Journal de Bottes

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature (la suite).

lundi 24 juin 2019, 23:37

EV4 de Plurien à Binic

La température est toujours plus douce la nuit, mais le temps n'en n'est pas moins au gris : où est la canicule dont se plaint Paris ?... Certainement pas ici. Aujourd'hui aux abords d'Erquy, nous commençons par une descente sur terrain humide et presque boueux que je ne m'imaginerais pas faire en montée ! Durant la matinée, nous doublons un couple à vélo, bien équipés eux aussi pour la randonnée, pas de doute, ils font l'EV4 ! Pas tous jeunes, mais avec des jambes de savoyards, ils ont l'air tout à fait à l'aise dans les montées, même si Mme regrette qu'elles soient si courtes : « ça coupe les pattes ! » Nous les croiserons plusieurs fois aujourd'hui, car ils ne prennent pas toujours le même chemin : ils évitent soigneusement tous les tronçons en terre de l'EV4.

Nous n'avons pas été bien matinaux encore aujourd'hui, et l'étape commence à être sérieuse : 60 km pour 850 m de dénivellés positifs prévus aujourd'hui (la veille, c'était 54 km pour 550 m). Nous roulons sans rien trouver d'accueillant pour manger jusqu'à Hillion, où à presque 14h, nous décrochons le pompon : un restaurant qui accepte de nous servir. Et mieux encore : le menu ouvrier est à 12 €, inclus buffet de crudités à volonté, plat, dessert maison, café, et tout semble frais et cuisiné ici !... Vraiment, on ne pouvait pas trouver mieux. Pour moi ce sera moules-frittes, et île flottante en dessert - de quoi rouler plus vite en descente, mais pas forcément en montée !

Les montées, c'est bientôt : de Hillion, il ne reste plus grand chose pour arriver en baie de St Brieuc. Pendant un long moment, on longe l'estuaire marécageux, bien à plat, et puis c'est parti : côte sur côte, avant une descente phénoménale vers le port - bons freins absolument nécessaires, pour ma part mon vélo continue d'avancer même en freinant à fond !... Après un trop court passage le long de l'eau, ça remonte vers St Laurent de la mer et Plérin. En plus, nous sommes sur une voie passante avec des voitures pressées, qui n'attendent pas d'avoir de la visibilité pour doubler et se rabattent en urgence sous notre nez.

Quelques petits détours plus loin dans cette banlieue de St Brieuc, et nous arrivons à quitter à nouveau la civilisation pour nous diriger vers Pordic à travers les champs, sous une petite pluie fine. Là, un intermarché nous permet de nous ravitailler, puis on repart vers notre destination ultime du jour : Binic. Le chemin emprunté par l'EV4 passe par des sentiers parfois très pentus, heureusement plutôt en descente dans ce sens... mais après le port, rebelotte : tout ce qui se descend sera remonté. Le camping municipal des Fauvettes est sur les hauteurs, nous avons un emplacement avec vue imprenable, dommage que la vue soit grise !

Pordic

La tente plantée, la douche prise, direction : le port ! Ce soir, nous mangeons chaud, c'est obligé vu le temps. Devant six ou sept établissements, nous hésitons, et finissons par revenir à la crêperie que nous avions vu tout au début : la crêperie « Les Embruns ». Nous n'avons pas très faim, il faut dire que j'ai digéré mon déjeuner tardif tout l'après-midi... Alors nous essayons la galette la plus simple qui soit : nature ou beurre, servie avec son bol de lait ribot. Excellent ! On se promet de faire ça chez nous. Une galette dessert par dessus, et retour au camping par le sentier côtier. Nous tombons sur une famille d'australiens - les quatre enfants sont couchés -, des habitués de la vélo-rando. Cette année ils font l'EV4, ils sont arrivés par avion en Angleterre et iront jusqu'en Normandie... Ils collectionnent les parcours euro-vélos, et disent préférer la France pour son climat et... ses campings !

dimanche 23 juin 2019, 23:37

EV4 de la Ville à Plurien

La nuit était un peu plus douce, bien qu'encore un peu fraîche... Au matin, une eau chaude était bienvenue, la brioche aussi d'ailleurs. Démontage, pliage, et péage : le gestionnaire du camping ne nous avait pas oublié. Vu la côte sur laquelle est installée le camping, nous sommes sortis de là en poussant les vélos - et zou. Nous avons rejoint immédiatement l'EV4, qui passe la Rance par la D366, coupe le nord de Plouer-sur-Rance. Après un tronçon désagréable sur une voie en site propre aménagée le long d'une route trop passante, l'EV4 traverse Pleslin. Là, bonheur, une voie verte, une vraie : droite, plate, abritée du vent et du soleil... sans doute une ancienne ligne de chemin de fer. Ça donnait envie de continuer tout droit vers Dinard, mais à Tréméreuc, bifurcation : plein ouest. Des champs, un estuaire (le Frémur : une belle descente, une très belle montée - la première du jour), des champs, un ruisseau, des champs... au village de Trégon, un tout petit square attire notre attention : une table de pic nic ? C'est parfait, ce sera notre halte pour midi.

