QTBSO - Rosporden and Co
Un petit déjeuner face à l'océan, à deux pas du camping... c'est bonheur ! Notre dernière journée à trois s'annonce comme hier ensoleillée et chaude, nous avons enfin l'impression d'être en vacances... Seule ombre au tableau : alors que pour une fois nous étions matinaux, il nous a fallu attendre l'ouverture de l'accueil à 9 heures pour récupérer la caution du jeton d'eau tiède.
Le tracé commence direction plein est, mais deux erreurs nous ralongent... Finalement nous retrouvons notre chemin, il fallait tout simplement longer la dune. Nous parcourons 7,5 km pour atteindre le grand pont qui traverse l'Odet. La circulation est dense, l'espace qui nous est réservé plutôt restreint, il n'est pas très agréable à traverser en vélo... Cependant nous croisons d'autres vélo-randonneurs qui nous saluent gaiement de l'autre côté de la chaussée, alors que nous atteignons le point « culminant ». Difficile malgré tout de glisser un oeil sur le paysage et l'Odet.
Les 4 km sont bien sûr en descente, et nous permettent d'atteindre le centre de Bénodet. Nous prenons une petite pause au port, mais malgré les affiches touristiques nous ne sommes pas séduits. Nous ressortons de la ville par ses plages et ses quartiers de villas et résidences secondaires. Il nous faut bien 10 km en un tracé plutôt hasardeux dans la campagne environnante - tout sauf droit ! - pour atteindre le plateau de Mousterlin.
Nous continuons : pendant 15 km nous allonrs longer l'océan puis sillonner la campagne, pour finalement atteindre Fouesnant. Où, une fois le centre ville passé, nous nous trompons de chemin : attirés par la descende d'une énorme côte, nous nous y engouffrons avec plaisir ! Étienne a beau nous crier que non, c'est pas par là... il nous suit. Arrivés en bas, il faut bien se rendre à l'évidence, il faut faire demi-tour : Étienne démarre au quart de tour et remonte. Je suis moins enthousiaste à l'idée de refaire tout ce dénivelé en sens inverse, et je m'informe auprès d'un vélo route de passage. Il me confirme qu'on peut tricher en restant au niveau de l'eau, il suffit de longer l'anse de Penfoulic par un petit sentier qui peut se prendre à vélo... Partis après lui, c'est donc nous qui attendons Étienne au lieu-dit de la Digue !
Encore 2 km et nous atteignons Port-la-Forêt, où un petit restaurant avec vue sur mer nous fait de l'oeil, mais il est un poil trop tôt encore pour songer à s'arrêter... S'ajoutent alors 3 km tranquilles qui serpentent entre campagne et forêt... mais pas si faciles, car déjà ça commence à grimper. Mais c'est ensuite que ça se complique : mon vélo noir freine tellement peu que la descente de dingos à travers Saint-Laurent me fait craindre le pire ! Arrivés au niveau de la mer, voilà qu'il faut tout remonter de l'autre côté... 4 km éprouvants le long d'une route passante où les vélos ne sont pas protégés ! Il faut compter alors encore 3 km pour arriver au centre de Concarneau en longeant la plage.
Nous voici sur la place principale, jour de marché, grand soleil, il est 13h passé... toutes les terrasses des restaurants sont pleines, il faut renoncer à manger maintenant. Nous jetons un oeil aux traiteurs du marché, mais Étienne n'est pas partant, alors nous attachons les vélos sur le parking le plus proche, et partons visiter la vieille ville... où finalement, nous allons rapidement tomber sur une crêperie qui peut nous accueillir dans une courette fleurie.
Après cette brève visite, nous empruntons mainteant la V7 : 14 km de véloroute qui nous amènent jusqu'à Rosporden. Au début, le tracé est charmant, l'ancienne voie ferrée passe en pleine ville tout en étant protégée de la circulation, comme la coulée verte parisienne. Puis la piste emprunte de petites routes de campagne et même quelques chemins de pierre défoncés par le passage de cavalliers. C'est tranquille et peu passant, mais parfois le dénivelé est plus conséquent que les 1-3% réglementaires des anciennes voies ferrées...
Nous arrivons presque un peu trop tôt à Rosporden. La petite ville semble à la fois morte et trop passante : aucun commerce, aucun piéton, mais des voitures en pagaille et des sens interdits partout. Nous trouvons cependant la gare, et juste à côté : le seul café qu'on ait vu dans la ville. Ni une ni deux, nous fêtons là la fin du trajet commun : dans quelques heures, Étienne reprend le train pour Paris.
Mais d'abord, direction le centre sportif des jeunes ! Par chance, nous tombons d'abord sur le bureau des sports, qui se trouve finalement juste à côté, et à proximité du camping municipal fermé. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai obtenu de la mairie qu'on nous propose une solution pour garder le vélo d'Étienne pour la nuit... car au début nous pensions pouvoir nous arrêter là ce soir, et nous avions planifié tout en ce sens.
Le responsable du bureau des sports est justement cycliste, il nous raconte avoir fait la Corse à vélo dans sa jeunesse ! Il connaît bien les problèmes de logistiques, et il nous ouvre un gymnase où garer le vélo d'Étienne (c'est-à-dire mon VTT et la remorque) jusqu'au lendemain. On refait nos sacoches en redistribuant les affaires nécessaires et superflues, et Étienne repart à pied vers la gare avec ses grands sacs de couses qui contiennent toutes ses affaires.
De notre côté, il nous manque encore 15 km de V7 pour atteindre Scaër, le prochain village qui dispose d'un camping. Nous y trouverons un excellent accueil de la part d'une néerlandaise ex-championne de course à pied... On peut dire que les néerlandais s'y connaissent en camping !
Le camping est quasiment vide à notre arrivée, mais cela ne va pas durée : une équipée entière de motards arrive, suivie d'un camion loué pour l'occasion, qui contient toutes les tentes et les affaires de ces messieurs-dames... Ce soir, c'est soirée motards !
Quant à nous, nous avons monté la tente, pris une douche rapide, et sommes prêt à repartir pour quelques courses peut-être, ou un resto si possible... à vélo peut-être ? On les enfourche, je pédale 10 mètrs, et non, c'est trop dur... à moins que... hey bien oui, Étienne l'avait déjà fait le premier jour à Huelgoat, et voilà que je viens de le refaire : le tendeur traînait et s'est pris dans la roue !
Finalement, nous décidons d'y aller à pieds. Bien nous en a pris, il ne manque que 500 mètres pour trouver deux boulangeries (pour demain matin), deux bars, et même un kébab... le luxe ! Nous commençons donc par reprendre une bière, cette fois-ci juste tous les deux - petite pensée pour Étienne dans son train -, puis allons dîner d'un kébab sur une table de l'aire de jeux près du camping.
Par contre après ça, il ne reste plus grand chose à faire qu'à prendre une douche et se coucher... La nuit sera animée et musicale par les motards ! Au moins ils n'ont pas mauvais goût, ne font pas de karaoké, et ne se couchent pas trop tard... enfin, pour la plupart. Notre voisin ne s'est mis à ronfler que vers 5 heures du matin.
Les stats
> Étape : L'île Tudy - Concarneau - Rosporden - Scaër
> À vélo : 60 km jusqu'à Rosporden, en tout 77 km en 5h23 (soit 14,3 km/h)
> Camping de Kérisole
> On aime : l'accueil chaleureux, la tente-cuisine en libre accès pour les itinérants
> On regrette : la soirée motards