchauffer, la douche est une expérience particulièrement refroidissante : l'eau est tiède, et surtout le bloc sanitaire est traversé de toutes parts par le vent. Brrr.

Bien couverts, nous nous attaquons à la cuisine : pour protéger la flamme du vent, nous nous plaçons sous les arbres... c'est l'heure de l'apéro au cidre pendant que cuisent difficilement les pâtes accompagnées de sauce curry et de lardons. Mais la nuit tombe déjà, et le crachin s'invite : c'est l'heure de se réfugier sous les tentes pour une longue nuit de sommeil sous pluie fine.

Les stats

> Étape : Douarnenez - Plofoff 
> À vélo : 49 km en 3h30 (soit 14 km/h) 
> Camping de la ferme du bout du monde 
> On aime : le squat d'une mini table de pique nique  
> On regrette : le bloc sanitaire ouvert à tous les vents et la douche frisquette