Journal de Bottes

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature (la suite).

lundi 3 juil. 2023, 19:12

Quib'5 - étape de Rohan

Lundi. Aujourd'hui non seulement la journée prévue n'est pas longue, mais en plus elle est 100 % le long des canaux, donc facile à rouler. Nous quittons sans se presser le camping, et petit déjeunons à la première écluse venue. Le soleil semble décidé à briller, ça nous change et franchement ça fait plaisir !

Écluse

Écluse

Les km s'enchaînent ensuite, et se ressemblent, sans que ce soit déplaisant, car le cadre est plutôt beau pour un canal : les abords sont vallonnés, couverts d'arbres, et la lumière est belle. Juste avant St Nicolas des Eaux, une chapelle sur l'autre rive illustre brillamment le côté un peu féérique de l'endroit.

Chapelle

St Nicolas justement, se présente à nous essentiellement comme une base de loisirs, et puisque qu'elle propose des tables, nous y prenons une pause. La route reprend, et suit les sillons du canal qui n'a ici rien de linéaire. Le ciel est chargé de nuages menaçant mais se maintient, avant de virer définitivement aujourd'hui au beau et chaud. À la densification et la mochisation, se reconnaît l'approche d'une ville : nous voici à Pontivy. Nous connaissons et reconnaissons les lieux : direction le Super U du centre ville, et même je sais exactement quoi y acheter : des saucissons sans nitrites de la charcuterie des druides, découverts ici même lors de notre précédent voyage.

Panneau

À la sortie de Pontivy, nous avisons un banc loin du bruit des voitures pour y prendre notre déjeuner, mais il n'est pas situé assez loin de la civilisation et des clébards et de leurs propriétaires : c'est en fait un véritable crottoir et ça pue la merde. On détale en vitesse, et on ajoute quelques km pour s'assurer que le banc avec vue sur l'écluse qu'on vient de choisir est assez distante pour ne pas être fréquentée par ces emmerdeurs.

Les étangs Roz

Plus tard et plus loin dans l'après-midi, nous atteignons un lieu insolite du canal : les étangs du Roz, une succession de bassins qui alimentent le canal en eau, tous munis d'une écluse en entrée et en sortie. Quelques km plus loin, et nous croisons la rigole d'Hilvern, qui alimentait le canal en eau. D'ailleurs à partir de là, rebelotte : succession d'étangs, mais dans l'autre sens de la pente - tout à l'heure ça montait, maintenant, on descend !

Rohan

Nous avons bien roulé, et après avoir passé le tout petit port de St Samson, nous atteignons celui beaucoup plus important de Rohan - notre destination pour aujourd'hui, bien qu'il ne soit même pas trois heures. L'accueil du camping n'est pas encore ouvert, mais nous sommes invités à nous installer où ça nous chante. Régularisation de la situation réalisée, nous faisons quelques courses et même un peu de tourisme - allez, disons une promenade.

Après la douche, nous dînons dans le parc situé juste en face du camping, de l'autre côté du canal. Cette petite ville est décidément un bon choix d'étape.

64 km en 4h12
370 m de dénivelé positif

dimanche 2 juil. 2023, 19:12

Quib'4 - les canaux de Baud

Dimanche. Après un samedi entre amis, balades, repas, et même jeux de cartes, nous voici à nouveau sur la route. Le soleil, après de belles apparitions la veille (ce qui nous a presque valu des coups de soleil), s'est à nouveau caché derrière les nuages. Le chemin pour quitter Quiberon nous est désormais familier (la seule chose qui nous surprend est le nombre de vélos qu'on croise, tous ces gens qui viennent passer leur dimanche sur la presqu'île), et même celui qui nous ramène à Erdeven. Histoire de ne pas prendre de risques, nous y faisons quelques courses, car dans quelques heures, vu que nous sommes dimanche, tout sera fermé.

Le tracé nous balade ensuite dans la campagne et ses routes tranquilles - surtout un dimanche. La ville se resserre et s'enlaidit du côté de Pont-Lorois où nous traversons la rivière d'Etel - et comme toute traversée à vélo, c'est toujours un peu l'aventure, surtout en fonction des infrastructures, selon qu'elles ont été plus ou moins bien adaptées au vélo. Ici c'est pas trop mal, ça passe !

