Journal de Bottes

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature (la suite).

jeudi 10 juin 2021, 21:08

Vélodyssée - La baie

Après une telle étape, le moral est au plus haut pour attaquer une journée de vélo tourisme : la baie d'Arcachon, partie sud. Cela commence par une petite côte - histoire de ne pas oublier que la dune est encore toute proche ! Puis nous lâchons l'eurovélo pour suivre une piste locale qui suit le front de mer (très réussi dans la ville, avec vue sur la pelouse bien verte et la promenade des piétons), sinon nous n'aurions pas vu grand chose de la baie... En chemin, la jetée de la chapelle attire notre attention et nous offre un beau panorama.

Jetée de la chapelle

Jetée de la chapelle

Avant de repiquer vers la vélodyssée, au niveau de l'Aiguillon, on croise un Lidl - décidément - où je trouve une énorme salade coleslaw, un yaourt liquide, et quelques autres trucs caloriques à base de gras sucré ou de gras salé. La piste locale passe alors à travers des prés salés tellement bien aménagés pour la promenade, que nous tentons un détour pour trouver une aire de pique-nique du côté de la baie - ce sera peine perdue, mais cela nous permet de revenir par une rue bordée d'un côté de mini restaurants de mareyeurs, et de l'autre par leurs bateaux posés indolents sur la boue limoneuse du chenal, en attente de la prochaine marée.

C'est charmant mais les huîtres c'est pas pour nous, et on a vraiment besoin de poser nos fesses ailleurs que sur une selle. Nous poussons un peu plus loin, la piste longe maintenant une voie très passante qui nous fait passer au-dessus du chemin de fer - et hop, une petite côte - et au rond point suivant, nous repérons un mini parc de ville un peu moisi mais qui nous offre un banc à l'ombre. Pas glamour, mais suffisant dans notre état : déjeuner avec vue sur l'avenue Charles de Gaule. Cela ne nous empêche pas d'apprécier la fraîcheur des produits sortis tout récemment des frigos (un luxe qu'on avait oublié) et le bon goût des fraises Cléry en dessert - on claque la barquette de 500 g en un temps record.

Nous reprenons la route en suivant la même avenue, puis la piste locale s'en éloigne pour traverser un espace vert, et déboucher sur... des toilettes publiques : bonheur. Cependant, la piste est barrée par d'imposants travaux. J'en discute avec un vieux monsieur qui promène son chien, il nous conseille de reprendre la grosse avenue jusqu'au 4e rond point où nous pourrons alors suivre la route des lacs et retrouver l'eurovélo. Ses indications étaient justes, et nous retrouvons la trace : elle serpente de zones boisées en zones résidentielles. À la sortie du Teich, ma trace indique que nous devons remonter plein nord, mais la piste qui descend plein sud nous fait envie - histoire de sortir plus vite de cette zone d'habitation trop dense. Après une rapide confirmation sur OSMand, nous nous engageons sur la route de Balanos, qui nous fait longer le lac de l'Escarret. La piste s'arrête là, mais ce n'est pas un problème : la petite route qui nous ramène vers Mios n'est pas très courue. Nous prenons une pause sur un banc installé à un carrefour du Petit Caudos. Sur le panneau d'affichage, le compte-rendu des réunions municipales nous apprend que le budget aloué à la réfection des routes ne permet pas de les remettre en état : elles se dégradent plus vite qu'elles ne sont réparées, au grand dam des habitants - il faut dire qu'effectivement, l'état de délabrement des routes ne correspond pas au standing des grandes maisons bien proprettes et aux jardins bien entretenus du coin.

À Mios nous rejoignons non plus la vélodyssée, mais une portion du « tour de la Gironde » qui suit une ancienne voie ferrée. Pour ce soir, nous faisons halte sur ce chemin, à Salles. Nous traversons le centre du village à vélo, puis l'Eyre et arrivons au camping Parc du Val de l'Eyre. L'accueil est sympa, et quand je demande s'il y a une table de pique-nique pour grignoter ce soir, on me propose même de nous amener une table et des chaises là où nous aurons planté la tente ! Nous allons donc choisir notre emplacement : il fait chaud, alors nous plantons sous l'ombre d'un arbre, pas très loin d'une autre tente accompagnée de deux vélos et d'un fil où sèche plusieurs linges... Les paris vont bon train pour savoir qui sont ces randonneurs en fonction de leur équipement - sacoches à fleurs d'un côté, c'est un couple. Tente quechua, ils ne sont pas VUL ! Bouteilles plastiques recouvertes de film isolant multicouche, du scotch et des colliers de serrage pour maintenir les porte-bidons sur les fourches avant, ce sont des débrouillards ! Ils nous plaisent déjà.

En attendant, nous plantons la tente, prenons une douche (tiède), et partons faire un tour dans le village : après l'avoir parcouru dans tous les sens, nous trouvons enfin un bar avec terrasse où boire une bière. Sur le chemin du retour, à 100 m du camping, nous trouvons au carrefour market de quoi manger ce soir et au petit déj - il ne reste plus qu'à glisser les pieds sous notre table. C'est alors que nous rencontrons, assis sur des nattes de plage, nos voisins de retour eux ausi à leur emplacement. Bretons (ça on savait grâce aux autocollants 56 placardés sur leurs garde-boues), jeunes retraités actifs, installés à Josselin, ils sont partis en vadrouille depuis que c'est autorisé : dès le 5 mai ! via la Loire et la ViaRhôna, sont descendus en Espagne par la V8 (une forte pente caillasse, « ça ne rigole pas là bas »), et ont rebouclé par le canal du midi (la route est défoncée, « on faisait moins de 40 km par jour, un enfer » - je note !), et remontent maintenant par l'ouest jusque chez eux. Ça c'est du tour ! Ils font une centaine de kilomètres par jour... le long des canaux, cela nous semble accessible. Ailleurs... bravo !

Après dîner, difficile de rester longtemps dehors : ce camping de pêcheurs est entouré de pièces d'eau, et les moustiques ont tôt fait de vouloir nous bouffer tout crus. J'en écrase un, mais le score est déjà de 3-1 en leur faveur... c'est le moment de se glisser sous la moustiquaire de la tente. Nous les entendrons tourner autour de nous toute la nuit - sans qu'ils puissent nous atteindre.

Les stats !

> Étape Dune du Pilat - Salles 
> À vélo : 54 km en 3h43 (soit 14,5 km/h) 
> Camping Parc du Val de l'Eyre
> On aime : l'accueil génial avec prêt de table et chaises, le bar et les commerces à proximité, le PQ à l'entrée des toilettes 
> On regrette : les moustiques