Pédo et autres tuyaux
Depuis l'achat de la maison, nous savions qu'il y avait au moins un dossier "travaux" obligatoire et à traiter dans l'année : l'épuration. Si loin du bourg, vous pensez bien qu'il n'y a pas de réseau d'égoûts sur lequel se connecter. Et si les travaux sont obligatoires... c'est que notre petite maison n'a jamais eu de système d'épuration. Une mise aux normes s'imposait donc. Mais à quelles normes, au fait ?!
Car nous avons choisi de conserver le fonctionnement existant pour ce qui est des toilettes : elles sont et resteront sèches.
Avantage n° 1 : avec les matières des toilettes (urine, fèces, mais aussi PQ et sciure de bois de châtaignier - c'est grand luxe chez nous), on fabrique notre propre terreau à raison d'un mètre cube par an, prêt à utiliser dans le potager et les petits pots de semis au bout de 2 ans. La boucle est bouclée ! Y'a pas mieux comme "économie circulaire".
Avantage n° 2 : faire pipi-caca dans l'eau consiste à polluer 100% des effluents de la maisonnée avec les 10% qui servent à évacuer la merde des toilettes. Quel gâchis, quand on sait que les autres effluents sont quasiment propres... Nous économisons donc l'eau de la chasse d'eau (plusieurs dizaines de litre par jour...) et ne polluons pas l'eau de nos douches et de nos vaisselles.
Avantage n° 3 : comme les effluents ne notre maison ne contiennent aucune bactérie fécale ou matière dégueue quand elle est traitée en anaérobie, l'eau qui sort de notre maison est plus propre qu'une eau qui sort d'une fosse toutes eaux. Pas besoin d'une installation hors de prix pour traiter nos eaux, c'est une économie de plusieurs milliers d'euros !
Les avantages s'arrêtent là, parce qu'après c'est la chienlit ! La règlementation de l'assainissement non-collectif ne prévoit pas vraiment qu'on puisse avoir des toilettes sèches. Disons que maintenant au moins, c'est autorisé (avant c'était une vraie blague : l'installation de toilettes avec eau était obligatoire...). Mais que rien ne précise techniquement quoi faire des eaux ménagères, si ce n'est que cela doit être "approprié" à une pollution 5 fois moindre qu'en toutes eaux. Le législateur a oublié de vérifier un point : aucune des solutions légalement reconnues car adaptées aux effluents toutes eaux, ne fonctionne avec des eaux ménagères uniquement (justement parce qu'il n'y a ni matières ni bactéries fécales...). Oups. Du coup, aucune solution, même techniquement valable, ne sera conforme à la réglementation et sera recallée aux contrôles du SPANC. Oups.
Quel sujet passionnant, non ? Si vous commencez à vous prendre au jeu, vous pouvez parcourir ce rapport ou encore ces fiches techniques. Après avoir parfait notre culture sur ce sujet, nous avons choisi de mettre en place une pédoépuration (ou géoépuration) : c'est-à-dire de laisser les bactéries du sol faire leur boulot. Pour cela, il suffit d'épandre dans la couche supérieure du sol (et non pas en profondeur, où il n'y a plus aucune "bestiole" pour dégrader les pollutions). Et voilà.
La première chose à faire à été de défaire : les effluents de la maison étaient jusqu'à présent envoyés directement dans la goutière, et donc mélangées aux eaux pluviales... et ça, c'est mal. Nous avons bouché la goutière et envoyé notre évacuation de diamètre 40 mm dans un tuyaux de 100 mm. Sur la photo, on voit qu'un gendarme est venu faire le boulot du SPANC et contrôle que c'est fichu comme il faut.

Ensuite, deux mètres de tuyaux, un coude à 45°...

... encore 3 mètres, un grillage, et on déverse dans les caillasses. Comme le terrain a une pente dans le mauvais sens, nous serons bons pour un entretien rigoureux de cette travée : nous avons paillé par dessus, et il faudra faire en sorte d'éviter que la tranchée se rebouche pour rester en traitement aérobie.

Pour finir, une petite vue du départ de la tranchée - au fond, le monticule de terre déplacée pour la creuser !

Vous avez remarqué ? La pelouse est jonchée de gravats. C'est qu'un autre chantier est en cours aujourd'hui : démolition de la cheminée ! Voilà une vue à mi-chemin : la partie cimentée sans peinture est déjà tombée. Remarquez la belle toiture en ardoises fibre ciment (amianté, bien sûr) couleur gris passé. Une fois la cheminée rasée, nous avons pu voir que les chevrons à proximité de la souche étaient complètement vermoulus. Il suffisait de gratter un peu du doigt pour que cela parte en miettes... Argh. Et voilà comment nous avons dû plannifier au plus vite un chantier toiture...

Ensuite, on s'est attaqués à l'intérieur. Adieu, la cheminée qui ne tire pas et qui ne chauffe pas ! Une belle cochonnerie que nos prédécesseurs ont quand même payé 6000 euros, et qu'on a démolit pour 600. Quand on a vu comment c'était fichu là-dessous, on n'a pas regreté d'avoir fait tout tomber. La maison aurait pu crâmer et nous avec...

Et voilà après une journée de travail...

Le coco qui nous a aidé a été un peu vite et un peu loin : il a fait sauter aussi la partie maçonnée historique qui portait les linteaux de la porte et de la fenêtre... Alors depuis, nous avons deux étais à la place, ça donne un look très industriel à la pièce. Maintenant il reste à savoir si nous allons pouvoir ouvrir le mur et/ou agrandir la fenêtre ?... Nous venons d'ajouter à la liste des choses à faire : la tournée des maçons du quartier.





