L'heure de la pause déj approche, et bien qu'ait passé quelques bancs avec vue, nous n'avons pas pensé à nous arrêter. La carto embarquée nous permet de repérer un site prometteur : une petite église (chapelle ?) perdue dans la campagne, pas trop loin de notre route, et où une table est signalée. Adjugé ! Nous déjeunons donc à la Chapelle Saint-Cornély.

Après manger, il fait toujours aussi moche, presque froid même, et nous parcourons la grosse dizaine de km qui nous sépare de Hénnebon avec un peu de difficulté malgré une campagne plutôt jolie - les côtes y sont sans doute pour quelque chose, le temps et le moral aussi ! À Hénnebont, nous visitons un peu le centre - l'intérieur de la basilique ND du Paradis (!) et une simple vue sur la tour Nicolas. Une pause près du canal que nous venons de rejoindre, puis c'est parti à un bon rythme : nous finirons la journée sur cette piste presque plate qu'est le chemin de halage.

Les km s'enchaînent assez rapidement, sur notre chemin des écluses, quelques usines endormies (d'anciennes minoteries ?), et même des plantations de thé (surprenant !). De loin en loin, surtout aux abords des villes et villages, quelques promeneurs du dimanche que nous essayons de ne pas effrayer en ralentissant et en sonnant à leur approche. Vers la fin de notre parcours du jour, à l'écluse de Minazen, nous prenons une pause inoppinée : un bar en plein air rassemble une foule bigarée, qui écoute plus ou moins un trio aux sonorités rasta-rock (si tant est que ce style musical existe). Les chansons sont engagées, les gars se débrouillent plutôt bien, mais comme d'habitude c'est la sonorisation qui pêche et finit par faire mal aux oreilles (tu joues fort...).

Plus que quelques km et nous voici dans un des camping les plus paumés du monde : celui de Pont-Augan. Excellent ! Situé le long du canal, pas un bruit de voiture, plusieurs cyclo-randonneurs déjà installés, un bloc sanitaire correct (même si quelques degrés n'auraient pas manqué à l'eau chaude...), c'est quasiment idéal (NDLR : on ne trouvera plus calme qu'en Charente, au Camping de Magnerit, à Aunac).

Installation, douche, repas, promenade, discussions, ... de quoi faire une bonne soirée malgré le temps maussade.

74 km en 4h28
360 m de dénivelé positif

vendredi 30 juin 2023, 19:12

Quib'3 - St Pierre de Quiberon

Vendredi. Temps maussade ce matin. Nous mettons les voiles sans se presser pour aller petit déjeuner face à la mer, qui est à nouveau basse, voire encore plus basse.

la baie à marée basse

Le premier patelin qu'on traverse est Baden, mais il ne me laisse pas de grands souvenirs à part peut-être des travaux dans le centre ? Bref, on passe. Quelques minutes de voies secondaires, et nous voici réduits à longer une départementale sur une piste cyclable qui lui est accolée. Une voie "rapide" donc, où l'on se fait doubler par une trottinette électrique. Tout ça nous amène au Bono où on traverse la rivière éponyme sur un vieux pont suspendu, c'est coquet malgré le ciel gris.

Le pont du Bono

La piste cyclo rapide reprend, signe qu'on s'approche d'une agglomération... voilà, on passe sous la N165 et nous voici dans les abords de Auray. Moment que le ciel attendait pour ouvrir les vannes. Nos velléités de visiter cette ville charmante se trouvent saucées : nous passons une bonne heure si ce n'est pas plus à Auray, oui, mais essentiellement à attendre que la pluie s'arrête ou au moins fasse mine de ralentir ! Quand c'est enfin le cas, nous n'avons plus le coeur à visiter : ce sera pour une prochaine fois. Nous avisons le premier Carrouf venu et faisons quelques courses... le temps de revenir avec quelques victuailles en main, je découvre qu'un vigile essaie de nous dégager, nous et nos vélos. Antoine est déjà en train de lui casser les pieds avec des répliques imparables, je viens juste achever de dépiter le gars : eh oui, nous sommes clients. Il n'insiste pas, et nous non plus puisque nous n'avons plus rien à faire là.

