Quib'2 - via Vannes jusqu'à Larmor-Baden
Jeudi. La voisine vélo-randonneuse a beau être en voiture aujourd'hui, elle a déjà mis les voiles. Nous sommes moins sérieux et moins pressés... on prend même le petit déjeuner sur une des tables du camping - au cas où. C'est parti ! Le temps est gris, la marée basse, et le barrage un tantinet tristounet.

Le tracé nous fait remonter vers Arzal puis bifurquer plein ouest, on sent qu'aujourd'hui il va y avoir quelques côtes sur notre chemin. Pour l'instant, on traverse un peu « nowhereland » avec beaucoup de campagne, quelques fermes qui puent la merde (du cochon sans doute) même si près de la mer, et parfois quelques ilots de coqueterie, comme des maisons à toit de chaume ou de vieux fournils - dont le bâti diffère du nôtre : ici, on se contente d'une simple voûte avec un tumulus.

Du côté de Billiers, nous prenons une première pause brownie (l'énergie des randonneurs musculaires...) dans une zone dédiée au sport, mais uniquement pour les jeunes. Et zut, pourquoi faut-il avoir moins de 14 ans pour jouer ? Bref. Petit tour par Muzillac, où une voiture nous double alors que visiblement il n'y a pas la place, et de manière très prévisible me fait une queue de poisson pour éviter de percuter la voiture face à elle.

À partir de là, une véloroute en site propre a été aménagée, et vu l'incident (l'accident ?) qui vient d'être évité, c'est pas plus mal. La voie sécurisée dépasse Ambon, et débouche dans un marais (plutôt sec en ce moment) où visiblement la piste se pratique une bonne partie de l'année en mode boueux. Pour pallier aux irrégularités ou plutôt aux troux béants de la route, des copeaux de bois ont été copieusement déversés. Solution tout à fait inhabituelle et j'aurais même dis étrange... d'ailleurs à la sortie du passage, des VTTistes qui viennent d'arriver nous demandent si nous avons trouvé la chose praticable. CQFD ?
Encore un peu de campagne, cette fois-ci sur route, et parfois à proximité de champs de pommiers... garnis de tuyaux d'arrosage ! Surzur est atteint et dépassé sans s'arrêter, et après quelques km nous reconnaissons une autre zone déjà traversée dans le passé : la littorale qui passe par St Armel. Cette année nous bifurquons en direction du « passage », c'est-à-dire là où nous allons pouvoir traverser vers Vannes. En attendant, c'est l'heure de déjeuner, et nous nous installons sur une aire de pique nique déjà prise d'assault par deux ou trois bataillons de caristes qui se connaissent. L'occasion bien involontaire de faire un peu de sociologie !
Après quoi nous allons attendre le passeur (la passeuse, en fait) au passage. Une dizaine de personnes toutes équipées d'un vélo attendent avec nous que la navette reprenne du service après la pause déj. Au moment de charger, deux gars font le forcing et passent devant un groupe de vieux. Deux cons ou deux petits malins qui ont eux aussi attendu, mais juste en étant mieux installés (c'est-à-dire au café un peu plus loin) ? Va savoir...

La traversée est brève. De retour sur le plancher des vaches, le tracé suit un temps le golfe puis s'enfonce vers Vannes - tout de suite c'est moins mignon. Une zone d'activité, un tunnel pour passer l'estuaire de la rivière, le trafic, tout cela ne donne pas envie d'en savoir plus de Vannes, en tout cas pas cette fois-ci. D'autant plus que le soleil est de sortie, et il ne faut pas attendre longtemps pour que ça chauffe ! Nous poursuivons sans chercher à rejoindre le centre. En sortie de ville, notre tracé semble marqué pour un marathon, ou une course, disons. Effectivement, nous avons emprunté sur quelques centaines de mètres, un tronçon de l'ultra-trail marin qui fait... 185 km ! Pas pour moi, merci !
Au niveau d'Arradon il fait tellement chaud que c'est trop tentant de s'offrir une pause glacée après les courses dans la grande surface locale. On descend déguster nos glaces aux fruits au plus près de la mer, à la cale de Kerbilouet.
Ensuite, le tracé nous fait traverser quelques sites agréables comme le Moustoir ou Penmern, estuaire, petite église, ... on joue un peu aux touristes. L'église est orignale, le plafond peint en bleu avec des petites étoiles... mais ? Tiens, ils ont mis un oeil de Dieu qui fait un peu franc-maçon. Mais que fait Jésus dans les airs ? Il est en jet pack ou quoi ?!

Assez rapidement nous arrivons au camping qui n'est plus bien loin. Les tarifs arrachent un peu, mais dans le coin on n'a pas le choix, ils ont tous une piscine. Le temps de planter, et nous allons voir à pattes si la mer toute proche est baignable. Niet ! Elle est déjà trop basse... allez finalement c'est pas une si mauvaise idée d'avoir une piscine dans le camping ! Par contre le vent qui souffle assez fort ce soir finit de nous rafraîchir : vite, une douche chaude.
Après quoi, c'est pique nique sur la plage, face à la baie et la mer qui descend toujours plus.
74 km en 5h18
350 m de dénivelé positif