Cot'10 - Mortain
Dimanche. Le temps est toujours gris et un peu venteux, quoi que ? peut-être un peu moins. Nous quittons le camping magique et suivons dès le début une route gravel qui le longe, et se transforme rapidement en... un chemin de boue. Malheur ! Il aurait sans doute faire demi-tour, mais nous avons persisté, pensant que le passage ne serait pas bien long. Pari perdu, nous avons perdu beaucoup de temps et d'énergie pour traverser quelques centaines de mètres transformés en gadoue bien collante par les averses de la veille.

Bref, rejoindre la départementale est un vrai soulagement... Quelques kilomètres plus loin, nous traversons la Souleuvre, autrefois enjambée par un viaduc ferroviaire désaffecté - et pour cause : la voie ferrée a été endommagée pendant la WWII, et le tablier du pont n'existe carrément plus, il a été déposé en 1970. L'endroit a été reconverti en parc de loisirs, et le dernier pilier en départ pour saut à l'élastique et autres attractions de grand frisson. Arriver dans cet environnement en vélo-rando un dimanche est une expérience étrange : on se sent quelque peu décalé !
Après une grosse descente vers le fond de ce val, puis la remontée (pied à terre, faut pas pousser... enfin, si, mais le vélo) nous reprenons la route et bientôt (à partir de la Graverie où nous faisons quelques courses à l'épicerie)... la véloroute ! Eh oui, qui dit ligne ferroviaire désaffectée dit aussi véloroute en pente douce. C'est ainsi que l'arrivée sur Vire est très acceptable pour les jambes - d'ailleurs, un papi à vélo nous fait la conversation tout du long.
Le contournement de la ville un dimanche est assez tristoune, on regrette à moitié de ne pas avoir tenté notre chance directement par le centre. Cependant la piste ex-ferroviaire reprend du côté ouest de la ville, mais nous roulons encore une bonne dizaine de kilomètres avant de trouver une aire sympathique pour le déjeuner : une ancienne gare transformée en aire de bivouac à disposition des randonneurs. Banco !
Nous reprendrons plus tard une pause à Sourdeval. Le temps passe dans un décor de verdure : les véloroutes ont l'avantage d'avancer, mais l'inconvénient d'être un peu répétitives. Nous arrivons finalement à Mortain : il faut quitter la voie pour descendre vers le fond de val, et heureusement seulement légèrement remonter vers la ville. Le camping municipal est simple mais efficace : un bout de pelouse en surplomb sur la vallée, avec un petit sanitaire et personne - un camper, un vélo-rando associal, et nous. Ah, et un employé municipal qui passe en fin d'après-midi, nous encaisse pour 5,40 € (battant ainsi tous nos records de campings les moins chers). Cependant, il nous indique que les jours du camping sont comptés : il sera relocalisé en bas, au fond de la vallée et de la rivière, et se mettra aux normes actuelles : mobil-homes... et tarifs associés. Dommage !

Un petit tour dans la ville nous fait pensé qu'elle a eu une histoire - elle a de beaux bâtiments, et de beaux restes -, mais qu'elle s'est assoupie depuis. Nous revenons finalement au camping manger à la chaleur d'un soleil déclinant... et rapidement, nous filons au lit avant de nous refroidir !
67 km en 5h09
592 m dénivelé positif