Journal de Bottes

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature (la suite).

dimanche 23 juin 2019, 23:37

EV4 de la Ville à Plurien

La nuit était un peu plus douce, bien qu'encore un peu fraîche... Au matin, une eau chaude était bienvenue, la brioche aussi d'ailleurs. Démontage, pliage, et péage : le gestionnaire du camping ne nous avait pas oublié. Vu la côte sur laquelle est installée le camping, nous sommes sortis de là en poussant les vélos - et zou. Nous avons rejoint immédiatement l'EV4, qui passe la Rance par la D366, coupe le nord de Plouer-sur-Rance. Après un tronçon désagréable sur une voie en site propre aménagée le long d'une route trop passante, l'EV4 traverse Pleslin. Là, bonheur, une voie verte, une vraie : droite, plate, abritée du vent et du soleil... sans doute une ancienne ligne de chemin de fer. Ça donnait envie de continuer tout droit vers Dinard, mais à Tréméreuc, bifurcation : plein ouest. Des champs, un estuaire (le Frémur : une belle descente, une très belle montée - la première du jour), des champs, un ruisseau, des champs... au village de Trégon, un tout petit square attire notre attention : une table de pic nic ? C'est parfait, ce sera notre halte pour midi.

Quelques kilomètres plus loin, nous faisons un arrêt touristique au Château du Guildo. C'est une ruine avec de beaux restes, suffisants pour nous donner une belle vue sur l'estuaire de l'Arguenon et la petite ville de Notre-Dame-du-Guildo, malgré le temps gris et triste (rien de pire qu'une photo par temps gris...).

Les ruines du Guildo

La vue

Vu de l'autre côté

La voie verte continue tranquillement dans une forêt, avant de rejoindre les champs à nouveau : tout droit, jusqu'à Matignon. Trois km plus loin, juste avant Pléboulle, une montée bien trop pentue nous attend : je craque 10 m avant la fin, mais les gars passent tranquillou. Encore quelques kilomètres, et nous prenons une pause énergétique dans l'estuaire du Frémur : une vision un peu nihiliste, marais d'un côté, estuaire vide de l'autre. Tout est gris, boueux, pas bien accueillant.

On repart, la voie longe l'estuaire - jusque là tout va bien - puis pique dans la côte - ce sera la 3e affreuse de la journée. L'EV4 passe par Plévenon puis rejoint le Cap Fréhel par des chemins de traverse - ou plutôt, des petites routes puis un sentier dans la lande. Au final, nous nous retrouvons sur la route aménagée : piste pour les vélos et les piétons, route pour les voitures. Une fois de plus, heureusement nous ne sommes pas en haute saison... le trafic aurait rendu les choses moins agréables. Arrivés au Cap, les nuages laissent un peu de place au soleil, et la lumière fut.

La côte

Ajoncs

Il y a quand même du monde, mais la foule est largement supportable. Le site fait visiblement l'objet d'un effort d'aménagement pour sa préservation, comme pour les autres grands caps. Le résultat est déjà probant : les landes sont magnifiques, avec des couleurs aussi variées qu'irréelles : feuillages verts, fleurs jaunes, filaments rouges, bruyères mauves, voiles blancs, ...

Il est 16h, et on repart. Direction : le camping, et on redescend toute la côte plein sud sur cette piste cyclable, avant de retourner dans les champs. Hésitations, nous suivons la départementale au niveau de Pléhérel-Plage : erreur ! Malgré un très beau point de vue sur les falaises, nous nous fadons une énorme côte - 4e et dernière de la journée. Sables-d'Or-les-Pins, nous voilà ! La cité est balnéaire, c'est beauf, c'est pas beau, moi qui pensait trouver une crêperie... Tant pis, le camping lui est très sympa, il nous offre même le dessert grâce à ses nombreux pieds de framboisiers ! Pour le plat de résistance, ce sera la polenta-fromage-tomattes séchées prévue initialement pour la veille. Le rocket stove sorti pour l'occasion fait parler, un vacancier réfléchit déjà à s'en fabriquer un beaucoup plus sérieux chez lui. Un autre nous parle de Daucy et des grandes boites de conserves pour collectivités - il est de la partie, et pour un peu, si on était restés quelques jours, sûr qu'il nous en aurait ramené des vides...