Quelques kilomètres plus loin, nous faisons un arrêt touristique au Château du Guildo. C'est une ruine avec de beaux restes, suffisants pour nous donner une belle vue sur l'estuaire de l'Arguenon et la petite ville de Notre-Dame-du-Guildo, malgré le temps gris et triste (rien de pire qu'une photo par temps gris...).

Les ruines du Guildo

La vue

Vu de l'autre côté

La voie verte continue tranquillement dans une forêt, avant de rejoindre les champs à nouveau : tout droit, jusqu'à Matignon. Trois km plus loin, juste avant Pléboulle, une montée bien trop pentue nous attend : je craque 10 m avant la fin, mais les gars passent tranquillou. Encore quelques kilomètres, et nous prenons une pause énergétique dans l'estuaire du Frémur : une vision un peu nihiliste, marais d'un côté, estuaire vide de l'autre. Tout est gris, boueux, pas bien accueillant.

On repart, la voie longe l'estuaire - jusque là tout va bien - puis pique dans la côte - ce sera la 3e affreuse de la journée. L'EV4 passe par Plévenon puis rejoint le Cap Fréhel par des chemins de traverse - ou plutôt, des petites routes puis un sentier dans la lande. Au final, nous nous retrouvons sur la route aménagée : piste pour les vélos et les piétons, route pour les voitures. Une fois de plus, heureusement nous ne sommes pas en haute saison... le trafic aurait rendu les choses moins agréables. Arrivés au Cap, les nuages laissent un peu de place au soleil, et la lumière fut.

La côte

Ajoncs

Il y a quand même du monde, mais la foule est largement supportable. Le site fait visiblement l'objet d'un effort d'aménagement pour sa préservation, comme pour les autres grands caps. Le résultat est déjà probant : les landes sont magnifiques, avec des couleurs aussi variées qu'irréelles : feuillages verts, fleurs jaunes, filaments rouges, bruyères mauves, voiles blancs, ...

Il est 16h, et on repart. Direction : le camping, et on redescend toute la côte plein sud sur cette piste cyclable, avant de retourner dans les champs. Hésitations, nous suivons la départementale au niveau de Pléhérel-Plage : erreur ! Malgré un très beau point de vue sur les falaises, nous nous fadons une énorme côte - 4e et dernière de la journée. Sables-d'Or-les-Pins, nous voilà ! La cité est balnéaire, c'est beauf, c'est pas beau, moi qui pensait trouver une crêperie... Tant pis, le camping lui est très sympa, il nous offre même le dessert grâce à ses nombreux pieds de framboisiers ! Pour le plat de résistance, ce sera la polenta-fromage-tomattes séchées prévue initialement pour la veille. Le rocket stove sorti pour l'occasion fait parler, un vacancier réfléchit déjà à s'en fabriquer un beaucoup plus sérieux chez lui. Un autre nous parle de Daucy et des grandes boites de conserves pour collectivités - il est de la partie, et pour un peu, si on était restés quelques jours, sûr qu'il nous en aurait ramené des vides...

samedi 22 juin 2019, 23:37

EV4 du Mont à la Ville

Samedi, la nuit a été longue (et froide). Le temps de tout replier, tentes, duvets, sacs, et de prendre un petit déjeuner mérité, il était 10 heures passées - l'heure fatidique à laquelle il est interdit d'emprunter la digue à vélo. Comme nous sommes des gens respectueux des lois (le plus souvent, du moins), nous nous sommes contentés d'un dernier coup d'oeil.

Le Mont au matin

Et c'est parti ! Nous avons repris la voie verte qui longe le Couesnon en sens inverse, puis le traverse. Quelques centaines de mètres plus loin, l'EV4 emprunte la digue de la Duchesse Anne : c'est plat, c'est à l'ombre de grands arbres, c'est parfait ! Elle mène jusqu'à la chapelle Ste Anne de Cherrueix - CQFD. Nous avons poussé jusqu'au centre du village, mais sommes arrivés 10 min trop tard pour acheter du thé au Proxi. Pas chiens, nous avons pris des pâtisseries à la boulangerie voisine, avant de pic niquer sur une table avec vue sur baie, rue de la Plage.