Après un bout de boulevard, nous voici enfin sortis de la ville. La pluie est en pause mais le ciel n'est pas plus clair pour autant. Ce n'est qu'après avoir pédalé une bonne dizaine de kilomètres qu'on trouve notre Graal : juste en sortie de Ploermel, un petit parc de loisirs équipé de tables et accessoirement de jeux pour enfants. Dans ce grand espace naturel, une seule autre personne : une femme qui fait jouer ses deux chiens dans la pièce d'eau. L'endroit rêvé pour déjeuner !

Après quelques km dans la campagne, nous voici - et sous la pluie ! - à nouveau en train de longer une départementale. Le fait que la piste soit protégée (encore heureux) ne change pas grand chose : c'est chiant et moche. Après 5 km de ça, une pause à Erdeven est nécessaire. Le tracé ensuite passe essentiellement par le réseau secondaire, si ce n'est qu'on sent ici l'influence balnéaire - jusque dans sa version dégriffée : des rues entières de mobiles homes privés...

Penthièvre

Nous voici en terres connues : nous entrons sur la presqu'île de Quiberon. Nous prenons notre temps, car la non-visite d'Auray nous a mis en avance. À seulement un an d'intervalle, quelques petites choses ont changé, le revêtement s'est parfois amélioré, la piste qui était en chantier est terminée... par contre les paysages sont à l'identique, et toujours aussi beaux.

Cette année, nous avons enfin réussi à nous synchroniser : nous passons la soirée, et même le lendemain samedi, chez des amis. Et ça, c'est la meilleure partie de la boucle !

St Pierre de Quib'

48 km prévus qui deviennent 65 km en 5h
200 m de dénivelé positif

jeudi 29 juin 2023, 19:12

Quib'2 - via Vannes jusqu'à Larmor-Baden

Jeudi. La voisine vélo-randonneuse a beau être en voiture aujourd'hui, elle a déjà mis les voiles. Nous sommes moins sérieux et moins pressés... on prend même le petit déjeuner sur une des tables du camping - au cas où. C'est parti ! Le temps est gris, la marée basse, et le barrage un tantinet tristounet.

Arzal

Le tracé nous fait remonter vers Arzal puis bifurquer plein ouest, on sent qu'aujourd'hui il va y avoir quelques côtes sur notre chemin. Pour l'instant, on traverse un peu « nowhereland » avec beaucoup de campagne, quelques fermes qui puent la merde (du cochon sans doute) même si près de la mer, et parfois quelques ilots de coqueterie, comme des maisons à toit de chaume ou de vieux fournils - dont le bâti diffère du nôtre : ici, on se contente d'une simple voûte avec un tumulus.

Fournil

Du côté de Billiers, nous prenons une première pause brownie (l'énergie des randonneurs musculaires...) dans une zone dédiée au sport, mais uniquement pour les jeunes. Et zut, pourquoi faut-il avoir moins de 14 ans pour jouer ? Bref. Petit tour par Muzillac, où une voiture nous double alors que visiblement il n'y a pas la place, et de manière très prévisible me fait une queue de poisson pour éviter de percuter la voiture face à elle.

Marais

À partir de là, une véloroute en site propre a été aménagée, et vu l'incident (l'accident ?) qui vient d'être évité, c'est pas plus mal. La voie sécurisée dépasse Ambon, et débouche dans un marais (plutôt sec en ce moment) où visiblement la piste se pratique une bonne partie de l'année en mode boueux. Pour pallier aux irrégularités ou plutôt aux troux béants de la route, des copeaux de bois ont été copieusement déversés. Solution tout à fait inhabituelle et j'aurais même dis étrange... d'ailleurs à la sortie du passage, des VTTistes qui viennent d'arriver nous demandent si nous avons trouvé la chose praticable. CQFD ?

Encore un peu de campagne, cette fois-ci sur route, et parfois à proximité de champs de pommiers... garnis de tuyaux d'arrosage ! Surzur est atteint et dépassé sans s'arrêter, et après quelques km nous reconnaissons une autre zone déjà traversée dans le passé : la littorale qui passe par St Armel. Cette année nous bifurquons en direction du « passage », c'est-à-dire là où nous allons pouvoir traverser vers Vannes. En attendant, c'est l'heure de déjeuner, et nous nous installons sur une aire de pique nique déjà prise d'assault par deux ou trois bataillons de caristes qui se connaissent. L'occasion bien involontaire de faire un peu de sociologie !

