Journal de Bottes

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature (la suite).

vendredi 14 juin 2024, 21:12

J7&8 - Un spa pour terminer

Vendredi.
Depuis cette nuit, il pleut. Ça ne donne pas trop envie de se lever de bonne heure, mais quand finalement je sors de la tente c'est pour constater qu'en plus, ces saloperies de corneilles (qui ont encore croâssé une bonne partie de la nuit) ont chié sur la tente à plusieurs endroit. Beurk ! Au pliage s'ajoute donc - et même d'abord ! - le nettoyage de la tente... Une fois prêts, la pluie n'a toujours pas cessé : nous parquons les vélos près de la salle commune, et prenons notre petit déjeuner au sec. À côté de nous, les enfants de « Jésus » jouent au ping pong en attendant que leurs parents aient fini de ranger le barda... leurs vélos sont presque plus vieux que les nôtres, et Monsieur tracte en plus de ses deux saccoches une énorme remorque.

Finalement, quand nous partons, la pluie n'est plus qu'un crachin - c'est acceptable. De plus, j'ai prévu pour aujourd'hui la possibilité d'une étape courte : nous visons donc « seulement » Bourbon-Lancy, à une quarantaine de kilomètres de là, soit l'équivalent une demi-étape - et encore, toute en voie verte, donc plate. Ce ne sera pas long, par contre même si la pluie s'arrête assez vite, les longues herbes qui bordent la voie sont mouillées... comme nous roulons souvent côte à côte pour pouvoir discuter nos pantallons sont baignés de flotte. Sur la route, nous croisons d'ailleurs un couple de randonneurs retraités qui viennent de Nantes : lui, qui a travaillé à la municipalité, fustige l'excuse de la « fauche tardive » brandie aujourd'hui à tout bout de champ par les mairies. Il n'a rien contre, mais il dit que cela a permis de ne même pas fournir le minimum d'entretien attendu pour que les sentiers soient pratiquables - et il a raison, nous avons exactement le même problème, même à la maison, où les chemins ruraux ne sont entretenus qu'une fois dans l'été. Autant dire que le service n'est pas rendu... Pourquoi pas laisser les talus en herbe, mais les gestionnaires oublient un peu facilement que les GR, qu'ils longent les routes ou qu'ils passent par des chemins ruraux, deviennent impraticables quand ils ne sont pas fauchés.

Il est midi largement passé quand nous arrivons à Bourbon-Lancy : à cette heure-ci, l'accueil du camping sera fermé. Nous partons reconnaître les lieux, et mangeons dans un parc sous la pluie qui s'invite à nouveau. Nous poursuivons par quelques courses au supermarché local, à l'enseigne inconnue : « Bi1 ». J'y trouve de bons produits à de bons prix, y compris un saucisson à la marque de l'enseigne affiché en gros « sans nitrite ». Comme quoi, certains comprennent.

Bientôt 14h, retour au camping : nous plantons la tente dans un grand espace vert réservé aux itinérants, puis partons à pied vers le quartier termal. Cet après-midi, nous nous offrons le spa local, avec hammam, sauna, sceau d'eau froide (yes !), piscine avec courant, et piscine avec buses et bulles... ça ne vaut pas Yverdon, mais c'est déjà d'un bon niveau, et l'entrée non seulement n'est pas excessive, mais vaut pour tout l'après-midi, sans autre contrainte de temps que l'heure de fermeture. C'est donc bien rincés que nous ressortons... nous avons à peine le temps de nous balader dans le vieux centre ville aux allures médiévales, que nous voici à nouveau sous la pluie. N'y ayant pas trouvé de boulangerie, nous faisons sur le chemin du retour un nouvel arrêt au Bi1 pour acheter du pain. Au vu des trombes d'eau qui tombent dehors, nous y restons jusqu'à l'heure de fermeture - car météo France annonce une accalmie d'ici à 15 minutes... le gars de la sécurité n'y croit pas, mais malgré tout la magie opère : quand nous quittons les lieux avec les derniers clients, la pluie est effectivement en train de se calmer. Nous passerons malgré tout toute la soirée dans la salle réservée aux randonneurs itinérants. Elle est assez petite, mais cosy et bien aménagée : une bonne quinzaine de places assises et confortables pour manger, un gros sofa, du wifi gratuit et plein de documentation sur quoi faire dans la région. Nous profiterons d'une légère accalmie dans la soirée pour aller nous coucher, mais il pleuvra encore toute la nuit.

> Bourbon Lancy 
42 km en 2h48 
camping 16,60 €
bi1 20 €
spa 42 € 

Samedi. Le jour se lève, et la pluie semble enfin décidée à se calmer. La tente a pris un peu l'eau, mais globalement elle a bien résisté au déluge - ce qui est très respectable, car j'avais fait le choix, pour préserver la plus neuve du soleil de l'été (sic...), de prendre notre vieille Hubba hubba, celle qui a presque 10 ans d'âge et dont l'imperméabilité laisse à désirer. Bref. La pluie s'est arrêtée, c'est tout ce qui compte !

Aujourd'hui, il s'agit à nouveau d'une demi-étape : la quarantaine de kilomètres manquants pour rejoindre Decize. La moitié du parcours est vallonné, mais visiblement nous avons gagné quelques muscles depuis notre passage à l'aller (à moins qu'il n'y ait moins de dénivellé dans ce sens du retour). Nous dépassons dans une montée un gars en VTT suivi d'un Bob... lui a prévu de pédaler jusqu'à l'océan, et est dégoûté par avance de la météo annoncée : il va sans doute subir une semaine entière de pluie... bon courage !