Après quoi, nous avons continué de longer la baie jusqu'à Hirel : là, nous avons quitté l'EV4 pour couper dans les terres via La Fresnais et St Guinoux. Une petite épicerie nous a fait de l'oeil, et dans son strict nécessaire nous avons trouvé thé et café. Elle était tenue par le bar voisin, c'était trop tentant par cette chaleur : nous avons pris un demi à l'ombre d'un parassol. La route n'était plus très longue : il ne restait plus qu'à traverser Châteauneuf-d'Ille-et-Villaine, et remonter sur la Ville-ès-Nonais. Un peu de dénivelé pour nous donner une idée des jours suivants...

Arrivés au camping municipal, personne. Comme prévu : on nous l'avait indiqué au téléphone, il faudrait simplement s'installer là où on veut ! Le terrain était tout en pente, nous avons planté du mieux qu'on a pu, et un client du camping nous a donné en passant le code pour accéder au bloc des sanitaires. Il était même pas 18h, alors nous avons poussé à pied vers St Sulliac, par le sentier côtier - peut-être 5 km. Dans ce petit "plus beau village de France", une fête nous attendait : une St Jean façon locale, avec des habitants et des enfants habillés tout de blanc, et des ados qui portent un mât à aller brûler dans le brasier.

Musique

Galoches

Les festivités étaient conviviales, mais ça manquait un peu de rythme - peut-être parce que le brasier ne serait pas allumé avant la tombée de la nuit, vers 23h30... D'ici là, nous serons rentrés et couchés ! Nous nous sommes donc contentés de manger de la galette et de boire du cidre, et d'écouter un peu de musique. La soirée était d'ailleurs un peu fraîche, et nous sommes rentrés par le même sentier avant d'être complètement transis ! Une douche, et au lit.

vendredi 21 juin 2019, 23:37

EV4 vers le Mont

Vendredi, 14h en gare de Combourg : voilà Étienne, avec un gros sac sur le dos qu'il va falloir faire tenir dans la remorque à vélo qu'on a déjà squattée avec quelques affaires à nous. En bourrant un peu, ça passe ! Le temps de se mettre en tenue, et c'est parti ! Nous roulons sur des routes de campagnes tranquilles, direction Pleine-Fougères. Vers Saint-Georges de Gréhaigne, nous appercevons le Mont pour la première fois, au loin dans une mer de champs de blés. Vu d'ici, impossible de l'imaginer dans la mer !

Nous rejoignons enfin l'EV4 pour passer le Couesnon : la voie verte longe ensuite le cours d'eau, avec en ligne de mire le Mont Saint Michel. Peut avant la digue, nous bifurquons pour rejoindre le Camping du Mont Saint Michel, géré par l'Hôtel Vert. Les tarifs ne sont pas exhorbitants, par contre il est évident que mieux vaut réserver en saison pour y avoir une place. Comme nous sommes randonneurs sans véhicule "lourd" (voiture, camping car, ...), notre emplacement est tout au fond du camping, situé juste derrière la promenade qui relie le parking à la digue. Heureusement que ce n'est pas la foule des grands jours, mais l'impression de voir passer tant de gens juste devant sa tente (à une petite haie près) reste étonnante.

Mont

Une fois installés, c'est partie pour la visite ! Il est environ 18h. Vu le temps magnifique, nous parcourons bien sûr la digue à pied. L'essentiel des "pélerins" sont en sens inverse : c'est l'heure pour les quelques touristes de quitter les lieux. Quand nous arrivons, le Mont est presque vide de toute présence humaine, même les rideaux des échoppes sont baissées et les restaurants sont loin d'être tous ouverts... Nous avons beau être le 21 juin, ici la fête de la musique n'est pas festive.

Ombres

La merveille est fermée quand nous arrivons, mais cela ne nous empêche pas de faire le tour des remparts et de profiter de la vue. Une fois revenus en bas, nous remontons vers le haut pour pic niquer dans un dernier rayon de soleil - il est passé derrière le mont. Après avoir dîné chichement, nous reprenons la visite : nous descendons par l'ouest, vers la Tour Gabriel, ce qui de fil en aiguille nous amène à la Chapelle Saint Aubert, qui m'avait souvent intriguée mais où je n'avais jamais mis les pieds.

Chapelle Saint Aubert

La mer est sacrément basse : nous entreprenons de faire le tour du Mont par l'extérieur. Cela donne accès à une vue inhabituelle, beaucoup plus végétale et luxuriante. Du minéral, il ne reste que la flèche et le réfectoire.

Une vue inhabituelle

Il fait beau, mais il fait frais : nous sommes déjà vêtus d'une polaire. Il n'est que 20h30 et la nuit n'est pas prête de se coucher. À défaut de trouver un bar et un peu d'animation sur le Mont, nous retournons vers le camping et allons prendre une bière dans un bar juste en face.

