Vélodyssée - Balnéodyssée
Pas besoin d'être matinaux, puisque nous devons attendre l'ouverture de l'accueil ce matin, mais nous sommes prêts avant 9h. Nous voyons passer la propriétaire, et je lui mets le grapin dessus pour payer au plus vite. C'est cependant trop tard pour le bac : nous devrons quoiqu'il arrive prendre celui de 10h30, puisqu'il faut se présenter 30 minutes avant le départ. C'est tranquillement que nous rejoignons la gare maritime. Un autre couple à vélo attend déjà lui aussi le prochain départ sur l'aire de pique nique toute proche.
À 10h, une vingtaine de voitures fait la queue devant les barrières, et quasiment le même nombre de piétons, dont trois couples de vélos. Le ferry arrive de Royan, et il en descend bien dix fois plus de vélos que nous ! C'est bien la preuve que la vélodyssée a tendance à « se descendre » plutôt qu'à se remonter... Nous voici bientôt à bord, pour une courte traversée : en moins de 30 minutes, nous débarquons à Royan.


Un couple prend directement la tangente en s'éloignant du tracé, l'autre couple - je leur donne la cinquantaine -, Monsieur en T-shirt bleu et Madame toute en noir, part devant nous. Le tracé suit la promenade du front de mer, la ville semble à la fois vivante et balnéaire, les villas au charme presque aussi désuet qu'à Soulac sont pourtant plutôt charmantes, et sont toutes baptisées avec les noms les plus divers... Nous passons devant plusieurs plages qui appellent à la flânerie.
Les choses se compliquent du côté de la plage de Pontaillac, celle qui héberge le casino. Là, la piste cyclable fait n'importe quoi : elle traverse en zig zag un petit parc où des bancs jouxtent la piste d'un peu trop près (heureusement personne n'y est assis à cette heure), puis débouche sur le trottoir où nous sommes en « espace partagé » avec les piétons. La belle affaire, ils ne regardent pas, n'entendent rien, nous sommes obligés de rouler au pas, et les plus pressés gromellent car on est trop lents et encombrants ! Pour couper court à ces bêtises, rien de mieux que de rejoindre la route...
Dans une rue commerçantes, une boutique propose des havaïanas : l'occasion parfaite pour remplacer les tongs à 2 balles (c'est-à-dire qu'elles ont effectivement coûté 2 euros) d'Antoine qui sont déjà complètement explosées après 1 semaine d'utilisation - et encore, uniquement en soirée (elles sont donc effectivement à 2 balles, merci Go Sport pour ce bon produit-déchet, sitôt acheté, sitôt prêt-à-jeter). C'est 10 fois plus cher, mais certainement 100 fois plus résistant... En tout cas les miennes me suivent depuis 2007 ;-)
Toujours à Saint Palais, la commune voisine, nous prenons une petite pause avec vue sur mer - histoire de ne pas passer trop vite ces beaux panoramas. C'est alors que l'autre couple, qu'on croyait déjà devant, passe devant nous ! Nous reprenons la route : encore quelques passages en ville, puis la piste longe l'océan. Avant d'arriver à la Palmyre, une aire de pique nique à l'ombre nous fait de l'oeil : pause déjeuner.

La Palmyre ressemble à un énorme camp de vacances - d'ailleurs, nous passons entre le Club Med et le golf, les deux protégés par de grands grillages qui donnent l'impression que leurs résidents sont interdits de sortie, obligés de consommer ! La trace suit ensuite le front de mer, mais par la pinède. Ça joue parfois aux montagnes russes, et la direction change : plein ouest, plein nord, plein est... on finit par ne plus savoir où l'on va, et il fait chaud - CHAUD ! Près d'une plage, le couple maillot bleu - maillot noir prend la pause, nous continuons. Plus loin, ils nous repassent devant, ils ont un bon rythme qu'on suit un peu, puis on les laisse filer. Revoilà la ville : nous passons à proximité de la Tremblade, et oh, droit devant : un grand pont ! C'est bien sûr à ce moment que la piste cyclable nous laisse nous débrouiller avec les voitures : ben non seulement ça grimpe, mais vous ne serez pas protégés des voitures, qu'on se le dise... Au loin, Marenne sur la droite, l'île d'Oléron à gauche, avec un pont encore plus grand - n'y pensons pas maintenant ! La montée est raide, mais la descente est rapide, un vrai bonheur.
