EV4 de Plurien à Binic
La température est toujours plus douce la nuit, mais le temps n'en n'est pas moins au gris : où est la canicule dont se plaint Paris ?... Certainement pas ici. Aujourd'hui aux abords d'Erquy, nous commençons par une descente sur terrain humide et presque boueux que je ne m'imaginerais pas faire en montée ! Durant la matinée, nous doublons un couple à vélo, bien équipés eux aussi pour la randonnée, pas de doute, ils font l'EV4 ! Pas tous jeunes, mais avec des jambes de savoyards, ils ont l'air tout à fait à l'aise dans les montées, même si Mme regrette qu'elles soient si courtes : « ça coupe les pattes ! » Nous les croiserons plusieurs fois aujourd'hui, car ils ne prennent pas toujours le même chemin : ils évitent soigneusement tous les tronçons en terre de l'EV4.
Nous n'avons pas été bien matinaux encore aujourd'hui, et l'étape commence à être sérieuse : 60 km pour 850 m de dénivellés positifs prévus aujourd'hui (la veille, c'était 54 km pour 550 m). Nous roulons sans rien trouver d'accueillant pour manger jusqu'à Hillion, où à presque 14h, nous décrochons le pompon : un restaurant qui accepte de nous servir. Et mieux encore : le menu ouvrier est à 12 €, inclus buffet de crudités à volonté, plat, dessert maison, café, et tout semble frais et cuisiné ici !... Vraiment, on ne pouvait pas trouver mieux. Pour moi ce sera moules-frittes, et île flottante en dessert - de quoi rouler plus vite en descente, mais pas forcément en montée !
Les montées, c'est bientôt : de Hillion, il ne reste plus grand chose pour arriver en baie de St Brieuc. Pendant un long moment, on longe l'estuaire marécageux, bien à plat, et puis c'est parti : côte sur côte, avant une descente phénoménale vers le port - bons freins absolument nécessaires, pour ma part mon vélo continue d'avancer même en freinant à fond !... Après un trop court passage le long de l'eau, ça remonte vers St Laurent de la mer et Plérin. En plus, nous sommes sur une voie passante avec des voitures pressées, qui n'attendent pas d'avoir de la visibilité pour doubler et se rabattent en urgence sous notre nez.
Quelques petits détours plus loin dans cette banlieue de St Brieuc, et nous arrivons à quitter à nouveau la civilisation pour nous diriger vers Pordic à travers les champs, sous une petite pluie fine. Là, un intermarché nous permet de nous ravitailler, puis on repart vers notre destination ultime du jour : Binic. Le chemin emprunté par l'EV4 passe par des sentiers parfois très pentus, heureusement plutôt en descente dans ce sens... mais après le port, rebelotte : tout ce qui se descend sera remonté. Le camping municipal des Fauvettes est sur les hauteurs, nous avons un emplacement avec vue imprenable, dommage que la vue soit grise !

La tente plantée, la douche prise, direction : le port ! Ce soir, nous mangeons chaud, c'est obligé vu le temps. Devant six ou sept établissements, nous hésitons, et finissons par revenir à la crêperie que nous avions vu tout au début : la crêperie « Les Embruns ». Nous n'avons pas très faim, il faut dire que j'ai digéré mon déjeuner tardif tout l'après-midi... Alors nous essayons la galette la plus simple qui soit : nature ou beurre, servie avec son bol de lait ribot. Excellent ! On se promet de faire ça chez nous. Une galette dessert par dessus, et retour au camping par le sentier côtier. Nous tombons sur une famille d'australiens - les quatre enfants sont couchés -, des habitués de la vélo-rando. Cette année ils font l'EV4, ils sont arrivés par avion en Angleterre et iront jusqu'en Normandie... Ils collectionnent les parcours euro-vélos, et disent préférer la France pour son climat et... ses campings !





