Nous prenons une pause à la même aire de pique nique qu'à l'aller, en bord de Loire. Cette fois-ci, il n'y a personne et le soleil veut bien refaire son apparition : c'est encore mieux. Pour manger, nous attendons de rejoindre Decize - ah, Partner nous a patiemment attendus ! En dix minutes, les vélos sont fourrés dans le fourgon, et nous reprenons une tenue plus adaptée à la vie civile qu'à la randonnée. Quand vient le moment de pique niquer, à peine nous sommes nous installés sur un banc à proximité qu'il commence à pleuvoir... et bien. Finalement, nous mangeons dans Partner... ce qui résume bien le luxe et la tristesse d'avoir sa maison mobile : bien abrités, mais toujours dedans !

Nous prenons alors la route pour Orléans, où nous ferons étape ce soir, dimanche et lundi chez la mamma, avant de reprendre mardi le chemin du retour pour la maison.

> Bourbon-Lancy - Decize 
42 km
jeudi 13 juin 2024, 21:12

J6 - Retour à Digoin

Jeudi. La journée s'annonce belle, mais pour un temps seulement : la météo est censée virer à la pluie très rapidement. Il faut donc profiter du ciel bleu ! Ce matin, nous prenons le petit déjeuner face au lac de Villerest... et c'est parti pour une belle descente vers Roanne ! Après avoir passé les jardins ouvriers, fait un petit détour pour éviter les escaliers sous le pont du chemin de fer, je suis surprise par la platitude de la Loire à cet endroit - le quai du Commandant de Fourcauld. Après avoir pédalé quelques centaines de mètres de plus, nous comprenons pourquoi : c'est (à nouveau...) un bassin de rétention qui produit de l'énergie hydroélectrique. Cette fois-ci la retenue est d'à peine quelques mètres de haut... ce qui suffit à donner à la Loire un air de lac placide, qui ne lui sied pas du tout.

La Loire à Roanne

Nous avons presque fini de passer Roanne par ses bords de Loire, et ah ! Voilà quelqu'un qu'on a déjà dépassé deux fois : le gars en fauteuil ! Cette fois-ci, nous discutons un peu : mais comment a-t-il fait pour être déjà là ?! Il nous explique sa logistique : parcours dans la journée, retour en stop jusqu'à sa voiture, hébergement, et rebolotte. Sauf qu'hier, après la montée jusqu'à Saint Jobard, il a compris que ce serait un peu dingue quand même de continuer ce tracé qui monte et descend un peu trop fort pour le fauteuil... il a donc repris ce matin par Roanne. Son objectif : arriver si possible jusqu'à l'océan... cette année, ou une suivante, il verra bien, il ne se met pas la pression. Il connaît le parcours, il l'a déjà fait il y a quelques années, dit-il, en vélo. Je n'ai pas osé lui demander de préciser s'il avait à cette époque encore l'usage de ses jambes ou si c'était un vélo à mains. Nous nous souhaitons bonne route, et poursuivons la nôtre. Je me dis que des histoires comme la sienne mériteraient d'être mises en avant.

Notre tracé descend maintenant le canal. Le soleil commence à nous cuire un peu, nous prenons une courte pause à l'écluse située juste avant Briennon, pour enduire tous les bouts de peau exposés au soleil et nous réhydrater. Arrivés au niveau de Briennon, nous quittons le canal et traversons la Loire vers Pouilly-sous-Charlieu. En sortie du pont, un étrange tracé nous conduit à faire un tour de plusieurs centaines de mètres pour... simplement traverser la route. Incroyable. On prend vraiment les vélos pour des imbéciles... et il faudrait quand même pas ralentir le trafic de voitures, ne serait-ce que quinze secondes !

Au niveau de l'embranchement entre la voie vélo « officielle » et la nouvelle voie pas encore ouverte (que nous avions « étrenner » avec un peu trop d'avance à l'aller), nous croisons deux jeunes mamies sur des vélos avec sacoches et sans assistance électrique. Des super mamies ! Elles viennent de tester, comme nous à l'aller, ce bout de voie (encore en travaux cent mètres plus loin) qui vue d'ici semble inviter à continuer tout droit... et elles se sont cassé le nez. Cet endroit mal indiqué va faire des dégâts cet été ! Et peut-être pendant encore bien des années...

Nous les quittons, et prenons résolument la voie V71 qui remonte maintenant absolument tout droit vers le nord. Nous prenons une pause au parc d'Iguerande (coucou au pommier que j'ai libéré du fil de fer qui portait l'étiquette avec son petit nom, mais qui l'enserrait maintenant au niveau du tronc à tel point de déformer sa croissance), qui aujourd'hui est à la fois tout écrasé de chaleur et très animé : une ass'mat' y a amené gambader et jouer les enfants dont elle a la garde.

La chaleur devient assez intense, mais nous pédalons vite et bien, voilà qu'on dépasse la petite ville de Marcigny - à sa sortie, nous doublons une mamie à vélo qui tracte un « bob » (sa remorque à une route) tout en écoutant... du Bob (Marley) ! Arrivés à Baugy, nous nous installons au pied de l'église, table au soleil et avec vue sur Loire, pour déjeuner. Parfait !

