Journal de Bottes

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature (la suite).

mercredi 9 juin 2021, 21:12

Vélodyssée - Au summum

L'excellente soirée étape n'a pas réussi à effacer complètement les 90 km de la veille - nous nous levons ce matin un peu rouillés ! À l'accueil, nous discutons un peu de nos incompréhensions : un camping peut-il s'appeler camping s'il n'accepte pas les tentes ? Oui ! Reste-t-il encore quelques campings municipaux ? Quasiment aucun sur la zone, ils ont tous été placés en gérance - la faute peut-être aux normes qui deviennent de plus en plus complexes. La piscine est-elle un critère pour gagner des étoiles ? Non : elle est obligatoire pour obtenir la 5e, mais ne joue pas avant. Mais quels critères alors permettent d'obtenir les étoiles ?! Réponse : environ 250 !... Voilà pourquoi il est bien difficile de savoir la qualité d'un camping, et qu'on puisse trouver plus de services adaptés aux itinérants dans un 2 étoiles que dans un 4 étoiles... puisque vous n'avez aucun intérêt pour l'aire de jeux pour bambins, ni pour l'animation toutouyoutou du matin !

Nous voilà donc repartis. Trois kilomètres plus loin, qui croisons-nous sur notre chemin ?... La dame de l'accueil du camping, qui est venue en voiture nous intercepter : j'avais oublié de récupérer ma carte d'identité ! Si c'est pas de sens du service, je ne sais pas ce que c'est... Ce camping là, rien que pour l'accueil, je lui en mets 10, des étoiles !

La piste continue le long du lac, mais côté champs et pinèdes. Nous passons près de Parentis-en-Born sans rien en voir, puis la piste longe une départementale - un tronçon complètement sans intérêt, mais qui permet de rejoindre Biscarosse sans se faire renverser, c'est toujours ça. Dans la ville, c'est un jeu de piste : plutôt que de mettre les habituelles (et normées) pancartes vélo vert et blanc explicites, il faut suivre des petits carrés métalliques d'à peine 10 cm de côté et rivés au sol tous les deux mètres. Autant dire qu'on joue au petit poucet, et que les autres utilisateurs de l'espace public n'ont aucune idée que des véloteurs au long court risquent de passer par milliers dans le coin chaque été. En voilà une autre interrogation : pourquoi chaque agglomération gère-t-elle différemment les parcours cyclistes ?

Nous voici maintenant le long du canal transaquitain - c'est ombragé et agréable, quelques bancs et une table de pique-nique invitent clairement à prendre la pause de la matinée. Nous engloutissons quelques pâtes de fruits. Plus loin, nous longeons l'étang de Cazaux et Sanguinet - l'endroit est spacieux, mais les tables de pique-nique sont presque toutes au soleil ! Nous manquons notre chance, et quittons le lac sans avoir trouvé notre bonheur, alors que la chaleur de midi commence à entamer nos forces. C'est pas de bol, parce que la piste monte droit dans la côte : elle se transforme en montagnes russes dans la pinède ! Nous croisons beaucoup de cyclistes, et ceux équipés de « musculaires » n'ont pas l'air très frais. Pourtant, les descentes rafraîchissent (la dernière indique une pente à 10%), mais pas assez pour compenser l'effort des montées !... Nous devront même mettre pied à terre et pousser les vélos pour la pire d'entre elles (aucun panneau n'ose indiquer la pente). À cet instant, en sueur et complètement à bout, l'envie d'envoyer tout balader n'est pas loin... Heureusement, ce bucolique petit tronçon infernal de 5 km prend fin et débouche sur une aire de pique nique : sans hésitation aucune, c'est là qu'on s'arrête !

Biscarosse Plage

Après avoir déjeuné et roupillé (et pissé dans les bois), nouvelle pause à Biscarosse-Plage, toute proche. C'est moche et anonyme comme il faut, autant dire que nous ne sommes pas séduits par les stations balnéaires et que celle-ci est en bonne place pour remporter le prix parmi les pires. Nous posons les vélos et marchons un peu sur la balade du front de mer (ça c'est beau), puis remontons l'avenue de la Plage, où trois glaciers identiques (si ce n'est la couleur de la devanture) proposent les mêmes parfums aux prix identiques. Notre choix s'arrêtera finalement sur le 4e glacier identique situé tout au bout de l'avenue, dans une cahute qui rapelle la fête à neuneu. Ambiance ! La glace chocolat pimenté est malgré tout la bienvenue, et même bonne. Quelques courses rapides dans un petit Leclerc croisé sur notre route, et nous retrouvons la piste : encore 20 km avant d'arriver à la dune du Pilat. Les derniers kilomètres nous réservent deux belles côtes, que nous grimpons sans problèmes - l'effet glace ?

Le camping Yelloh Panorama du Pyla est une machine de guerre : immense, rempli de campers étrangers et avec piscine. Mais l'accueil y est cordial, le tarif correct, et en plus, c'est grand luxe : supérette à l'intérieur (hop hop, par ici les bières fraîches), et tenez vous bien, vue panoramique sur mer depuis notre emplacement ! Il porte décidément bien son nom. Après avoir déniché un petit emplacement encadré de haies et planté la tente, nous descendons vers la dune - accès direct, s'il vous plaît - pour découvrir des dizaines de parapentes en train de s'élancer... d'ailleurs, de nombreux campeurs ne semblent là que pour venir pratiquer sur ce spot.

Parapentes à la dune du Pilat

Le camping est situé sur la dune, juste avant la partie la plus haute où les visiteurs montent : c'est un accès idéal pour les parapenteurs, qui justifie sa fréquentation. Quant à moi, je descends jusqu'à l'océan, histoire de me baigner un peu dans l'eau glacée - hey oui, malgré la chaleur ce n'est pas encore l'été ! Le temps de sécher, et il faut tout remonter - après une journée de vélo, c'est une bonne expérience maso ! Une douche bien chaude (labelisée flomard) permet de s'en remettre. Surprise, nous avons maintenant des voisins : sur la partie accessible de notre emplacement, un camper allemand s'est installé. Après tout, c'est eux les plus dérangés : nous passerons devant eux quelques fois ce soir.

La tente et les vélos

Grand luxe, la suite : dîner en terrasse face à l'océan - grâce à quelques bancs qui permettent d'admirer le panorama depuis le camping... un parapentiste retardataire décolera même de cette petite plateforme, juste derrière nous ! Au menu ce soir, taboulé maison - pour cuire la semoule, nous avons réduit le stove à sa plus simple expression (seulement ce qui reste de la boîte de conserve de thon placée en haut), et utilisons, tout comme en Bretagne mais pour d'autres raisons (bois mouillé vs feux de bois interdits...), des recharges de combustible en gel pour poellon à fondue (importés directement de la Migros de Valorbe). On ne se refuse rien !

Après une dernière balade, nous ne manquons rien ce soir du coucher de soleil sur l'océan... Vraiment un bel endroit pour qui a des jambes !

Coucher de soleil

Les stats !

> Étape Ste Eulalie en Born - Dune du Pilat 
> À vélo : 63 km en 4h19 (soit 14,6 km/h) 
> Camping Panorama du Pyla 
> On aime : les haies, l'accès direct à la dune et la plage, les bancs avec vue de ouf, l'eau chaude (label flomard) 
> On regrette : rien !!!