Soleil couchant

Cette nuit, la température descendra jusqu'à 8° C... Dans un duvet de demi-saison, c'est sacrément frisquet à endurer : toutes les couches de polaire et chaussettes y sont passées !

jeudi 20 juin 2019, 12:37

EV4, 2e

Il y a 4 ans, nous avions emprunté l'EuroVélo 4 sur un tronçon qui courrait de Perros Guirec à Roscoff - en fait, nous l'avions même prolongée jusqu'à Plouguernau. Sur les conseils de Claudio - Dottor Bike, nous avions dormi au sec et au chaud, systématiquement logés en chambre d'hôte - dont l'identification et la réservation avaient nécessité une grande débauche d'énergie en logistique... Le conseil avait été nécessaire et bienvenu, car nous étions partis en avril - un mois qui peut réserver de nombreuses surprises pour le temps, du grand soleil 30°C à la pluie froide et battante. Bref, l'expérience nous avait plu.

Maintenant que nous sommes un peu plus "roots", nous avions envie de remettre ça mais avec notre tente. Sur un tronçon différent, cela va de soi : cette année, le trajet court du Mont Saint Michel à Perros Guirec. Histoire de raccrocher le wagon avec l'épopée précédente ! Autre changement : les étapes ont été revues à la hausse niveau kilométrage. Même si être en tente, c'est plus souple (pas besoin de réserver en cette saison), mieux vaut avoir une idée des campings qui peuvent nous accueillir à proximité de la route, et aussi des points de ravitaillement (restos, courses, ...) - et établir un plan de route. Enfin, dernière nouveauté de taille, un 3e vélo s'est joint à nous : nous sommes partis avec Étienne.

Le planning : Vendredi après-midi : de chez nous au Mont Saint Michel Samedi : Mont Saint Michel > La Ville-ès-Nonais via la baie puis en coupant dans les terres à Hirel Dimanche : La Ville-ès-Nonais > Plurien avec un détour par le Cap Fréhel Lundi : Plurien > Binic en passant par St Brieuc Mardi : Binic > Perros Guirec - LA grosse journée en kilométrage mais aussi en dénivelé...

Côté bouffe, nous sommes partis avec de quoi pic niquer trois ou quatre fois, idem pour le petit déjeuner, et de quoi grignotter sur la route (fruits secs, cookies maison au chocolat blanc et groseilles, ...). Nous avons juste oublié de mettre dans le paquetage... le thé et le café du matin - outch. Pour le reste, seule la météo nous a joué des tours...

dimanche 21 avril 2019, 21:37

Redon

La veille, nous nous sommes donc arrêtés avant la fin de l'étape prévue. Il nous reste donc ce tronçon à parcourir :

`(e) Pont-Miny [5 km 5] - au sud : WC, eau, aire PN. Au nord à 1.5 km : Fégréac.`
`(e) Le Bellion [5 km 10] - HD : aire PN, WC, eau. Confluence avec La Villaine. // au train !`

Comme les marais, ce n'est pas glamour au petit-matin, nous partons sans petit-déjeuner : c'est à Pont-Miny que nous irons nous faire une petite eau chaude et grignotter des sablés bretons (le beurre : de l'énergie en barre). Ici se trouve la Maison du canal (fermée en cette saison) et une énorme aire de pic-nic / parking avec un point d'eau et des sanitaires - le luxe ! Les sportifs du dimanche ne s'y trompent pas, ils sont quelques uns à pied ou à vélo.

Après cette pause, nous continuons jusqu'au Bellion : à la confluence du canal et de la Villaine. À nouveau, une aire de pic nic : à celle-ci, nous déjeunons. Un type étrange débarque, la petite cinquantaine abîmée, visiblement pas du profil à posséder un des bâteaux qui mouillent au port voisin, peut-être même un peu alcoolisé. Il dit vouloir prendre son bain hebdomadaire et fait tomber chaussures, chemise et pantallon : striptease rapidement suivi d'un plouf retentissant ! Elle est fraîche, il commente, rigole, fait du bruit, et nage jusqu'à la rive d'en face - la villaine est large.

Nous ne saurons pas s'il reviendra sans ambages, car nous reprenons la route. Pendant quelques kilomètres, nous allons longer la voie ferrée, et sur une portion de presque 1 km, canal et chemin de halage sont très artificiels : pour faire passer tout au même endroit, a été édifiée une digue très droite, très haute, le chemin de halage en parapet, et le chemin de fer en surplomb à notre droite. La rive gauche est une colline escarpée, qui donne un aspect très resserré et presque étouffant au site.

Au fait, reprenons le plan de route du jour...