Et c'est reparti : des kilomètres tout plats jusqu'à Saint-Yan, puis une légère montée jusqu'à Paray-le-Monial que cette fois-ci nous ne visitons pas, et hop, un dernier effort pour rejoindre Digoin. Avant de nous installer au camping, petit détour par l'énorme Leclerc situé en zone, et nous voilà avec de quoi manger pour ce soir. Au camping, juste après nous arrive une petite famille de vélo-randonneurs, les parents ont la trentaine, les enfants semblent encore jeunes mais sont tous les deux à vélos, le plus grand a même des saccoches. Barbu, des cheveux longs maintenus en catogan, une musculature fine qui tient plus du grimpeur de parois que du cycliste... bref, un corps svelte de sportif ascète... il n'y a pas photo : Monsieur mérite le surnom de « Jésus ». Madame est tout aussi svelte et musclée. Ce soir, elle profite visiblement de la viste d'une amie venue les rejoindre, pendant que Monsieur va gérer toute la logistique. Tiens, les enfants dorment en Hubba ! Décidément, ce sont des vrais.

L'église de Digoin

Vieux carrelage ciment à Digoin

Après l'installation, un apéro en terrasse au camping et la douche, nous faisons une nouvelle petite balade en ville, où nous repassons par l'église, et devant un immeuble art déco à vendre - le sol du rez-de-chaussée, visiblement un ancien magasin, est pavé en carreaux de ciment d'époque. Nous revenons manger au camping, qui décidément propose une infrastructure sympa pour les itinérants. Ce soir, comme annoncé, le temps est en train de virer au gris.

> Villerest - Digoin 
82 km 5h07 
camping 16,60 € 
leclerc 22 €
mercredi 12 juin 2024, 21:12

J5 - une descente de Loire qui monte

Mercredi. Notre halte à Sainté est terminée : ce matin, nous repartons en camion avec Françoise... elle nous redépose à la gare de Montrond. Le temps de recharger les vélos, de se dire au revoir, et nous voici repartis sur la route et sous le soleil. Après une courte déviation dans une zone résidentielle, nous roulons pendant une dizaine de kilomètres dans une campagne tranquille.

Juste avant d'atteindre Pouilly-les-feurs, nous remarquons devant nous un gars en fauteuil qui roule sur la route. C'est un fauteuil taillé pour le sport, voire la compétition - ce n'est certainement pas un fauteuil ordinaire ! D'ailleurs le gars, pas tout jeune, a une carrure d'athlète : une musculature des épaules et du dos impressionnante. Nous le saluons simplement et poursuivons.

Arrivés à Balbigny, il est temps de faire des courses sérieuses pour les trois prochains repas : direction, le carrouf local. Comme il est bientôt l'heure de manger, nous poursuivons la route en ouvrant les yeux : où s'arrêter ?... Il fait chaud, il fait faim, et nous n'avons pas envie d'attaquer la partie grimpe de la journée avant d'avoir mangé. Cela ne laisse que peu de possibilités : nous quittons le tracé pour suivre un chemin gravillonné qui longe la Loire au plus près. Aujourd'hui, il ne faut pas faire de manières : nous nous installons les fesses sur le sol pour la pause déj. C'est déjà beau que le soleil persiste et même qu'il chauffe !

Une fois rassasiés, c'est l'heure de grimper. À peine un kilomètre ou deux pour s'échauffer, et nous voici en bas de la côte qui mène à Pinay, cette fameuse côte qui était sur le tracé du Criterium du Dauphiné. Mais ? Ma parole, c'est le gars en fauteuil ! Il a commencé à attaquer la pente, et visiblement c'est pas facile. Nous le doublons donc à nouveau, et cette fois-ci je me permets de lui signaler mon respect. Mais bon, nous n'allons pas faire la conversation en pleine montée ; en plus, elle est assez longue : autant garder son souffle pour pédaler !

Finalement, nous arrivons à Pinay sans avoir eu besoin de s'arrêter et encore moins de pousser... il est bien possible qu'on s'améliore ! Nous prenons néanmoins une petite pause à Pinay, au pied de l'église (qui est fermée). Ensuite, il ne reste qu'un petit bout de montée jusqu'aux abords de Saint-Jobard, avant une belle descente jusqu'au château de La Roche. C'est un léger détour sur l'itinéraire du jour, mais cette vue vaut bien quelques centaines de mètres.

Château de La Roche

Après une pause contemplative, il faut donc faire une légère machine arrière pour revenir chercher la D42 : c'est l'itinéraire bis un peu plus court que nous avons sélectionné pour aujourd'hui, pour revenir à Villerest sans repasser par le tracé (magnifique mais) sinueux de la V71. Cette départementale a l'avantage d'être plus directe, par contre elle monte en continu. Plus très loin du point culminant de notre tracé, nous manquons l'intersection qui ressemble plus à un chemin agricole qu'à une route - à moins que ce ne soit la pente qui nous ait fait passer notre chemin... En tout cas, le coin est bourré de tracteurs armés de remorques qui circulent entre le champ qu'ils récoltent, et ce qui semble être notre destination. Nous repiquons par une autre petite route pour retrouver l'itinéraire, et là, il faut mettre pied à terre : la pente est trop forte. Autre bonne occasion de mettre pied à terre : les tracteurs sont trop larges pour qu'on partage la route ! Pour plus de sécurité quand un tracteur nous suit, nous nous rangeons directement dans le bas côté, les pieds dans l'herbe, pour le laisser passer.

Nous voici au niveau de la ferme... presque au point culminant du coin. Avant de descendre vers Saint-Cyr-de-Favières, nous prenons le temps d'admirer la vue.

