Journal de Bottes

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature (la suite).

lundi 15 juin 2026, 21:20

à Perros

Jour 11 : lundi.
Ce matin, nous sommes en repos : pas besoin de plier la tente ! Ça, c'est les vacances... dans les vacances. Comme nous n'avons pas fini de charger correctement le téléphone hier soir, nous prenons le petit déjeuner dans la grande salle commune - d'autant que ça tombe bien, le temps est encore frais ce matin.

Nous commençons la journée par régulariser notre situation, et en ce lundi matin, il y a un bon nombre de campeurs déjà présents à l'accueil pour faire de même - qui pour rendre un vélo en location, qui pour louer un vélo, qui pour, comme nous, déclarer son arrivée la veille. La dame à l'accueil peine déjà sous le nombre des demandes, et la journée vient tout juste de commencer ! Le lundi doit être une de ses pires journées.

Nous voici maintenant 10 mètres plus loin, à l'arrêt de bus. Nous essayons de déchiffrer les tarifs et les modalités de paiement - il semble qu'il soit possible de payer en envoyant un SMS à un numéro court, et bien sûr de télécharger une application (mais ce n'est pas une option)... Par précaution, nous attendons de voir arriver le bus - peut-être pourrons-nous payer directement au conducteur, après tout. Après une bonne quinzaine de minutes d'attente en la compagnie d'un autre couple du camping, justement le voici, le bus. En fait, c'est un mini bus qui compte moins de 20 places en comptant les strapontins. Le chauffeur ne semble pas tout jeune (peut-être est-ce un retraité, comme notre voisin conducteur de bus qui continue malgré tout à assurer une liaison ou deux chaque jour), d'ailleurs il écoute « radio bonheur ». À notre question sur le tarif, il nous répond « oh, on n'est pas encore en saison, c'est gratuit ! » En voiture simone... pour presque une heure ! C'est pas que le terminus est loin, c'est que le trajet fait des tours et détours, des boucles qui nous font revenir sur nos pas en permanence.

Arrive quand même le moment où le bus arrive presque au terminus, là où se tient le grand marché du jour : le marché de Sainte-Anne, qui se tient... place du marché. Un petit arrêt à une boulangerie chicos nous permet de partir pour la journée avec du pain et un petit Kouin Aman - de quoi marcher jusqu'au soir ! De là, direction, la plage de la grève blanche : c'est d'ici que nous commençons notre retour à pied au camping par la côte. Nous arrivons par les hauteurs, face à la couronne du roi Gradlon... un rocher au nom évocateur.

plage de la grève

Ici, la brume est encore plus dense : ambiance... la première pointe du GR34 est un peu sauvage, et dans le brouillard c'est magnifique. Le chemin longe ensuite la plage du Coz-Pors, longée de bâtiments - le charme est déjà rompu. On enchaîne avec la plage de Ker ar Vir, avec vue sur une petite presqu'île verdoyante.

plage de l'île renote

Un petit tour pour le plaisir sur la presqu'île de Renote, puis on enchaîne les traversées sur le sable dans la baie de Sainte-Anne. Avec la marée basse et le temps encore gris, c'est parfois beau parfois trop triste. Nous arrivons au pont où trône en son milieu le moulin à marée du Grand Traouïero : le moulin est fermé par avis municipal, pour cause de bâtiment dangereux. Un peu plus loin, un panneau indique une déviation du GR34 : naïvement, nous la suivons, et pendant 500 m on se retrouve à longer un boulevard passager et bruyant. La déviation repique vers Saint-Guirec après le chaos de Traouïero, et ce n'est qu'une fois arrivés là qu'on se rend compte que d'une part la déviation n'est pas indiquée dans ce sens, d'autre part, l'autre pont (où se situe le second moulin) est bel et bien emprunté par des promeneurs. Merci pour le détour sans aucun intérêt...

Sainte Anne

À la pointe de Saint-Guirec, nous profitons des toilettes publiques et prenons une pause goûter à l'abri du vent. Puis c'est reparti pour le clou du spectacle, malheureusement toujours sans soleil : la côte de granit rose. Nous traversons d'abord la plage de Saint-Guirec - l'occasion d'apprendre que si la tradition voulait qu'on plante une aiguille dans le nez de la statue du saint pour trouver un mari dans l'anneé, c'est que la statue était en bois, et non pas en granit comme depuis que la petite chapelle a été restaurée. Dans l'église, nous découvrons aussi une toile d'Albert Clouard datée de 1903 « Comment saint Guirec vint en Bretagne ? » toute en couleurs fauves.

Une maquette d'un « curragh » (un bâteau du IV et Ve siècle) est aussi présentée, et elle nous rapelle curieusement la grosse barque de granit placée devant la cathédrale de Dol. Et si, finalement, les moines gallois et irlandais étaient vraiment venus avec des « barques » en granit ? La légende de la maquette de curragh précise que ces embarcations de 8 mètres à voile et avirons, très légères (recouvertes de 43 peaux de vaches) et au faible tirant d'eau, étaient lestées par une auge en pierre...

un curragh

phare de Mean Ruz

Plus loin, nous passons près du phare de Mean Ruz, qui prend la pose pour la photo emblématique du site. Après la petite cale de Porz-Kamor où est située la base SNSM, nous prenons notre pause déjeuner face à la mer. Encore quelques centaines de mètres de granit, puis c'est un simple sentier pour rentrer jusqu'à Perros Guirec par la plage de Trestraou. Pour tromper l'ennui, nous observons les leçons de voile : les élèves dans leurs petits bateaux ont bien du mal à naviguer avec le vent. À la plage, nous prenons une nouvelle pause : c'est officiel, nous en avons plein les pattes.

Nous rejoignons ensuite le centre de Perros : d'abord, trouver une banque pour acheter de l'argent, puis un Carrefour city pour quelques denrées à se mettre sous la dent. Les prix y sont incroyablement élevés, à tel point qu'on tente... un 2e Carrefour city. Après quoi, direction la plage de Trestrignel - qu'on préfère peut-être à l'autre, parce qu'elle donne l'impression d'une crique. Après une autre pause assis en plein vent, nous quittons la plage par le sentier de la côte, puis quittons la côte pour éviter d'être hâpés par le boulevard qui prend toute la place entre la plage des arcades et le port miniature. Nous revoici au port de plaisance... Il ne nous reste plus qu'un bon kilomètre pour rentrer. En tout, nous aurons parcouru environ 24 km à pied - ça change du vélo, mais ça fatigue tout autant !

Ce soir, il y a toujours autant de vent, mais il a tourné. Nous prenons le temps de faire un peu de yoga pour nous détendre, tout en faisant charger le portable... puis c'est l'heure d'une douche bien chaude. Nous mangeons face à l'anse de Perros, assis sur les galets, plein nord. Avec un temps pareil, nous ne nous attardons pas trop : dodo.

boulangerie pâtisserie 10 (approx)
carrouf city 14,14 le lendemain