Après quoi nous allons attendre le passeur (la passeuse, en fait) au passage. Une dizaine de personnes toutes équipées d'un vélo attendent avec nous que la navette reprenne du service après la pause déj. Au moment de charger, deux gars font le forcing et passent devant un groupe de vieux. Deux cons ou deux petits malins qui ont eux aussi attendu, mais juste en étant mieux installés (c'est-à-dire au café un peu plus loin) ? Va savoir...

Le Passage de Saint Armel

La traversée est brève. De retour sur le plancher des vaches, le tracé suit un temps le golfe puis s'enfonce vers Vannes - tout de suite c'est moins mignon. Une zone d'activité, un tunnel pour passer l'estuaire de la rivière, le trafic, tout cela ne donne pas envie d'en savoir plus de Vannes, en tout cas pas cette fois-ci. D'autant plus que le soleil est de sortie, et il ne faut pas attendre longtemps pour que ça chauffe ! Nous poursuivons sans chercher à rejoindre le centre. En sortie de ville, notre tracé semble marqué pour un marathon, ou une course, disons. Effectivement, nous avons emprunté sur quelques centaines de mètres, un tronçon de l'ultra-trail marin qui fait... 185 km ! Pas pour moi, merci !

Au niveau d'Arradon il fait tellement chaud que c'est trop tentant de s'offrir une pause glacée après les courses dans la grande surface locale. On descend déguster nos glaces aux fruits au plus près de la mer, à la cale de Kerbilouet.

Ensuite, le tracé nous fait traverser quelques sites agréables comme le Moustoir ou Penmern, estuaire, petite église, ... on joue un peu aux touristes. L'église est orignale, le plafond peint en bleu avec des petites étoiles... mais ? Tiens, ils ont mis un oeil de Dieu qui fait un peu franc-maçon. Mais que fait Jésus dans les airs ? Il est en jet pack ou quoi ?!

Jesus en Jet Pack ?!

Assez rapidement nous arrivons au camping qui n'est plus bien loin. Les tarifs arrachent un peu, mais dans le coin on n'a pas le choix, ils ont tous une piscine. Le temps de planter, et nous allons voir à pattes si la mer toute proche est baignable. Niet ! Elle est déjà trop basse... allez finalement c'est pas une si mauvaise idée d'avoir une piscine dans le camping ! Par contre le vent qui souffle assez fort ce soir finit de nous rafraîchir : vite, une douche chaude.

Après quoi, c'est pique nique sur la plage, face à la baie et la mer qui descend toujours plus.

74 km en 5h18
350 m de dénivelé positif

mercredi 28 juin 2023, 19:12

Quib'1 - Départ vers Arzal

Mercredi. Après être revenus du Cotentin (par lequel nous n'aurions pas du commencer : cela devait être le tour n°2 de l'année !) avec des jambes de feu, nous avions prévu de repartir. Mais divers reports de calendrier puis l'accueil successif de deux copines, ont été décalé les dates : on part donc fin juin. Après toutes ces belles journées de soleil et de chaleur estivale de ces derniers jours, nous avions un peu peur de crever de chaud sur nos vélos... mais finalement la météo a fait un virage à 180°, et c'est sous un ciel très gris que nous sommes repartis.

Malgré tout, le circuit avait été conçu et calculé (aux petits oignons brouter.de et cycle.travel) pour ne pas rouler trop longtemps dans des conditions estivales. La version a même été « écourtée » par rapport au projet initial qui prévoyait de partir de chez nous (et accessoirement de s'arrêter près de Bruz ; petite ville qui ces temps-ci fait l'actualité à cause de l'annonce de l'ouverture prochaine d'un centre accueillant des SDF venus de Paris, un projet ficelé et imposé par la préfecture de Rennes dans un bel esprit « opération nettoyage » pour les JO 2024).