Route de terrenoire

Et c'est effectivement une longue et belle descente qui s'offre à nous pour rejoindre Villerest. Nous passons sur le barrage, et arrivons au camping. Le gars qui nous accueille est tout sauf accueillant, une vraie porte de prison ! Il nous propose une alternative illusoire : un emplacement pour deux à 23 €, ou un emplacement partagé au tarif randonneur à 20 € ? Sachant que presqu'aucun camping ne calcule les couples de randonneurs comme deux randonneurs, mais comme : un randonneur + une personne supplémentaire, ce qui donne plutôt dans les 15 €. Bref. Nous croiserons plus tard, installés à quelques encablures, deux autres radonneurs : un cyclo allemand, avec une tente type tarp fabriquée maison et tenue par le vélo en lieu et place de piquets, et un marcheur nantais, qui a pour projet de remonter le courant jusqu'à la source du fleuve.

Villerest

Après s'être installés et douchés, nous commençons par un petit tour sur le barrage, puis une visite du centre de Villerest - qui aurait pu être mignon, mais qui nous a donné l'impression qu'il manquait un petit quelque chose pour que « ça » le fasse. Finalement, nous allons dîner face au lac, sur une table au soleil pour en profiter jusqu'aux dernières lueurs.

> Montrond - Villerest 
61 km en 4h19 
carrouf 24 € 
camping 20,50 €
mardi 11 juin 2024, 21:12

Barrage, 2e.

Mardi. Pour notre dernière journée stéfanoise, nous partons en balade dans l'après-midi vers le Barrage de Grangent. Garés au sud de Saint-Just-sur-Loire, nous empruntons une ancienne voie de chemin de fer qui n'a pas (encore ?) été aménagée pour les vélos, elle a même été un peu oubliée des services d'entretien de la mairie - mais sans doute, cet oubli n'est autre qu'un souci de laisser la biodiversité s'exprimer (et le randonneur lutter un peu pour passer dans les herbes et les branchages...). Après quelques centaines de mètres où on avance entre deux murs de pierre, à l'ombre des arbres et de la végétation, nous longeons enfin la Loire par les hauteurs. Ici, le fleuve est vif et parcouru de petits rapides. Après deux ou trois kilomètres, nous arrivons au monstre de béton.

Grangent

Et hop, un second barrage sur la loire réputée sauvage. Ainsi, la « Loire Forézienne » est elle aussi une fausse Loire : puisque le barrage construit entre 1955 et 57 est haut de 50 mètres, les rives en amont sont relevées d'autant, faisant disparaître l'ancien contour naturel et recréant entièrement le paysage. Tout ça pour un barrage de « moyenne chute » qui assure produire la moitié de la consommation domestique annuelle de Saint Étienne. Les chiffres annoncés : une puissance installée de 32 MégaW (deux turbines qui reçoivent l'eau via une galerie souterraine de 5 m de diamètre), pour une production annuelle de 122 GigaWh... ça pourrait sembler beaucoup mais c'est une paille comparé aux 150 GW de puissance, et aux 445 TeraWh annuels produits en France !

Bien sûr, le barrage a été installé là où les gorges de la Loire sont les plus étroites et profondes (donc sans doute : les plus belles). Le panneau à vocation pédagogique installé sur les berge rappelle enfin que « sa fonction essentielle de l'aménagement est la production d'énergie et non la régulation du fleuve, contrairement au barrage de Villerest, plus en aval. » Ça n'empêche pas de tout défigurer. D'ailleurs, le panneau joue avec les vieilleries du temps passé et montre ce qui a été englouti.

île et château de Grangent

l'île en transparence

Nous dépassons le barrage et continuons un moment sur la route, avant de retrouver un sentier qui nous amène à la Baraillère. C'est là que nous croisons une chenille pour le moins voyante et attrayante - en fait, elle est aussi belle que l'est sa forme papillon, puisqu'il s'agit de l'Écaille chinée... celui qui a les ailes tigrées noir et blanc disposées en triangle quand il est posé, et dessous une robe rouge-orangée.

chenille de l'écaille chinée

Nous suivons maintenant un chemin bordé de maisons, qui devient une route gravillonnée, jusqu'à redescendre sous la forme d'un large sentier à la frontière de la ville où nous sommes garés. Sur le retour, nous faisons un arrêt au cimetière de Saint-Just Saint-Rambert pour s'étonner devant les tombes imposantes et très décorées de gens du voyage enterrés ici. Je préfère ramener en souvenir la photo d'une tombe art déco envahie par la vie-gétation.

au cimetière de Saint-Rambert

Une dernière soirée chez nos amis. Nous avons passé un excellent moment, et sommes tous d'avis de recommencer - peut-être même ailleurs qu'à Sainté, histoire de découvrir de nouvelles balades !

lundi 10 juin 2024, 21:12

monts du Pilat

Lundi. Aujourd'hui nous marchons : après un peu de route vers village Le Bessat, où nous prenons un café, nous stationnons à la Croix de Chaubouret. Une fois les sacs à dos chargés du ravitaillement pour midi, nous voici partis sur une large route forestière : le GR 7. Après un bon kilomètre, la piste s'approche de la route, mais nous continuons dans les bois, qui ressemblent beaucoup à ceux du Jura. Après un peu plus d'un kilomètre, Françoise ne reconnaît plus les lieux et propose de bifurquer sur une piste moins large qui monte droit dans la pente. Avant de rejoindre la route, nous suivons alors un sentier qui se dirige plein nord, au coeur d'une forêt assez préservée.

