Dans les marais
Nous voici arrivés au samedi : demain, c'est dimanche de Pâques, et le lundi qui va avec. Attention donc à faire des courses au bon moment... surtout que nous n'avons pas croisé de commerces jusqu'à présent. Que dit le plan de route ?...
(e) La Touche [2,4 km 2.4] (e) Melneuf [4,1 km 6.5] … méandre +/- 3 km … Château de Carheil … 3,5 km Saint Clair [7,2 km 13.7] » prendre le pont vers ville : camping, boulange, commerce(s) au centre. Halte nautique de Guenrouet (WC, aire PN). … puis marais sur +/- 3 km. (e) Pont-Miny [10,6 km 21.3] - au sud : WC, eau, aire PN. Au nord à 1.5 km : Fégréac.
(e) Le Bellion [5 km 26.3] - HD : aire PN, WC, eau. Confluence avec La Villaine. // au train !
Tout est prévu : nous ferons des courses à Saint Clair. En attendant, nous reprenons la route, ou plutôt le chemin de halage. L'endroit est naturel, et alterne entre champs et zones boisées. À la première écluse nommé La Touche, des toilettes sèches mises à disposition et un bar (associatif ?), les "touche-à-tout", rendent l'endroit accueillant. Un peu plus loin, un arbre mort sert de perchoir à quelques oiseaux d'eau.

Dans les méandres du fleuve, laissé naturel ici, l'habitat éparse ne permet pas d'oublier la présence humaine. Sur chaque côteau, des maisons abritées par les arbres profitent d'une belle vue sur la plaine... Nous déjeunons au pied du Château de Carheil - c'est le nom indiqué sur la carte. Mais dans la vraie vie, les panneaux mentionnent plutôt "Domaine" de Carheil... et pour cause : point de château ici, plutôt de grandes bâtisses, un parc, et surtout un grand parvis accompagné de sa chapelle dont le style nous semble tenir plus de la provence que de la Bretagne.
Vers 15h, nous arrivons à St Clair. En fait, de l'autre côté du pont, la petite ville se nomme Guenrouet, et la place de l'église est sur les hauteurs : on prend un sentier piétonnier pittoresque, c'est joli mais ça grimpe. Bonne nouvelle : il y a bien une boulange et un petit commerce, mais ils sont tous les deux fermés jusqu'à 15h30. Qu'à cela ne tienne : il y a aussi un bar PMU près de l'église, et lui, il est ouvert. Deux bières, patron !
Les pieds font souffrir. C'est l'occasion de les faire souffler. Peut-être de manière un peu trop optimiste (signé Flo), on reprend le chemin, avec l'information issue de OpenStreetMap : 3 km de marrais à dépasser avant de pouvoir planter la tente. En fait, la zone marrécageuse s'étend bien plus loin, ça dure, ça dure, et on a un mal de chien aux pieds... Après 7 km, on finit par jeter l'éponge : face à un mini-port de plaisance, dans une zone visiblement innondable mais sec (heureusement qu'il n'a pas plu depuis des lustres...), nous posons le barda au sol et les fesses sur un tronc d'abre abattu.

L'énergie qu'il reste est dédiée au plantage de tente, et à la cuisine pour conconcter un maintenant traditionnel bouillon-pasta.

En ce samedi soir, bien peu de passants (en fait, aucun), par contre en début de soirée, quelqu'un s'est acharné dans le voisinage à tondre sa pelouse ou débrouissailler son terrain... quelle idée... puis des djeunz ont mis la musique à fond une belle partie de la nuit. Ça devait être assez loin, mais le son porte dans la campagne. Dormir dans la nature, c'est compliqué, même au milieu de nulle part !
Le lendemain matin, alors que nous plions bagages, un vieux monsieur passe sur le chemin avec un étrange chariot qu'il pousse devant lui. Il ne porte rien, tout est sur roulette : les sacs, l'eau, le chargeur solaire... Il vient de Morlaix et descend jusqu'aux Sables d'Olonne !... En marcheur expérimenté, il nous donne une indication météo : le beau temps va continuer toute la semaine prochaine. Cela va s'avérer parfaitement faux !