Bref, le temps de se préparer, de charger Partner avec les vélos et de faire 1h30 de route, et nous étions garés à St Martin s/Oust un peu après midi. Rebelotte : déchargement de Partner, chargement des vélos, rabattage des rétros, et clac - fermeture centralisée des portes. Partner restera une semaine en voiture ventouse sur un petit parking près du cimetière.

Le canal est juste à côté : en moins de trois minutes nous entamons pour de bon notre petit périple sur une piste très roulante et quasi plate. Le temps est lourd et gris, presque menaçant, mais semble tenir pour l'instant si on fait abstraction de quelques gouttes. Vu l'heure, le premier banc bien placé sous l'ombre des arbres fait l'affaire pour un déjeuner sur le pouce.

Rapidement, nous reconnaissons les lieux car nous arrivons sur un tracé connu, que nous avons parcouru à pied il y a plusieurs années : les alentours de Redon (un projet d'itinérance à pied qui nous a convaincu des avantages du vélo !). Nous traversons la ville - avec comme d'habitude, quelques sueurs froides au vu des camions et de la circulation - et revenons en zone sûre : la suite de l'eurovélo 1, qui continue à longer le canal de Nantes à Brest.

C'est alors que nous bifurquons plein ouest pour suivre la Vilaine plutôt que le canal. Le tracé oscile alors entre routes gravillonnées entre les champs (« - Graveeeel ! ») et des routes bitumées secondaires, avec des dénivelés assez sérieux pour user un peu les jambes, et de loin en loin une vue sur la rivière.

Vers la fin du parcours, nous découvrons une jolie petite ville portuaire, la Roche-Bernard, qui vaut sacrément la balade. La dernière dizaine de km fait tirer un peu les jambes, il faut dire qu'on vient de faire en un après-midi ce que j'avais prévu pour toute une journée - mais où avais-je la tête quand j'ai oublié le temps de transfert entre chez nous et le point de départ du jour ?!

Le camping est situé en surplomb de la Vilaine, avec vaguement une vue vers le port d'Arzal. Les emplacements sont spacieux, les sanitaires plus que corrects, et bonus, au moins deux tables couvertes permettent d'abriter le vélo-randonneur... d'ailleurs, une autre vélo-randonneuse dort ce soir à quelques emplacements de nous, mais elle vient tout juste de terminer son grand tour de Bretagne, et repars demain vers les landes avec sa voiture.

Pour finir la soirée, nous descendons jusqu'à la rivière par un large sentier de randonnée.

70 km en 4h30
380 m de dénivelés positifs

lundi 8 mai 2023, 19:12

Cot'11 - Retour chez nous

Lundi férié. Nous voici à la dernière journée, et finalement la plus éprouvante de toutes : pas tant par son kilométrage (malgré tout élevé : 90 km), mais surtout par les conditions météo qui ne cessent de se déteriorer. Car ce matin, une fois la tente pliée et rangée, nous n'avons même pas eu le temps de grignotter que la pluie a commencé à tomber... et ne s'est plus arrêtée de la matinée. Heureusement, le tracé était particulièrement protégé : partis de Mortain plein sud, nous avons rejoint très rapidement une autre ancienne voie ferrée, la V40. Elle nous a ramenés sous la pluie jusqu'à Pontaubault - et là, la boucle était bouclée.

Estuaire de la Sélune

C'est là aussi que la pluie s'est arrêtée... enfin ! Nous étions complètement transis. Nous avons poussé jusqu'au Mont Saint Michel pour manger notre déjeuner face à lui, assis sur les marches du pont-barrage sur le Couesnon. Après avoir rejoint Pontorson, nous avons innové en suivant d'abord la départementale plein ouest pour rejoindre Pleines-Fougères. Après avoir dépassé une zone commerciale, la trace est devenue plus engageante, en passant sur un réseau moins important et moins emprunté.