ruisseau

forêt

Nous retrouvons alors la route, que nous suivons environ 300 mètres : là, nous traversons et trouvons des indications pour le Crêt de la Perdrix, que nous rejoignons assez rapidement. Le soleil est de sortie, mais le vent est trop froid pour en profiter. La vue au loin devait nous offrir un panorama sur les Alpes, mais malgré la belle luminosité l'horizon est bouché. Nous nous installons derrière la crête pour manger le plus possible abrités du vent.

vers le crêt de la Perdrix

Ce sont des landes de végétations basses : d'après le panneau situé au pied du sommet, on y trouve callunes (fausse bruyère), genêts, myrtilles et airelles rouges (qui gardent leurs feuilles en hiver). Elles font office de transition entre prairie et forêt... et effectivement, les premiers colonnisateurs sont les sorbiers. Il indique aussi que ces prairies peuvent « accueillir plus de 50 espèces végétales différentes. Cette diversité est le fruit de pratiques agricoles dites "extensives". » Dire qu'il faut qualifier les pratiques « non conventionnelles » alors qu'elles ont été pratiquées si longtemps... bref.

Nous revenons ensuite sur nos pas. À cette intersection, nous restons sur le sentier indiqué GR 7 et qui traverse désormais une belle forêt de feuillus. La piste ressort au niveau d'un hameau nommé les Hautes Goutes : nous retrouvons une vue vers les collines, et des prés fleuris de pensées et de knauties des champs, et bordés de genêts.

Feuillus

Panorama près des Hautes Gouttes

Pensées

Âprès moins d'un kilomètre, nous retrouvons la piste initiale là où elle se rapprochait de la route : nous la reprenons en sens inverse pour retrouver la voiture. De retour à Sainté, nous passons cette fois-ci la soirée dans l'appartement de Philippe, où il nous prépare une fondue suisse. Miam ! Nous en profitons aussi pour nous balader dans ce quartier plus central de la ville.

samedi 8 juin 2024, 21:12

retour par Saillans, Saou et Crest

Samedi. Ce matin la pluie s'est arrêtée mais le sol est encore humide des averses de la nuit. Après le petit déjeuner, nous remettons le mobil home en ordre, un peu de ménage, et nous rendons les clés pour 10h. Nous voici repartis sur la route du retour, avec quelques balades prévues sur le trajet.

Nous nous arrêtons d'abord tout simplement à Die, pour un dernier café dans cette petite ville que Philippe affectionne visiblement. Puis nous nous rendons à Saillans : après un premier tour dans le village, nous prenons de quoi pique niquer dans un parc qui longe la drôme. Le soleil fait parfois son apparition entre les nuages.

Saillans

Nous suivons ensuite la D70 à partir de Aouste-sur-Sye vers le Pas-de-Laurens : la route est intéressante, les gorges se resserrent, et en cette saison il n'y a pas encore de touristes... parfait. L'objectif était la forêt de Saou, mais finalement nous ne ferons qu'une courte escale (et balade) près du site d'escalade proche du camping La Graville. Justement, il y a un rassemblement de grimpeurs animée par la CAF. Nous regardons une ascension ou deux, puis repartons.

Notre prochain arrêt : Crest, où nous parcourons la ville à la recherche d'une supérette pour s'acheter une bouteille d'eau... nous finissons par trouver une épicerie (bio !) bien cachée sur la fin du parcours. Le voyage se termine ici : il ne reste plus qu'à faire de la route pour rentrer à Sainté.

Dimanche. Aujourd'hui la météo est franchement moisie : ce sera une journée de repos. Au programme : un tour au marché, un peu de guitare, quelques jeux et plein de gratouilles avec le chat Cuzco. Et en soirée : ciné. Nous irons voir : Dissidente.

vendredi 7 juin 2024, 21:12

Font d'Urle

vendredi. La pluie a commencé à tomber tôt ce matin alors qu'il faisait encore nuit. Pas de bon augure pour la randonnée prévue aujourd'hui... Nous ne nous pressons pas trop pour le petit déjeuner que nous prenons sur la terrasse abritée, et partons en voiture sous la pluie, direction le col de Rousset. Passés le col et arrivés officiellement dans le Vercors, nous constatons que le temps n'y est pas meilleur. Nous poussons jusqu'à la Chapelle-en-Vercors, avant de remonter vers Font d'Urle : il est midi passé quand nous arrivons, mais la bonne nouvelle c'est que la pluie a cessé. Le ciel reste cependant d'un blanc gris imperturbable et intemporel.

Nous parcourons un sentier sur quelques centaines de mètres pour atteindre la porte d'Urle, un passage qui ouvre vers le panorama du côté diois. C'est là, à l'abri du vent, que nous déjeunons, assis sur des cailloux.

Gentiane

Quand nous commençons vraiment la balade, en direction du sud, pour longer les falaises par le haut, le temps est au brouillard glaçant : les nuages remontent des falaises pour envahir les hauts plateaux.

Font d'Urle

Cependant, après un peu plus d'une demi-heure, le temps se lève, et au cours de l'après-midi nous aurons même un peu de soleil. La prairie d'altitude est remplie de fleurs, et nous ne faisons pas deux pas sans essayer d'en identifier de nouvelles.

Faux orpin

Font d'Urle

Nous observons même quelques vautours, qui planent dans les courants d'air ascendants, prenant de l'altitude progressivement au-dessus de nous. Vers la fin de la boucle, nous observons qu'il reste des névées dans une dépression du terrain. Dans les herbes encore jaunies par la neige, poussent quelques dents de chien.

