Journal de Bottes

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature (la suite).

mercredi 12 juin 2024, 21:12

J5 - une descente de Loire qui monte

Mercredi. Notre halte à Sainté est terminée : ce matin, nous repartons en camion avec Françoise... elle nous redépose à la gare de Montrond. Le temps de recharger les vélos, de se dire au revoir, et nous voici repartis sur la route et sous le soleil. Après une courte déviation dans une zone résidentielle, nous roulons pendant une dizaine de kilomètres dans une campagne tranquille.

Juste avant d'atteindre Pouilly-les-feurs, nous remarquons devant nous un gars en fauteuil qui roule sur la route. C'est un fauteuil taillé pour le sport, voire la compétition - ce n'est certainement pas un fauteuil ordinaire ! D'ailleurs le gars, pas tout jeune, a une carrure d'athlète : une musculature des épaules et du dos impressionnante. Nous le saluons simplement et poursuivons.

Arrivés à Balbigny, il est temps de faire des courses sérieuses pour les trois prochains repas : direction, le carrouf local. Comme il est bientôt l'heure de manger, nous poursuivons la route en ouvrant les yeux : où s'arrêter ?... Il fait chaud, il fait faim, et nous n'avons pas envie d'attaquer la partie grimpe de la journée avant d'avoir mangé. Cela ne laisse que peu de possibilités : nous quittons le tracé pour suivre un chemin gravillonné qui longe la Loire au plus près. Aujourd'hui, il ne faut pas faire de manières : nous nous installons les fesses sur le sol pour la pause déj. C'est déjà beau que le soleil persiste et même qu'il chauffe !

Une fois rassasiés, c'est l'heure de grimper. À peine un kilomètre ou deux pour s'échauffer, et nous voici en bas de la côte qui mène à Pinay, cette fameuse côte qui était sur le tracé du Criterium du Dauphiné. Mais ? Ma parole, c'est le gars en fauteuil ! Il a commencé à attaquer la pente, et visiblement c'est pas facile. Nous le doublons donc à nouveau, et cette fois-ci je me permets de lui signaler mon respect. Mais bon, nous n'allons pas faire la conversation en pleine montée ; en plus, elle est assez longue : autant garder son souffle pour pédaler !

Finalement, nous arrivons à Pinay sans avoir eu besoin de s'arrêter et encore moins de pousser... il est bien possible qu'on s'améliore ! Nous prenons néanmoins une petite pause à Pinay, au pied de l'église (qui est fermée). Ensuite, il ne reste qu'un petit bout de montée jusqu'aux abords de Saint-Jobard, avant une belle descente jusqu'au château de La Roche. C'est un léger détour sur l'itinéraire du jour, mais cette vue vaut bien quelques centaines de mètres.

Château de La Roche

Après une pause contemplative, il faut donc faire une légère machine arrière pour revenir chercher la D42 : c'est l'itinéraire bis un peu plus court que nous avons sélectionné pour aujourd'hui, pour revenir à Villerest sans repasser par le tracé (magnifique mais) sinueux de la V71. Cette départementale a l'avantage d'être plus directe, par contre elle monte en continu. Plus très loin du point culminant de notre tracé, nous manquons l'intersection qui ressemble plus à un chemin agricole qu'à une route - à moins que ce ne soit la pente qui nous ait fait passer notre chemin... En tout cas, le coin est bourré de tracteurs armés de remorques qui circulent entre le champ qu'ils récoltent, et ce qui semble être notre destination. Nous repiquons par une autre petite route pour retrouver l'itinéraire, et là, il faut mettre pied à terre : la pente est trop forte. Autre bonne occasion de mettre pied à terre : les tracteurs sont trop larges pour qu'on partage la route ! Pour plus de sécurité quand un tracteur nous suit, nous nous rangeons directement dans le bas côté, les pieds dans l'herbe, pour le laisser passer.

Nous voici au niveau de la ferme... presque au point culminant du coin. Avant de descendre vers Saint-Cyr-de-Favières, nous prenons le temps d'admirer la vue.

Route de terrenoire

Et c'est effectivement une longue et belle descente qui s'offre à nous pour rejoindre Villerest. Nous passons sur le barrage, et arrivons au camping. Le gars qui nous accueille est tout sauf accueillant, une vraie porte de prison ! Il nous propose une alternative illusoire : un emplacement pour deux à 23 €, ou un emplacement partagé au tarif randonneur à 20 € ? Sachant que presqu'aucun camping ne calcule les couples de randonneurs comme deux randonneurs, mais comme : un randonneur + une personne supplémentaire, ce qui donne plutôt dans les 15 €. Bref. Nous croiserons plus tard, installés à quelques encablures, deux autres radonneurs : un cyclo allemand, avec une tente type tarp fabriquée maison et tenue par le vélo en lieu et place de piquets, et un marcheur nantais, qui a pour projet de remonter le courant jusqu'à la source du fleuve.

Villerest

Après s'être installés et douchés, nous commençons par un petit tour sur le barrage, puis une visite du centre de Villerest - qui aurait pu être mignon, mais qui nous a donné l'impression qu'il manquait un petit quelque chose pour que « ça » le fasse. Finalement, nous allons dîner face au lac, sur une table au soleil pour en profiter jusqu'aux dernières lueurs.

> Montrond - Villerest 
61 km en 4h19 
carrouf 24 € 
camping 20,50 €