Le Mont

Les 15 derniers kilomètres ont cependant été particulièrement durs, même à l'approche des terres connues - à partir de la Guitonnais, près de Landal. Les retours sont toujours l'occasion de se laisser surprendre par ce qui a poussé (ou pas) dans le jardin... et là, assurément, l'herbe avait explosé partout ! Alors que nous étions partis à peine 12 jours plus tôt, laissant un jardin entretenu quasiment au cordeau. Sans surprise, nos voisins nous ont donné la solution au problème : ici, il n'avait fait que pleuvoir pendant 11 jours. Finalement, c'était très bien, le Cotentin !... :)

89 km en 5h51
300 m dénivelé positif

Total parcouru : 798 km

dimanche 7 mai 2023, 19:12

Cot'10 - Mortain

Dimanche. Le temps est toujours gris et un peu venteux, quoi que ? peut-être un peu moins. Nous quittons le camping magique et suivons dès le début une route gravel qui le longe, et se transforme rapidement en... un chemin de boue. Malheur ! Il aurait sans doute faire demi-tour, mais nous avons persisté, pensant que le passage ne serait pas bien long. Pari perdu, nous avons perdu beaucoup de temps et d'énergie pour traverser quelques centaines de mètres transformés en gadoue bien collante par les averses de la veille.

Viaduc

Bref, rejoindre la départementale est un vrai soulagement... Quelques kilomètres plus loin, nous traversons la Souleuvre, autrefois enjambée par un viaduc ferroviaire désaffecté - et pour cause : la voie ferrée a été endommagée pendant la WWII, et le tablier du pont n'existe carrément plus, il a été déposé en 1970. L'endroit a été reconverti en parc de loisirs, et le dernier pilier en départ pour saut à l'élastique et autres attractions de grand frisson. Arriver dans cet environnement en vélo-rando un dimanche est une expérience étrange : on se sent quelque peu décalé !

Après une grosse descente vers le fond de ce val, puis la remontée (pied à terre, faut pas pousser... enfin, si, mais le vélo) nous reprenons la route et bientôt (à partir de la Graverie où nous faisons quelques courses à l'épicerie)... la véloroute ! Eh oui, qui dit ligne ferroviaire désaffectée dit aussi véloroute en pente douce. C'est ainsi que l'arrivée sur Vire est très acceptable pour les jambes - d'ailleurs, un papi à vélo nous fait la conversation tout du long.

Le contournement de la ville un dimanche est assez tristoune, on regrette à moitié de ne pas avoir tenté notre chance directement par le centre. Cependant la piste ex-ferroviaire reprend du côté ouest de la ville, mais nous roulons encore une bonne dizaine de kilomètres avant de trouver une aire sympathique pour le déjeuner : une ancienne gare transformée en aire de bivouac à disposition des randonneurs. Banco !

Nous reprendrons plus tard une pause à Sourdeval. Le temps passe dans un décor de verdure : les véloroutes ont l'avantage d'avancer, mais l'inconvénient d'être un peu répétitives. Nous arrivons finalement à Mortain : il faut quitter la voie pour descendre vers le fond de val, et heureusement seulement légèrement remonter vers la ville. Le camping municipal est simple mais efficace : un bout de pelouse en surplomb sur la vallée, avec un petit sanitaire et personne - un camper, un vélo-rando associal, et nous. Ah, et un employé municipal qui passe en fin d'après-midi, nous encaisse pour 5,40 € (battant ainsi tous nos records de campings les moins chers). Cependant, il nous indique que les jours du camping sont comptés : il sera relocalisé en bas, au fond de la vallée et de la rivière, et se mettra aux normes actuelles : mobil-homes... et tarifs associés. Dommage !

Camping de Mortain

Un petit tour dans la ville nous fait pensé qu'elle a eu une histoire - elle a de beaux bâtiments, et de beaux restes -, mais qu'elle s'est assoupie depuis. Nous revenons finalement au camping manger à la chaleur d'un soleil déclinant... et rapidement, nous filons au lit avant de nous refroidir !

67 km en 5h09
592 m dénivelé positif

samedi 6 mai 2023, 19:12

Cot'9 - St Martin en Besaces

Samedi. Nous entamons aujourd'hui le retour vers la maison, et pas la moindre des étapes en terme de dénivelés. C'est pourquoi nous avons prévu de ne pas forcer trop sur le kilométrage à parcourir... soit 60 km prévus. Grand bien nous en a pris, car les conditions météorologiques - un bon vent d'ouest, et plusieurs averses dans la journée - ne nous ont pas aidé ! Et c'était sans compter que le tracé était moyennement balisé, et que nous avons fait du "rab".