Font d'Urle

Le temps de revenir à la voiture, et voilà que le temps se recouvre, et que la pluie commence à tomber. La fenêtre n'était pas large, mais nous avons visé juste : au bon endroit, au bon moment ! Nous rentrons donc vers Die. Après quelques courses, nous passons une longue soirée dans la fraîcheur humide du soir à discuter.

jeudi 6 juin 2024, 21:12

À Die

Jeudi. Aujourd'hui nous quittons déjà Sainté pour Die : la météo étant annoncée (encore plus ?) instable après, Françoise a finalement déplacé la réservation de l'hébergement à ce soir et demain. Nous prenons donc la route dans la voiture de Philippe : via le col de la République, puis Annonay. Une petite pause café à Tain-l'Hermitage (la cité du chocolat Valrhona), et un nouveau cadé à notre arrivée à Die, ce qui nous permet de faire un premier tour dans la ville.

Nous reprenons ensuite la voiture vers Barnave, où nous remplissons les sacs à dos avec de quoi manger ce midi, et partons pour une balade dans les côteaux plantés en vignobles.

Barnave

Barnave

Cependant le temps tourne rapidement, le vent se lève et l'air sent déjà la pluie... Tous semblent d'accord pour dire que ça va tomber, mais assez étrangement, nous nous séparons pour revenir à la voiture. De notre côté nous passons par le « chemin officiel » balisé, et perdons rapidement Françoise et Philippe de vue qui ont décidé de boucler par plus bas. Revenus à la voiture bien avant eux, nous ne savons plus quoi faire... nous partons donc nous balader dans le village, et revenons une seconde fois avant eux, repartons à nouveau, et les retrouvons cette fois-ci installés à la table de pique nique abritée sous un grand préau près du parking. Finalement, ici il ne pleut pas trop : c'est tombé, mais plus loin, peut-être sur Die.

Après manger, nous reprenons la voiture pour nous rendre à Châtillon-en-Diois. Le soleil est de nouveau de sortie, et il fait rapidement beau et chaud - ce qui rend la visite des petites ruelles agréable.

Après deux tours de village et une pause dans un café, nous repartons pour arriver juste avant la fermeture de l'accueil du camping Justin. Le mobil home qu'on occupe pour deux nuits est d'un très bon standing : de bonne facture, et de bon goût. Le temps se maintient assez pour qu'on dîne même en extérieur sur la terrasse abritée.

mercredi 5 juin 2024, 21:12

J4 - L'arrivée à mi-parcours

mercredi. La nuit et le petit matin ont été parfaitement silencieux - c'est assez rare pour être noté, ici nous n'avons entendu aucune voiture matinale passer. La journée s'annonce belle, et nous replions une tente pratiquement sèche - car Hubba a tendance à condenser sous le double toit malgré les aérations.

Nous sommes presque prêts à repartir, les vélos sont chargés, quand je croise au bloc sanitaire le vélorandonneur allemand qui était installé sur l'emplacement voisin. Il vient visiblement laver du linge, et je le questionne donc sur son planning du jour. Et voilà qu'il me dit que c'est un jour off pour lui : il va regarder le Critérium du Dauphiné. Ah.

Je dis ça à Antoine, et notre première réflexion est « le Critérium doit passer dans le coin »... mais nous n'y prêtons pas plus d'attention. Après avoir poussé les vélos pour ressortir du camping (une côte 10-15% à froid, non merci), il ne manque que 2 ou 3 km pour arriver au château de La Roche : c'est là que nous prenons un petit déjeuner deluxe.

château de La Roche

château de La Roche

À la lumière du matin et sans personne, le cadre est absolument fantastique. Et puis on voit une photo du château d'avant le barage de Villerest, et là l'émotion de la déception, de la tristesse de la destruction humaine, fait presque venir les larmes aux yeux. Ce château était tout simplement majestueux dans son rôle de barrière sur la Loire. Aujourd'hui, il est au mieux romantique, au pire mangé par l'eau. La technologie et la soif d'énergie (électrique ou autre) nous aveugle et nous semble nous amener collectivement à nier le beau, ou plutôt à se contenter de nouveaux standards du beau.

Nous reprenons la route alors qu'arrive un groupe de retraités accueillis par une femme habillée à la mode du XIXe pour une visite théatrâle du château. De notre côté, on reprend les montées : nous voici maintenant à Saint Jodard, où nous trouvons effectivement un panneau signalant le passage du Criterium du Dauphiné. Il est 10h30 environ et pour l'instant ici tout est calme... Nous poussons jusqu'au village voisin, Pinay, et là ce n'est déjà plus la même histoire : une buvette a été installée et est déjà animée, des carristes se sont garés sur le bord de route et ont sorti leurs fauteuils, ils encouragent des amateurs qui suivent le tracé avant les pros... et nous signalement que nous ne sommes pas dans le bon sens pour faire la course ! Nous croisons encore quelques cyclos route dans une des montées emblématiques du jours alors que nous la descendons. À peine sortis du parcours, que j'ai la sensation que ma roue arrière ne se comporte pas correctement... effectivement : crevaison !

Il est 11 heures. On se range sur le côté d'une route quasiment fermée à la circulation, dégageons tous les bagages, et c'est parti pour un changement de chambre à air - car en l'absence d'une bassine d'eau, difficile de trouver le trou à réparer. Pendant ce temps, je cherche quelques informations sur le Critérium : en fait aujourd'hui c'est un contre la montre, et la route qu'on vient d'emprunter va bientôt être fermée à la circulation pour tout l'après-midi. Nous sommes passés à temps !

