Journal de Bottes

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature (la suite).

dimanche 13 juin 2021, 21:17

Vélodyssée - La sortie du dimanche

La semaine dernière, Vincent m'avait suggéré de ne pas rejoindre la baie d'Arcachon par le sud, mais de partir directement vers Lacanau en suivant une cyclable. C'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde, surtout avec cette chaleur, et nous nous sommes décidés à revoir la trace GPX du jour : exit les presque 100 km prévus pour recoller l'EuroVélo là où nous l'avions laissée vendredi, et place à un direct vers Lacanau. Le plus délicat : rejoindre la cyclable. Finalement, cela s'est fait plutôt facilement, avec un tracé pas glamour qui longe des voies rapides et passantes bien qu'on soit dimanche, mais heureusement protégé à 90% sur pistes cyclables séparées des véhicules motorisés.

C'est à Saint-Médard-en-Jalles que nous faisons la jonction avec la piste de la journée. Nous la suivons quelques kilomètres avant de prendre une pause, grignotter, et décider qu'après tout, il est sans doute encore assez tôt ce dimanche matin pour trouver un commerce ouvert et ajouter quelques extras au pudding cuisiné pour nous par Vincent (très bien d'ailleurs, le pudding, encore un truc à caler un ventre de sportif !). Marche arrière, nous revenons sur nos pas sur quelques kilomètres pour trouver peut-être un Lidl... non, un Aldi, et repartir avec de quoi tenir jusqu'au lendemain matin - cela s'avèrera un choix judicieux.

Il fait très chaud aujourd'hui, mais nous croisons et dépassons quelques véloteurs du dimanche, certains en mode route et rapides, d'autres en mode détendu et balade. Nous prenons la pause déjeuner à Salaunes, où une aire bien équipée et ombragée nous accueille et fournit même l'eau fraîche. Une seconde pause s'impose dans l'après-midi à Saumos, heureusement un second point d'eau permet de se désaltérer - nous ne sommes pas seuls à tourner autour du point d'eau : tout le monde a chaud. Plus qu'une dizaine de kilomètres et nous sommes à Lacanau, côté lac : le port est mignon, nous prenons une pause sucre sur un banc. Les quinze kilomètres suivants nous semblent par contre interminables : il est grand temps d'arriver ! Les vélos se multiplient, des vieux en électrique nous doublent sans forcer ni nous adresser la parole, le cul vissé bien droit sur leur selle, alors que les gamins et les ados sont souriants, polis et nous disent spontanément bonjour. Sur les routes autour de nous, les voitures bouchonnent pour rentrer à la ville... ambiance de fin de week end.

À presque 18h et bien fatigués, nous arrivons au « Camping & Spa Airotel l'Océan » - rien que le nom est tout un programme. Face à la réception, un Spar - chouette, cela signifie « bières pour la soirée ». À la réception, nous gagnons notre 3e bracelet « village vacances », un vrai bonheur - nous aimerions en avoir eu un à chaque étape pour finir le parcours avec 15 bracelets accrochés au poignet, comme autant de trophées ! Par contre, on me dit que la piscine ferme à 18h30... ARGH. Sitôt payé, nous garons nos vélos et les cadenassons directement au n° de l'emplacement qu'on nous a attribué dans une zone visiblement réservée aux tentes (avec vue sur cimetière !), sortons les maillots de bain du paquetage et filons vers la piscine. Surprise (ou demi-surprise), les mesures débiles du COVID sont passées par là : les vestiaires sont fermés. Comme d'autres, nous nous changeons donc dans les toilettes... et zou, à l'eau dans une piscine . Nous avons à peine eu le temps de faire un tour du « lagon » et du « parcours rivière » que le maître-nageur - qui regardait impatiemment sa montre toutes les 10 secondes, alors on l'a vu venir - a siflé trois fois la fin des festivités... et hop, tout le monde dehors ! Baignade de 3 minutes montre en main... un peu court, mais suffisant pour redescendre en température.

Suite à quoi nous avons repris nos habitudes : montage de la tente, installation des matelas, sacoches sous le double toit... Une douche (tiède) plus loin, propres et un snack salé en poche, nous sommes entrés juste à temps à la supérette avant qu'elle ne ferme. « Je crois que nous sommes vos derniers clients !

  • ah, j'aime bien quand j'en suis aux derniers...
  • c'est pour ça qu'on vient en dernier, comme ça vous nous aimez bien direct ! »
    Du coup on a taillé la bavette avec la caissière. En l'absence de toute aire pique-nique dans le camping - pensé exclusivement pour les pétro-nomades qui débarquent avec tout l'attirail, tables, chaises, réchaud et tout -, nous avons déniché une table dans le parking juste en face sur les conseils de la réception... Après un apéro bière, nous avons poussé jusqu'à la plage, puis longé tout le front de mer de Lacanau-Océan, dans l'espoir de manger un fish and chips - mais soit les restos étaient bondés avec file d'attente, soit l'ambiance sonore gueularde nous ont poussé à passer notre chemin jusqu'à finalement se retrouver à nouveau... au camping. Heureusement, nous n'étions pas dépourvu : nous avons même cuisiné à coup de gel réchaud-fondue, pour une salade à base de semoule et raisins secs. Comme quoi, c'est toujours utile d'avoir de quoi ne pas mourrir de faim...

Nous sommes ensuite retournés à la plage, d'où le soleil avait déjà disparu. L'ambiance avait changé : une lumière crépusculaire, la fraîcheur humide de la brume, plus que deux surfeurs dans l'eau, un couple endormi sur le sable, et quelques retardataires en train de quitter la plage...

Coucher de soleil à Lacanau-Océan

Et sinon, impossible de charger son portable dans le bloc sanitaire : pas une seule prise aux lavabos, et celles qui semblent accessibles dans l'espace publique sont disjonctées. Heureusement, il me reste assez de batterie pour tenir le lendemain...

Les stats !

> Étape Pessac - Lacanau-Océan 
> À vélo : 75 km en 4h20 (soit 17,3 km/h) 
> Camping & Spa Airotel l'Océan
> On aime : le bracelet club vacances, la supérette à l'entrée du camping, le gardien la nuit 
> On regrette : la piscine qui ferme trop tôt, pas de prise électrique dans les sanitaires, 4 étoiles mais toujours pas de PQ, ...