Le plan consistait à rejoindre presque plein sud puis suivre la véloroute qui passe par Villers-Bocage, puis file vers le sud-ouest jusqu'à St Martin en Besaces. Autant dire qu'on a lutté contre le vent, en particulier dans les côtes et toutes les zones avec vues... vues sur champs, essentiellement, avec quelques tâches de colza en fleurs jaunes de ci de là pour égayer le paysage. Nous avons pris la pause déjeuner à l'abri, dans l'espace loisirs de la petite ville de Bucéels, une chance. Sans compter que pendant la plus grosse des averses, nous avons réussi à nous abriter sous un abri-bus... la classe.

Cimetière militaire

Plus loin, nous avons fait une visite au cimetière militaire situé à proximité de Tilly-sur-Seulles. Les panneaux ont beau préciser que les tous morts sont traités de la même manière quelque soit leur nationnalité, il nous semble que les tombes allemandes soient plus simples et moins fleuries.

C'est à Villers-Bocage (après env. 40 km de route) que nous avons fait nos courses, en prévision non seulement de la soirée (pas bien fort de commerces dans notre ville étape du soir...) mais aussi du lendemain, dimanche, et même au sur-lendemain, avec un lundi ferié !

Juste avant l'arrivée à St Martin, le tracé nous fait passer par un point de vue nommé Hill 226... zone de combats intenses pendant l'été 44 suite au débarquement.

Le camping magique de St Martin en Besaces

À peine arrivés à notre ville étape, que la pluie tombe à nouveau, mais nous réussissons à réitérer l'exploit de nous abriter de la même manière, sous un abribus. L'ondée passée, nous rejoignons rapidement le camping par la route principale, une départementale tout ce qu'il y a de plus triste avec ses bâtiments commerciaux et industriels quelconques. Et là, surprise ! Le camping est une sorte d'immense parc arboré. Malgré le temps gris, c'est joli comme tout. Dedans, presque personne, juste le propriétaire, un anglais - on aurait pu deviner. Le bâtiment des douches est en dur, rénové avec des matériaux modernes type OSB et béton, et surtout avec de vraies grandes cabines de douches et de l'eau bien chaude... le luxe ! Enfin pour compléter le tableau, dehors, des tables de pique nique - et, si on n'avait pas prévu, on se serait peut-être laissés tentés par le snack... bon à savoir pour une prochaine fois, car si l'étape n'était pas exceptionnelle, le camping l'est assurément et en vaudrait presque le voyage !

74,5 km en 5h24
624 m dénivelé positif

vendredi 5 mai 2023, 19:12

Cot'8 - Bayeux

Vendredi. Aujourd'hui est une journée courte, qui prévoit un détour "gratuit" par Arromanches, la visite de Bayeux et une arrivée à 17h chez nos amis pour une super soirée étape. Selon notre nouvelle habitude, nous sommes partis sans petit-déjeuner : l'idée est de trouver un nouvel endroit sympathique (banc, vue, ...) où s'arrêter et de l'y prendre en route. Cette fois-ci il a fallu attendre Longues-sur-Mer pour trouver la table de pique nique et sa vue sur la campagne et... la route. Car comme souvent, les aires sont essentiellement prévues pour les voitures - pas pour les vélos - et se trouvent donc toujours associées à une route plutôt passante et un parking.

Longues-sur-Mer

Arromanches

Le tracé fait ensuite un petit détour "gratuit" qui permet de visiter sommairement les vestiges des batteries allemandes, avant de repartir plein est vers Manvieux, puis Arromanches. Nous traversons ce haut lieu du souvenir, et rejoignons ses hauteurs du ĉôté est de la ville : un cinéma 360 dédié à cette période, des statues commémoratives, des drapeaux, un parc avec vue sur mer et des bancs... il n'en fallait pas plus pour s'installer et déjeuner. Et... prendre une sacrée saucée pendant au moins 10 minutes, qui a fait disparaître tous les autres touristes qui avaient tous qui une voiture, qui un camper, qui un bus, pour s'abriter. Quant à nous, nous sommes restés stoïques sous la pluie, sans interrompre notre déjeuner.