(e) Quinssignac [3,8 km 3.8] - Aire PN et WC à 1 km ? Croisement Vélodyssée. Redon [2,4 km 6.2] - Aire PN, enjamber la Villaine, carrefour city r. douves. Garder HD ! (e) Mussain [4.6 km 10.8] - aire PN - à La Potinais, traverser : HG ! Belvédère, île aux Pies. (e) La Maclais (ou Painfaut) [5,6 km 16.4] - début d’une ligne droite ! (e) ancienne écluse de Limur [4,4 km 20.8] Pont d’Oust [3.3 km 24.1] - Camping municipal, WC, eau, aire PN. Au sud : Peillac (1.6 km), commerces, WC. Au nord : Les Fougerêts (1.2 km), supérette.

Nous avons déjà pas mal de km dans les jambes, donc inutile de penser qu'on couvrira la distance, surtout que les ampoules sous les pieds, loin d'avoir disparu, ont plutôt joué à la multiplication. À Quinsignac, impossible de trouver l'aire attendue - on comptait un peu dessus... En plus, on commence à sentir qu'on se rapproche d'une ville (Redon) : les promeneurs sont plus nombreux. Après une pause, nous poursuivons... pour atteindre les joies de la civilisation : la circulation, et la zone commerciale qui couvre un bon kilomètre linéaire de rive (n'y avait-il pas mieux à faire qu'un Leclerc près du canal ?... un parc peut-être, ou même un lotissement ?...). On est dimanche, et tout est fermé.

Il faut maintenant quitter la ville : le chemin de hallage est surpeuplé... à la sortie de Redon, le site de Cargill finit de vacciner de la société industrielle - c'est bruyant et ça pue. Nous n'avions pas fait le rapport « Cargill = alimentation », et visuellement l'usine nous évoque une raffinerie ou même une fabrique de ciment, mais après vérification... c'est de la pectine qui est produite ici ! Miam, les bons fourrages de gâteaux industriels aux fruits...

Ensuite, des marais à notre gauche, une route passante à droite. Continuer, dépasser le bois de Bahurel. Au pont suivant, nous changeons de côté : malheureusement, ce qui ressemblait sur la carte à un espace possible pour dormir est bien trop exposé aux regards. Nous continuons : toute la suite est en marais, avec aucun espace pour poser la tente... Nous arrivons enfin à une zone plus large, au pied d'une falaise, la Roche du Theil. Au fond du champ passe une petite rivière : le Bras de Mélétant. Passent aussi quelques promeneurs ! Mais c'est décidé, nous dormirons ici. Tente, tambouille, ... les pieds sont à bout. Une deuxième décision est prise : ce sera le dernier jour.

Le lendemain, nous revenons sur nos pas : déjeuner à Redon, dans le parc municipal au-dessus de la gare. Nous en profitons pour visiter Redon, son marché, sa grande rue déserte (on est lundi de Pâques, n'oublions pas !), et son Carrefour contact ouvert qui nous permet d'agrémenter le pic nic : tarama, crèmes aux oeufs, cidre... c'est festif ! Vers 15h, le train nous embarque pour Rennes : il est archi-complet, nous sommes nombreux à voyager debout. Il était temps : le temps a viré, et la pluie drache fort sur les vitres du train. La correspondance pour Combourg est toute en contraste, avec un taux de remplissage d'à peine 1/10e. Nous voici rentrés !

Il faudra (ou pas) reprendre le chemin un jour, mais cette fois-ci, ce sera plus certainement en vélo : d'une part, le mal de pied nous a vacciné des voies vertes mal gravillonnées, et surtout trouver des points d'eau et des lieux où bivouaquer n'était pas du plus facile à pied. Le vélo offre tout de même d'autres possibilités...

samedi 20 avril 2019, 21:37

Dans les marais

Nous voici arrivés au samedi : demain, c'est dimanche de Pâques, et le lundi qui va avec. Attention donc à faire des courses au bon moment... surtout que nous n'avons pas croisé de commerces jusqu'à présent. Que dit le plan de route ?...

(e) La Touche [2,4 km 2.4] (e) Melneuf [4,1 km 6.5] … méandre +/- 3 km … Château de Carheil … 3,5 km Saint Clair [7,2 km 13.7] » prendre le pont vers ville : camping, boulange, commerce(s) au centre. Halte nautique de Guenrouet (WC, aire PN). … puis marais sur +/- 3 km. (e) Pont-Miny [10,6 km 21.3] - au sud : WC, eau, aire PN. Au nord à 1.5 km : Fégréac.
(e) Le Bellion [5 km 26.3] - HD : aire PN, WC, eau. Confluence avec La Villaine. // au train !

Tout est prévu : nous ferons des courses à Saint Clair. En attendant, nous reprenons la route, ou plutôt le chemin de halage. L'endroit est naturel, et alterne entre champs et zones boisées. À la première écluse nommé La Touche, des toilettes sèches mises à disposition et un bar (associatif ?), les "touche-à-tout", rendent l'endroit accueillant. Un peu plus loin, un arbre mort sert de perchoir à quelques oiseaux d'eau.