La piste longe ensuite la départementale pendant 7 km... et file vers l'est, alors qu'Oléron est à l'ouest - visiblement, j'ai prévu une halte hors tracé. Il ne reste plus qu'à suivre cette départementale très fréquentée - tiens, un Lidl... hop, pas d'hésitation : quelques courses, et des glaces made in Portugal à l'acaï (une baie d'Amazonie) sitôt achetée sitôt dégustée le cul posé sur un caillou près de la route - l'itinérance, c'est ça aussi... Il est temps d'attaquer le viaduc : 2 km de départementale, suivis de 3,5 km de pont. Il commence par un faux-plat qui ne dit pas son nom - ça ne monte pas vraiment, mais ça n'avance pas vite non plus ! - et ça finit par un faux-plat qui ne descend pas vraiment - c'est moi ou ça n'avance pas plus vite !? À la sortie du viaduc, une aire de pique nique nous tend les bras : pause eau. Hey, mais c'est pas monsieur t-shirt bleu qui arrive là alors qu'on repart ? Nous les suivons, et les rattrapons au tourne-à-gauche suivant. On s'adresse enfin la parole, alors que les voitures passent autour de nous et qu'on attend notre tour pour avancer. « Vous ici ? Mais qui vous a donné ma trace GPX ?!
- ... mais par où êtes vous passés ? La départementale ?
- ben... oui.
- comme nous. Il nous reste 6 km.
- pareil. Un camping au Grand Village...
- nous on va à l'hôtel.
- j'espère que l'île a des pistes cyclables, parce que l'accès est pas terrible !
- ...
- bonne rouuuuute !
- vous aussiiii ! » Hop, nous repartons, eux tout droit vers leur hôtel, nous à droite vers le camping. Les pistes, nous les trouvons tout de suite : elles serpentent entre les lagunes et les bassins d'huîtres, c'est pas mal, nous les suivons même si elles ralongent un peu notre route. À Grand-Village-Plage le camping s'appelle Paradis, c'est visiblement une chaîne pourtant nous n'y gagnons pas un nouveau bracelet - légère déception. Leur piscine est un lagon naturel, plutôt stylé, il semble très sympathique et a certainement une eau à bonne température, mais pas très profonde... Nous choisissons un emplacement - ce sera près des sanitaires, les autres emplacements libres manquent de zones plates ou d'intimité. La tente plantée, petite transformation pour mettre le maillot de bain, et nous partons chaussés de tongs vers la plage : il suffit de descendre l'avenue pour la trouver. En fait, l'avenue est super longue... Il nous faut bien 20 minutes pour avoir les pieds (et le reste) dans l'eau. L'eau est fraîche mais baignable - pas comme au Pilat ! -, et les vagues donnent envie de revenir avec un body board... une prochaine fois peut-être. Nous séchons tout en observant la population des plagistes : un surfeur qui fait son beau de retour de l'eau, des couples plus ou moins jeunes avec chien, une femme seins nus, des grands parents qui fusillents de la voix leur petit-fils pour qu'il ramasse son masque de plongée... Ce n'est pas la foule estivale mais il y a déjà du monde pour un mardi 15 juin !
Nous revenons au camping en achetant de la bière sur le chemin (pour la récupération, voilà), et prenons une douche très chaude - en plus, pour la peine elle est écolo : on peut voir les chauffe-eaux solaires sur le toit. Le temps de se préparer un sac de provisions, d'enfourcher nos vélos, et nous retournons sur le chemin de la plage pour manger sur une table de pique nique en forêt mais encore au soleil. La soirée est douce, sans trop de moustiques. Nous rentrons au moment de la mi-temps du match France-Allemagne : difficile de connaître le score, nous n'avons pas vraiment envie de consommer au bar du camping qui diffuse le match ce soir. L'animateur essaie de ne pas faire retomber l'ambiance, et pose une question à l'assistance : quel club français est le plus titré du championat de France ?... Je connais la réponse, ou plutôt disons que ça sort tout seul, réflexe en quelque sorte, merci Philippe et Bao pour cette culture footballistique : St Etienne. Et en plus, j'ai bon ! Bon, au final ça ne sert pas à grand chose, on va plutôt aller se coucher - ou alors non, l'eau est-elle toujours aussi chaude ?... Oui ! Ce camping se voit décerner un double label flomard :-)
Avant de s'endormir, on entend une clameur qui nous fait penser que la France a sans doute marqué un but. Ou pas. On ne saura pas ce soir. Zzzz.
Les stats !
> Étape Le Verdon sur Mer - Ile d'Oléron (Le Grand Village)
> À vélo : 71 km en 4h41 (soit 15,2 km/h)
> Camping Paradis - Les Pins
> On aime : l'eau bien chaude labelisée flomard (deux fois !), la situation près d'un super U et de la plage, la piscine naturelle
> On regrette : peu d'emplacements bien plats, l'absence de PQ



