Bayeux

Nous avons repiqué ensuite vers le sud-ouest, selon un des deux tracés qui rejoignent Bayeux depuis la côte. Nous avions eu largement le temps de sécher quand une deuxième ondée s'est annoncée alors que nous avions rejoint la ville... La visite de la cathédrale nous a mis à l'abri, puis nous avons patienté sagement... avant de reprendre tranquillement notre route vers l'ouest, pour notre étape du soir.

Nous sommes arrivés très exactement au même moment que notre amie revenait du travail - synchronisation parfaite ! La soirée s'est avérée tellement sympathique que nous sommes partis nous coucher à 02h00 du mat', complètement défrag'.

41 km en 3h40
250 m dénivelé positif

jeudi 4 mai 2023, 19:12

Cot'7 - Port en Bessin

Jeudi. Du camping, nous ressortons de Carentan par l'autre côté du petit port. Après avoir longé le canal jusqu'au pont canal qui enjambe l'autoroute (ne cherchez pas de comparaison avec un pont canal sur la Loire : cette construction n'a aucun charme), nous avisons un banc situé juste devant l'écluse toute proche qui fait la liaison entre la rivière (naturelle ?) et le canal qui mène à Carentan. C'est là que nous prenons le petit déjeuner, avec un peu de soleil.

Isigny

Le tracé passe ensuite plein ouest dans les terres, et nous faisons très vite un premier arrêt pour visiter une petite église à Brévands. La campagne est plutôt bucolique jusqu'à rejoindre la Vire, et là c'est une autre histoire : d'abord la piste cyclable colle la départementale puis la N13, et ensuite... mais, c'est quoi cette odeur d'ammoniac ?! Difficile d'identifier son origine et sa source exactes, mais une chose est certaine : c'est prendant l'approche d'Isigny Sainte-Mère qu'elle a envahi nos narines ! Une fois le centre de la petite ville (un peu coloré mais un peu abandonné...) dépassé, nous avons longé la laiterie éponyme sur un bon demi kilomètre... accompagné d'une valse de 33 tonnes venus distribuer la production. Impressionnant, et absolument pas bucolique !

Grandchamp-Maisy

Après quoi, nous avons suivi plein nord une trace qui nous a ramené au front de mer, sous un ciel de plus en plus couvert et menaçant. En arrivant sur Grandcamp-Maisy nous avons ravitaillé au Carrouf, avant de traverser le port, et de s'installer tout au bout du quai Crampon, sur un banc face à la mer pour déjeuner. Pour la petite histoire, il a bien fallu « griller » 10 panneaux sens interdits pour atteindre ce banc (heureusement que c'est autorisé pour les vélos...). Puis nous avons repris notre route, sur une voie toujours proche de la mer, située sur les falaises : la voie de la Liberté, qui court jusqu'à Vierville... tout au long des plages du Débarquement.

Omaha Beach

La vélomaritime poursuit ensuite sa route par Saint-Laurent-sur-Mer puis Colleville-sur-Mer, avec une vue sur mer depuis les hauteurs des falaises - prière de ne pas s'éloigner du chemin ! L'occasion d'une bonne barre de rire devant le panneau « risque d'éboulement » avec son petit bonhomme en X : un dessin maison certainement pas homologué par le code de la route !

Le panneau risque d'éboulement

C'est en approchant de notre étape du soir, Port-en-Bessin, que nous prenons une saucée phénoménale avec vent de face - heureusement, cela ne dure pas très longtemps, et les nuages laissent la place au soleil - pas très chaud, mais suffisant pour nous donner le temps de se sécher au vent, tout en appréciant le paysage sur le port.

Port-en-Bessin

La journée n'était pas très longue comparée à la veille, nous avons largement le temps de nous installer au camping situé en retrait dans la ville, puis de faire nos courses, et enfin de se promener un peu dans la ville, près du port, dans l'espoir de trouver un endroit accueillant. Finalement, nous mangeons au camping, abrités par un bâtiment semi-ouvert mais couvert spécialement mis à disposition des randonneurs. C'est avec 4 vélo-randonneurs espagnols venus des Canaries que nous passons une soirée pluvieuse mais heureusement abritée.

68 km en 5h04
310 m dénivelé positif