J3 canal

Dans les méandres du fleuve, laissé naturel ici, l'habitat éparse ne permet pas d'oublier la présence humaine. Sur chaque côteau, des maisons abritées par les arbres profitent d'une belle vue sur la plaine... Nous déjeunons au pied du Château de Carheil - c'est le nom indiqué sur la carte. Mais dans la vraie vie, les panneaux mentionnent plutôt "Domaine" de Carheil... et pour cause : point de château ici, plutôt de grandes bâtisses, un parc, et surtout un grand parvis accompagné de sa chapelle dont le style nous semble tenir plus de la provence que de la Bretagne.

Vers 15h, nous arrivons à St Clair. En fait, de l'autre côté du pont, la petite ville se nomme Guenrouet, et la place de l'église est sur les hauteurs : on prend un sentier piétonnier pittoresque, c'est joli mais ça grimpe. Bonne nouvelle : il y a bien une boulange et un petit commerce, mais ils sont tous les deux fermés jusqu'à 15h30. Qu'à cela ne tienne : il y a aussi un bar PMU près de l'église, et lui, il est ouvert. Deux bières, patron !

Les pieds font souffrir. C'est l'occasion de les faire souffler. Peut-être de manière un peu trop optimiste (signé Flo), on reprend le chemin, avec l'information issue de OpenStreetMap : 3 km de marrais à dépasser avant de pouvoir planter la tente. En fait, la zone marrécageuse s'étend bien plus loin, ça dure, ça dure, et on a un mal de chien aux pieds... Après 7 km, on finit par jeter l'éponge : face à un mini-port de plaisance, dans une zone visiblement innondable mais sec (heureusement qu'il n'a pas plu depuis des lustres...), nous posons le barda au sol et les fesses sur un tronc d'abre abattu.

J3 canal

L'énergie qu'il reste est dédiée au plantage de tente, et à la cuisine pour conconcter un maintenant traditionnel bouillon-pasta.

J3 canal

En ce samedi soir, bien peu de passants (en fait, aucun), par contre en début de soirée, quelqu'un s'est acharné dans le voisinage à tondre sa pelouse ou débrouissailler son terrain... quelle idée... puis des djeunz ont mis la musique à fond une belle partie de la nuit. Ça devait être assez loin, mais le son porte dans la campagne. Dormir dans la nature, c'est compliqué, même au milieu de nulle part !

Le lendemain matin, alors que nous plions bagages, un vieux monsieur passe sur le chemin avec un étrange chariot qu'il pousse devant lui. Il ne porte rien, tout est sur roulette : les sacs, l'eau, le chargeur solaire... Il vient de Morlaix et descend jusqu'aux Sables d'Olonne !... En marcheur expérimenté, il nous donne une indication météo : le beau temps va continuer toute la semaine prochaine. Cela va s'avérer parfaitement faux !

vendredi 19 avril 2019, 20:27

Tout va Blain

L'avantage de dormir sous une tente, c'est d'être réveillé par la lumière du jour... Ce matin, avant que le soleil ne pointe à l'horizon, je suis sortie faire quelques photos... la brume recouvrait le canal d'un manteau douillet. Elle s'est dissipée très rapidement, en quelques minutes, sitôt le soleil levé.

J2 canal

Et l'écluse de la Remaudais à la lumière du soleil levant...

J2 canal

Reprenons le plan de route...

(e) La Renaudais [2,5 km 2.5] (e) La Chevallerais [1,1 km 3.6] (e) Gué de l’Atelier [2 km 5.8] (e) Terrier [1,7 km 7.5] (e) La Prée [3,3 km 10.8] (e) Le Gravier [1,3 km 12.1] » au nord (HD) : Blain Halte nautique : WC, eau, aire PN. » au sud : Camping du château (et château de la Groulaie). (e) Paudais [1,5 km 13.6] (e) Bougard [4,7 km 18.3] - HD: Crêperie. (e) Barelle [3,2 km 21.5] - aire PN, WC, eau. Au nord : St-Omer de Blain (1.5 km).

La bonne nouvelle, c'est que la journée devrait être raccourcie des 2,5 km marchés hier. Nous verrons bien... Le temps de faire chauffer une tisane, prendre un petit déjeuner conséquent, et de plier la tente, et nous voici repartis. À peine quelques centaines de mètres, et nous découvrons un lieu qui aurait été parfait pour bivouaquer : tables de pic-nic, intimité d'une petite forêt, ... il y a même des WC secs, mais pas d'eau. Encore quelques pas, et près du pont qui croise le canal vers La Chevallerais, une halte nautique propose le même service : WC secs, mais toujours pas d'eau. Ce sera une constante tout le long du chemin !