Les réglages ont pris presque une heure, nous voici repartis. Nous poussons jusqu'à Balbigny sous une chaleur torride ; nous y trouvons une boulangerie, et un petit parc où poser nos fesses sur un banc à l'ombre. La route est à nouveau plus plate, nous rejoignons ensuite assez rapidement le petit bled de Pouilly-les-Feurs, qui a un air propret et mignon, puis après une dizaine de kilomètres, nous atteignons Feurs, une ville qui s'annonce déjà trop grosse pour être pourvue de charme. Nous essayons d'y trouver un commerce sur notre route pour manger une glace - l'occasion ou jamais, enfin une journée d'été qui justifie ! - mais le Lidl n'existe plus à l'emplacement indiqué sur notre carto, et la supérette de centre ville n'a pas encore ouvert ses portes en ce début d'après-midi - ça se joue à 15 minutes près, mais nous ne souhaitons pas attendre. Ensuite, nous tombons deux fois sur des déviations pour cause de travaux... nous sortons enfin de Feurs après avoir perdu pas mal de temps.

Il ne nous reste plus qu'un long tronçon d'une douzaine de kilomètres, sans aucun équipement sympathique pour prendre une pause, pour atteindre Montrond où prend fin la V71. Arrivés à la gare, nous faisons signe à Françoise que nous sommes arrivés, et elle vient sympathiquement nous chercher avec son camion, nous évitant d'avoir à trouver une route dans le dédalle des villes qui se multiplient à l'approche de Saint Étienne. Nous arrivons vers 16 h, dans un après-midi chaud et déjà bien entamé.

> Camping de Mars - Montrond 
> 51 km en 4h26 
> boulange 7 €

Voilà, le tour vélo est fini pour sa première moitié : place aux vacances à pied ! Nous découvrons l'appartement de Françoise, où Philippe nous attend déjà, puis nous partons faire une balade à pied : au sortir du quartier de Grouchy, nous traversons un petit bois, des jardins ouvriers à nouveau, longeons un cimetière, arrivons à une vue sur les hauteurs la ville, descendons jusqu'à la cité du desgin, et revenons par le boulevard central. Nous passons ensuite une très bonne soirée, passée à échanger des mises à jour sur ce que nous vivons chacun depuis leur déménagement, et à planifier les jours qui vont suivre.

mardi 4 juin 2024, 21:12

J3 - La Loire

mardi. Nuit tranquille dans ce camping encore très vide. Après avoir replié une tente très humide, nous voici repartis : le temps est encore un peu gris, mais le ciel déjà assez clair. Nous parcourons, en légère descente, les quelques kilomètres qui nous ramènent à la V71 que nous avions quitté hier pour rejoindre Charlieu. C'est juste après le tunnel qui passe sous la départementale, que nous trouvons un emplacement correct pour le petit déjeuner : une table, un peu de soleil, du calme.

Nous reprenons la route et arrivons rapidement dans Pouilly-sous-Charlieu. Là, notre voie protégée retombe sur une rue passante, et le sol semble indiquer qu'il faut la suivre vers la droite. Pourtant, une autre voie vélo s'offre à nous juste devant : nous traversons la route, et continuons tout droit. Il ne faut que quelques centaines de mètres pour tomber sur un os : le tronçon suivant est fermé par des barrières grillagées et marqué « en travaux ». Pourtant le bitume neuf est tellement tentant... nous décidons de tenter la chance et passons à côté des barrières - des traces de roues indiquent que nous ne sommes pas les seuls à agir ainsi.

Nous remarquons assez vite que la route est belle est bien terminée, mais qu'à plusieurs endroits de barrières en bois ont été posées au sol en vue d'être montées et placées. Après quelques tronçons parcourus sans encombre, nous tombons effectivement sur une équipe qui travaille à positionner ces barrières... nous saluons, passons au pas, demandons quand sera ouverte la voie (réponse : dans une semaine ou deux), et jusqu'où va la voie (réponse : Vougy). Le chef demande à ses ouvriers si la barrière a bien été refermée derrière eux.

Au tronçon suivant, nous voyons au loin une autre équipe au travail. Cette fois-ci, nous quittons plutôt la voie pour ne pas perturber plus les travailleurs, et retournons sur la départementale. D'ailleurs, nous ne sommes plus très loin de Vougy, et nous allions bientôt dans tous les cas devoir passer sur cette route. Après avoir regardé la carte, il est dommage que le tronçon ouvert soit si court, car il s'agit de la suite de la voie ferrée Paray-le-Monial / Le Coteau, c'est-à-dire que le tracé amène jusqu'au sud de Roanne.

Sur cette départementale D482, un coup de peinture « sécurise » un espace pour les vélos, et de fait, à part un camion hollandais ou deux qui fait l'effort d'éloigner un peu de nous, tous les autres restent dans leur voie et nous passent juste à côté : ils considèrent que la bande cycliste est suffisante... alors qu'elle ne permet pas pour les camions de respecter la distance de sécurité, qui est de 1,50 m sur les routes de campagne !

Après quelques kilomètres à ce régime, nous traversons la Loire et retrouvons son canal, celui qui passe par Digoin et rejoint Roanne. Pourquoi aucun tracé vélo ne semble l'indiquer ? Le chemin de halage serait-il interrompu ou non roulable sur certains tronçons ? Il serait tentant d'aller un jour vérifier. En tout cas, nous voici à nouveau en sécurité, à plat, et au bord de l'eau. Nous approchons de Roanne, avec comme à proximité de toute ville, un peu plus de promeneurs, un peu plus de voitures, et finalement : la ville.

