Journal de Bottes

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature (la suite).

mardi 25 juin 2019, 23:37

EV4 de Binic à Perros

La nuit a été pluvieuse, et ce matin nous sommes encore moins matinaux que ces derniers jours - il est presque 11 h quand nous quittons le camping ! Les australiens n'ont pas fait mieux, quant aux savoyards... nous les croisons au moment même où nous rejoignons l'EV4, à peine 200 m après avoir quitté le camping. Eux non plus ne font pas les fiers... mais aujourd'hui, leur objectif est Paimpol, deux fois moins loin que notre destination. Eux ont tout leur temps !... Nous les croiserons encore deux fois ce matin, et ensuite nos routes divergeront pour de bon.

La journée est aux dénivelés, qu'on se le dise ! Une belle descente vers Étables-sur-Mer, et nous longeons le bord de mer à Portrieux - petite pause devant la plage. Les nuages se lèvent un peu et laissent passer (enfin) le soleil après deux jours plutôt gris.

La côte à Portrieux

Ensuite, ça monte surtout, il me semble... même si ce n'est qu'une impression ! L'EV4 semble coller son parcours sur le « circuit des falaises de Plouha », dont nous aurions du prendre le temps de faire chaque détour vers les caps, mais seul Étienne a eu le courage d'en faire quelques uns. Du côté de Bréhec, nous faisons un petit crochet pour profiter d'un rare accès à la mer - d'ailleurs les touristes y affluent pour déjeuner. Nous rebroussons chemin et retrouvons Étienne juste à temps pour entamer une énorme montée - en fait, dès que j'ai lu le panneau « Route de la corniche », j'ai déchanté, posé pied à terre et poussé le vélo. La montée était raide et interminable ! Mais sans doute, elle valait le panorama.

La suite est plus tranquille : nous sommes sur les hauteurs et nous y restons ! Ce qui fait qu'on arrive à Paimpol vers 14h, pour un déjeuner pic-nic tardif sur une table de la base de loisirs de Poulafret. Nous en profitons même pour faire sécher au soleil quelques affaires qui sont humides depuis maintenant deux jours... faut que ça respire !

Reprise par le port de Paimpol, le dénivelé nous laisse tranquille, mais le passage du pont vers Lézardrieux n'est pas très agréable : pas de voie séparée pour les vélos, et trafic intense. L'EV4 passe dans le centre (désert ?) de la petite ville - dont la seule image que j'en garde est le bitume du sol devant l'église en train de fondre au soleil ! Chaleur... et puisque nous passons devant le cimetière de la ville, c'est l'occasion de se ravitailler en eau.

La campagne à nouveau, puis nous approchons d'un nouvel estuaire : dans la descente vers Tréguier, nous croisons des randonneurs qui poussent leur vélo chargé. Après le passage du pont Canada - dont on n'a pas remarqué que le large trottoir était réservé aux vélos -, nous arrivons dans la charmante petite ville de Tréguier. Une agréable surprise ! Maisons en torchis, rues piétonnes, cathédrale de St Tugdual... ah, voilà : nous sommes dans la capitale d'un des 9 évéchés historiques de Bretagne.

Tréguier

S'y trouve aussi la maison d'Ernest Renan, grand nom du XIXe. Nous aurions bien fait un arrêt culture et gastronomie (la place principale semblait prometteuse !). Malheureusement, n'ayant trouvé lors de la préparation du voyage aucun camping dans les environs, notre épopée du jour n'est pas terminée : nous reprenons la route. Nous traversons d'abord un nouvel estuaire sur une ancienne passerelle fraîchement rénovée, puis après une belle (mais brève) montée, nous rejoignons une voie verte qui semble être une ancienne voie de chemin de fer - droite, plate, parfaite. Cela ne dure jamais assez longtemps à notre goût, et nous retrouvons bientôt les routes des champs. Du côté de Trévou-Tréguignec, nous avons même droit à un tronçon boisé, gadoueux et pentu au possible ! Le chemin du Bois Riou débouche sur l'étang éponyme... et nous revoilà partis pour les ultimes km de la journée. Bien qu'on n'ait pas traîné en route, nous arrivons trop tard pour les horraires d'accueil du camping de Louannec - à 10 min près. Pas de problème : ils nous ont attribué notre emplacement par téléphone !

Une fois installés, c'est une petite déception qui nous attend : la crêperie toute proche est fermée pour congés. Zut ! Nous décidons de marcher jusqu'aux abords de Perros Guirec, où nous mangeons dans une brasserie correcte - on ne fera pas les fines bouches, nous sommes exténués.