La portion de canal que nous suivons est l'Isac, elle est navigable et nous avons croisé depuis hier quelques bateaux de plaisanciers qui louent à la semaine ou pour un WE prolongé. Ici, c'est agréable, de grands et vieux arbres longent le canal. Arrivés à l'écluse de la Prée, son jardinet est particulièrement bien fleuri, et la rive opposée au chemin de halage appartient à la forêt de la Groulaie : l'ensemble est charmant.

Après une dizaine de kilomètres, nous voici à Blain : nous croisons une jeune femme qui marche avec deux ânes - quelle bonne idée selon nous qui portons et tirons notre matériel à dos d'homme ! Nous traversons le canal et allons admirer le château local (fermé), et visiter un petit jardin qui se dit médiéval, situé à proximité.

J2 canal

Nous suivons ensuite le canal, pour ne voir que le port de Blain - nous n'avons pas le courage de découvrir le centre de cette petite ville, qui nous fait malgré tout une fort bonne impression. Déjà, parce que la capitainerie du port offre des toilettes et de l'eau - et ça, sous le soleil et la chaleur, c'est bienvenu ! Et qu'il y a de la vie, et même des restos. Cependant plutôt que de nous poser en terrasse, nous déjeunons assis sur l'herbe, à la sortie de Blain.

La journée est chaude, et nous nous protégeons du soleil au mieux : crême solaire sur le nez et cheiche sur la tête ! À l'écluse de Bougard, pause-mal-aux-pieds. Une ampoule est en train d'éclore sous la plante de mon pied gauche... aïe aïe aïe. Allongés sur des bancs, on prend la pause et on sort les sparadraps. À l'écluse de Barel, le point d'eau attendu est trouvé : il s'agit d'un robinet mis à dispositions des bateliers. Nous remplissons nos bouteilles, et continuons notre chemin à la recherche d'un coin où bivouaquer tranquillement. Ce sera là, à proximité de St Omer de Blain :

J2 canal

Sous les sapins, un peu d'espace plat bien en herbe. Pas de vis à vis. De traces de campement, en particulier un ancien feu de camp... Nous, nous utilisons un rocket stove fabriqué maison avec quelques boîtes de conserves : c'est léger, plus propre et plus efficace.

Le repos du soir est bienvenu : nous avons mal aux pieds !...

jeudi 18 avril 2019, 21:41

Le canal de Nantes à Brest

Voilà quelques semaines que nous préparons notre prochain périple : marcher le long du canal de Nantes à Brest. « Mais y'a pas la mer !? » dit maman... non, nous avons décidé de marcher en centre Bretagne, un peu loin de tout. Pourquoi ? Pour avoir une expérience un peu "roots", nature, non-civilisée. Une aventure à côté de chez nous, mais au plus proche de l'itinérance en autonomie : bivouac et popotte tous les soirs. Nous avons emprunté deux livres à la médiathèque qui décrivaient le tracé : le premier était écrit par quelqu'un qui l'a parcouru avec un âne (plus facile pour le portage), l'autre était dédié au cyclotourisme (avec des étapes trois à quatre fois plus longues que ce qu'on peu faire à pied). Enfin, OpenStreetMap est toujours d'une grande aide quand il s'agit d'imaginer la topologie d'un lieu... Avec tout ça, nous avons construit un planning avec une dizaine d'étapes.

Aujourd'hui, il faut d'abord se rendre à Nantes : train jusqu'à Rennes, puis bus. Oui, bus... en gare de Rennes et en fin de matinée, seul un bus circule entre Rennes et Nantes. Il arrive avec une demi-heure de retard, et nous pose avec 15 min de retard au nord de Nantes : Cécile nous y attend avec sa voiture. Le luxe ! Elle va se joindre à nous pour le déjeuner et quelques kilomètres.

Plutôt que de commencer au centre de Nantes, nous avons préféré sauter la partie urbanisée : c'est au lieu dit La Blanchetière, entre Sucé et Nord-sur-Erdre, au plus près du canal, que Cécile se gare. Nous marchons d'abord vers la première écluse de Quiheix - en fait, c'est la seconde, mais celle qui existait au centre de Nantes a disparu quand a été enterrée la Loire au pied du Château des Ducs de Bretagne...