Au niveau du quai du Canal, nous bifurquons vers Roanne, en direction du Lidl le plus proche de notre tracé (la ville en compte pas moins de quatre). Il est situé au coeur d'un quartier moche d'immeubles trop hauts, et du coup le parking est protégé de barrières automatiques - à coup sûr, les parkings des immeubles d'habitation sont largement insuffisants pour garer facilement dans le secteur.

Après avoir fait le plein de denrées pour ce midi, ce soir et le lendemain matin, nous repartons par une rue principale, qui sans nous amener au centre de la ville, nous en fait ressortir à proximité du pont, et via un grand parc qui s'étend vers le sud. Plus loin, surprise : la voie vélo le long de la Loire, pour passer le pont du chemin de fer, nous propose de descendre des escaliers ! Une petite rigole permet de faire passer les vélos, mais la manoeuvre reste délicate avec des vélos chargés et pesants : maîtrise des freins pour descendre, gros effort pour pousser le vélo à la remontée. Au retour, nous verrons à faire un petit détour pour ne pas avoir à rejouer cette bêtise.

Toujours sur la levée, nous passons ensuite le long de jardins ouvriers. À la sortie desquels, un panneau indique de remonter vers l'ouest, vers une côte... comme mon tracé diffère, nous suivons le mien ! Nous suivons donc la Loire sur une petite départementale pour l'instant (il est midi passé) peu fréquentée. Elle aussi finit par monter : en haut, nous arrivons au barage de Villerest, et nous installons dans un parc face à la retenue d'eau. Parfait, puisque c'est l'heure de manger ! En plus depuis la montée, le ciel s'est largement dégagé, le soleil est sorti et avec l'effort physique nous avons (enfin) presque trop chaud.

Quand nous repartons, le soleil règne en maître dans le ciel, et nous avons enfin des conditions estivales : tartinage de crême solaire, lunettes de soleil, pulls et kway enfin rangés dans le packetage pluôt que sur le dos. Les conditions viennent de changer du tout au tout !

L'après-midi commence donc par une très grosse montée sous le soleil, mais bien repayée par une longue descente - ici, contrairement à la Bretagne, les pentes sont pas très violentes (4-6%) mais durent plusieurs kilomètres. C'est assez creuvant mais cela permet de prendre le rythme, et au final : ça passe ! Sans presque trop s'arrêter, et sans avoir besoin de pousser la machine - ce qui sur des pentes brusquement très raides mais courtes, arrive souvent du côté des abers bretons.

J'ai repéré sur la carte que chaque bled traversé se situe sur les hauteurs : nous avons donc à nouveau fait l'effort pour arriver à Saint-Jean Saint-Maurice-sur-Loire. À cette heure-ci le village est tout endormi et paisible, en son centre trône littéralement son église.

Saint Jean

Nous continuons en descente vers le second village, qui semble plus touristique (tour médiévale ? église ?) et qui offre en tout cas une belle vue sur la campagne (qui ressemble presque à une vue de la Toscane, il ne manque que les cyprès) et où on devine à peine les gorges de la Loire. Nous croisons un groupe d'élèves, l'un d'eux nous lance « bonne chance ! », et un autre l'interroge immédiatement sur le sens de ses paroles... effectivement, pas besoin de chance, au mieux peut-être du courage, mais si on est déjà arrivés là... c'est qu'on en a, non ?

Cette descente nous amène à un tout petit court d'eau, le Ris Serpentin, qui se jette à peine plus loin dans la Loire, mais elle nous ne la voyons toujours pas. De là, une grosse remontée - dans le style des abers bretons, justement - nous permet de ressortir du creux. Après quelques « crêtes » nous passons dans un petit bois agréable à traverser, puis atteingnons la petite ville de Bully. Un couple de cyclorandonneurs y prennent déjà la pause sur la place de l'église, nous engageons la conversation. Ils viennent des environs de Saint Étienne, sauf qu'ils trichent : ils sont en vélo électriques. Ils ont un passé de vélorandonneurs « musculaires » mais cette année, ils ont décidé de partir un mois entier et de faire un grand tour : la Loire presque dans son entier, repiquer vers la Rochelle via la vélofrancette, repasser à l'est avec le canal des deux mers, et remonter par la via Rhona. Un beau programme !

Bully

Nos vélos à Bully

Ils partent donc vers le nord, et nous reprenons vers le sud : en quelques kilomètres, la route nous redescend enfin vers la Loire, qu'on traverse au pont de Presle.

pont de Presle

Contre mes attentes, la Loire est large et calme. Après réflexion, c'est l'effet de la retenue d'eau de Villerest : autant pour le mythe du fleuve sauvage... entièrement noyé et endigué dans sa jeunesse, là où il devrait être tempétueux et rapide. Dommange. La route serpente ensuite en hauteur des bords de Loire, avec des montées à nouveau assez sévères qui offrent de belles vues sur une campagne très vallonnée et très nature. Nous arrivons rapidement au camping de Mars, implanté juste au-dessus d'une base nautique (aviron) mais au milieu de nulle part. La tente une fois plantée, nous profitons du beau temps pour faire un tour dans la piscine du camping - l'eau est un peu fraîche mais agréable.

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Une petite balade en campagne, et nous allons manger avec vue sur Loire. L'endroit est d'un calme absolu, en tout cas une fois que les tracteurs ont fini leurs manèges - l'un qui retourne la terre, l'autre qui retourne du foin... Quand le soleil ne nous réchauffe plus et commence à piquer du nez, nous partons faire de même.

> Charlieu - Camping de Mars 
> 56 km en 4h06 
> lidl 21 €
> camping 18 €