Journal de Bottes

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature (la suite).

mardi 11 juin 2024, 21:12

Barrage, 2e.

Mardi. Pour notre dernière journée stéfanoise, nous partons en balade dans l'après-midi vers le Barrage de Grangent. Garés au sud de Saint-Just-sur-Loire, nous empruntons une ancienne voie de chemin de fer qui n'a pas (encore ?) été aménagée pour les vélos, elle a même été un peu oubliée des services d'entretien de la mairie - mais sans doute, cet oubli n'est autre qu'un souci de laisser la biodiversité s'exprimer (et le randonneur lutter un peu pour passer dans les herbes et les branchages...). Après quelques centaines de mètres où on avance entre deux murs de pierre, à l'ombre des arbres et de la végétation, nous longeons enfin la Loire par les hauteurs. Ici, le fleuve est vif et parcouru de petits rapides. Après deux ou trois kilomètres, nous arrivons au monstre de béton.

Grangent

Et hop, un second barrage sur la loire réputée sauvage. Ainsi, la « Loire Forézienne » est elle aussi une fausse Loire : puisque le barrage construit entre 1955 et 57 est haut de 50 mètres, les rives en amont sont relevées d'autant, faisant disparaître l'ancien contour naturel et recréant entièrement le paysage. Tout ça pour un barrage de « moyenne chute » qui assure produire la moitié de la consommation domestique annuelle de Saint Étienne. Les chiffres annoncés : une puissance installée de 32 MégaW (deux turbines qui reçoivent l'eau via une galerie souterraine de 5 m de diamètre), pour une production annuelle de 122 GigaWh... ça pourrait sembler beaucoup mais c'est une paille comparé aux 150 GW de puissance, et aux 445 TeraWh annuels produits en France !

Bien sûr, le barrage a été installé là où les gorges de la Loire sont les plus étroites et profondes (donc sans doute : les plus belles). Le panneau à vocation pédagogique installé sur les berge rappelle enfin que « sa fonction essentielle de l'aménagement est la production d'énergie et non la régulation du fleuve, contrairement au barrage de Villerest, plus en aval. » Ça n'empêche pas de tout défigurer. D'ailleurs, le panneau joue avec les vieilleries du temps passé et montre ce qui a été englouti.

île et château de Grangent

l'île en transparence

Nous dépassons le barrage et continuons un moment sur la route, avant de retrouver un sentier qui nous amène à la Baraillère. C'est là que nous croisons une chenille pour le moins voyante et attrayante - en fait, elle est aussi belle que l'est sa forme papillon, puisqu'il s'agit de l'Écaille chinée... celui qui a les ailes tigrées noir et blanc disposées en triangle quand il est posé, et dessous une robe rouge-orangée.

chenille de l'écaille chinée

Nous suivons maintenant un chemin bordé de maisons, qui devient une route gravillonnée, jusqu'à redescendre sous la forme d'un large sentier à la frontière de la ville où nous sommes garés. Sur le retour, nous faisons un arrêt au cimetière de Saint-Just Saint-Rambert pour s'étonner devant les tombes imposantes et très décorées de gens du voyage enterrés ici. Je préfère ramener en souvenir la photo d'une tombe art déco envahie par la vie-gétation.

au cimetière de Saint-Rambert

Une dernière soirée chez nos amis. Nous avons passé un excellent moment, et sommes tous d'avis de recommencer - peut-être même ailleurs qu'à Sainté, histoire de découvrir de nouvelles balades !