Après 2 km, nous voici donc au "kilomètre zéro" de notre périple. Nous y prenons un déjeuner pic-nic à l'ombre de quelques arbres, vue sur l'Erdre et la première écluse. Puis nous repartons dans l'autre sens. Cela fait bien longtemps que nous ne nous étions pas vus, et la discussion fait que le temps passe vite : +4,5 km et nous voici à l'écluse de la Tindière. Après un goûter de cookies maison, nos routes se séparent : elle fait demi-tour pour retrouver sa voiture. Nous avons une moitié d'après-midi pour rejoindre notre première zone de bivouac. Sur notre plan de route, voilà ce qui était prévu :

(e) Quiheix [km 0] (e) La Tindière [4,5 km 4.5] (e) La Rabinière [2,7 km 7.2] (e) La Haie Pacoret [1,1 km 8.3] (e) Crazemeul [1 km 9.3] (e) Le Pas d’Héric [1,3 km 10.6] … traversée C80, HD. (e) Bout de Bois [5,8 km 16.4] - WC, eau, aire PN à prox. de Le Pommain. Restos.

La Tindière comme la Rabinière offrent un visage sympatique, entretenu et accueillant - il est visiblement possible d'y boire un verre. Il fait beau, nous croisons de nombreux promeneurs, à pied ou en vélo. Mais au fil des kilomètres, l'impression est qu'on est en train de virer dans un espace plus reculé, plus sauvage, plus abandonné aussi - certaines écluses ne sont pas habitées, et ressemblent plus à des ruines dont les fenêtres et les portes sont barricadées pour éviter les squatteurs. Vers 16h, la lumière est belle et un chemin silencieux s'ouvre devant nous.

J1 canal

Après le Pas d'Héric, nous en avons un peu plein les pattes, mais nous ne sommes plus très loin. Sur la carte, nous avions remarqué une zone de loisir très vaste, avec tables de pic-nic et sanitaires. À son approche, nous déchantons : nous avions omis que la N137 passe à proximité, et le bruit de la circulation est intolérable - on ne s'imagine pas chercher à dormir ici.

Nous passons sous la nationale - le temps de remarquer que les sanitaires mentionnés par les guides ont été vandalisés et fermés depuis bien longtemps... la seule inconnue, est de savoir dans quel ordre ! Nous continuons la route, péniblement : nous avons 18,5 km dans les jambes, ce ne serait pas tant si nous n'avions pas le paquetage (raisonnable, encore : 7 kg environ chacun) sur le dos.

Nous arrivons à l'écluse de la Remaudais, 2,5 km plus loin. Nous bivouaquerons là ce soir... L'éclusier nous remplit gracieusement deux bouteilles d'eau, nous pourrons nous cuire un bouillon de pasta. Le soleil se couche tôt en cette saison : nous feront comme lui !

mercredi 17 avril 2019, 21:41

Deux essaims, ou rien

Après qu'un premier nous ait échappé pour préférer le toit de la voisine à notre ruche (non mais quand même...), cette fois-ci nous agissons plus prestement quand Antoine repère DEUX essaims posés dans le pommier de la voisine ! Pour les atteindre, nous nous sommes permis de sauter la clôture et de faucher un champ d'orties...

Nous avons d'abord récupéré le plus petit, en sciant la branche sur lequel l'essaim s'était formé - à lui la petite ruchette d'inspiration japonnaise. Le lendemain, nous sommes revenus chercher le second : cette fois-ci, c'est à coups de bâton sur la branche que nous avons fait chuter l'essaim dans un carton - et zou, transbahutées chez nous, dans la plus Warré de nos deux ruches. À peine nous avons eu le temps de les faire rentrer dedans qu'une belle averse s'abattait sur les plus récalcitrantes (et nous).

Edit du 30 avril : un agriculteur vient de traiter la parcelle de colza (en fleur actuellement) la plus proche de chez nous. C'est interdit par la loi...

Edit du 1er mai : comportement étrange de la ruche Warré. Elles font la barbe comme si elles allaient essaimer, et de nombreuses abeilles vollent partout dans le potager, complètement surexitées. Cinq minutes après, elles rentrent dans la ruche. Ce matin là, on avait jeté un oeil dans l'autre ruche (photo prise par en desssous). À 8h du mat', tout le monde pionçait dans un coin, rien à signaler.

Essaim

Jours suivants : les deux ruches sont atteintes d'une même maladie - empoisonnement. Les abeilles sortent sur la planche d'envol, et se laissent tomber piteusement. Au sol, elles tentent de monter le long des brins d'herbes, mais n'arrivent pas plus à s'envoler. En quelques jours, la plus petite des deux ruches est vide, le sol est jonché de cadavres. Quelques jours plus tard, il ne reste plus qu'une centaine d'abeilles dans la seconde, toutes les autres sont au sol, mortes, malgré un nourissement.

Un apiculteur du coin est venu voir, il a regardé les cadavres : elles avaient encore du pollen sur elles, ce qui écarte la piste d'une maladie comme la maladie noire. Pour lui aussi le verdict est clair.

De deux essaims, nous sommes passés... à rien.