Journal de Bottes

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature (la suite).

mardi 8 juin 2021, 21:17

Vélodyssée - Surprise du soir

Depuis hier soir, nous sommes dans une zone de vacances de mini-Flo : nous sommes quelques fois aux vacances de Pâques venus en famille dans un village vacances près de Léon. J'en ai des souvenirs de pinèdes, d'accent toulousain, et de chutes à vélo - dont une particulièrement mémorable dans la forêt avec papa sur le retour de Moliets, justement, et l'autre sur des gravillons près de l'église de Léon.

Léon, nous y passons ! Nous y trouvons même un petit marché, l'occasion d'acheter pour ce midi du pain frais et de la charcuterie basque. Nous y recroisons la famille bivouac, les gamines débordantes d'énergie ont visiblement très bien récupéré de leur étape de la veille - bien mieux que les parents ! La piste contourne le lac de Léon, qu'on ne verra pas - avant de repiquer vers le littoral. C'est parti pour une remontée vers le nord sans rien d'autre à voir que des pins, et parfois un accès à une plage. Nous faisons halte à celle de Saint Girons, où les dernières bicoques, construites sur la dune, donnent l'impression de s'enfoncer dans le sable. L'ambiance générale en cette période de pré-saison fait penser à un village abandonné depuis bien longtemps...

Les vélos en pause

Puis arrêt à celle du Cap de L'Homy dont l'accès se résume à un immense parking placé directement sur la dune. L'endroit offre cependant une belle aire de pique-nique abritée du soleil par des pins : c'est là que nous prenons la pause déjeuner et remontons Hubba : ce matin, nous l'avons repliée encore mouillée par la condensation nocturne, or il n'est pas question de laisser moisir notre tente chérie dans son jus !

À proximité de Mimizan - très exactement à la plage de l'Especier - Antoine me signale que mon bermuda est déchiré... pas classe ! Comme nous voyageons ultra-léger, je n'ai pas prévu d'autre tenue pour pédaler. Une petite recherche sur internet nous indique un Lidl à Aureilhan : nous ferons donc un détour pour tenter d'y trouver un pantalon en lin pas cher et à ma taille. Il faudra un peu de chance, car ils étaient en vente la semaine précédente, il s'agit donc de parier sur les invendus... Nous nous éloignons de la trace GPX pour suivre une piste cyclable locale. Après être passés près d'une usine à papier où d'immenses tas de sciure attendent d'être transformés, et de quelques autres activités industrieuses situées dans des zones peu hospitalières pour les vélos touristes, nous voici enfin chez Lidl - ce qui nous donne l'idée d'un nouveau périple : le tour des Lidl de France ! J'en ressors en tout cas avec de quoi manger, et BANCO : le pantallon, effectivement invendu et soldé à 7 €. Il ne restait que celui-là et un 44.

Reste maintenant à rejoindre le camping. Celui que j'avais choisi est un peu dans la pampa, mais c'était un moindre mal par rapport à ceux situés sur l'océan, et ceux sur le lac de Ste Eulalie, qui auraient allongé un peu trop l'étape. Après une dizaine de km pédalés à un rythme soutenu, nous voici donc au camping Las Chancas. Indiqué ouvert à l'année sur leur site web, et « campable », je ne les ai sans doute pas appelés - erreur ! Nous arrivons à 18h30, juste à la fermeture de l'accueil, mais un n° de téléphone est indiqué. J'appelle, ça sonne, et à ce moment une femme arrive en voiture près de la barrière : c'est elle que j'appelle ! Elle nous indique cependant que les tentes ne sont pas acceptées... Ils ont fermé les blocs... sanitaires pour cause de crise... sanitaire en 2020, et ne les ont pas rouverts. L'excuse est un peu limite - vu que tous les autres campings proposent des blocs sanitaires, mais voilà : maintenant, ils ne font que louer des mobil homes et des chalets. Vous dépenserez bien 70 € pour un mobil home, non ?

Non, et d'ailleurs nous sommes un tantinet fatigués - à ce niveau de fatigue là où j'ai tendance à devenir moins polie : Las Chancas, qu'ils aillent se faire voir. Il nous faut donc d'urgence un plan B et OSMand va nous le trouver fissa. Vu l'heure tardive, j'appelle le camping suivant pour sécuriser notre arrivée : nous visons le camping municipal de Ste Eulalie en Born, situé exactement sur le tracé de l'EuroVélo. Au téléphone, l'accueil est charmant, et on nous propose gentiment de nous installer même en leur absence et de régler le lendemain matin. Nous voici repartis pour 10 km de vélos... pédalés à vitesse éclair, malgré la fatigue. Nous arrivons ric rac pour croiser la gérante, qui est en train de fermer le bureau : à défaut d'inscription, je lui remets ma carte d'identité comme garantie. Il ne reste plus qu'à s'installer où on veut dans le camping : ce sera pas trop loin du bloc sanitaire, près d'un jeune artiste peintre qui dort dans un partner aménagé, et d'un vieux couple dans une caravane vintage du même âge. Un peu plus loin, un cyclo a planté sa tente Vaude et fait sécher sa serviette sur son vélo... L'ambiance est détendue, il y a de la place et des arbres, tout est cool.

Le temps de planter la tente, et nous filons au resto-bar du camping pour siroter un bière - c'est contre les crampes, et c'est bon pour la récup... m'enfin, c'est ce qu'on dit. :-) Nous enchaînons par un pique-nique au soleil du soir près du lac : une aire située à 50 m du camping nous permet de manger assis, tranquillous, détendus. Reste plus qu'à prendre une douche, charger un peu le téléphone aux prises des lavabos, et dodo.

Les stats !

> Étape Moliets - Ste Eulalie en Born 
> À vélo : 90 km en 5h40 (soit 16 km/h)
> Camping Municipal de Ste Eulalie en Borne 
> On aime : l'excellent accueil, l'emplacement près de l'EuroVélo, le resto bar, les tables de pique-nique près du lac, le calme, les arbres 
> On regrette : l'eau tiède des douches, l'absence de PQ