vers Perros
Jour 10 : dimanche.
Grâce à l'avance que nous avons pris les jours précédents, nous partons ce matin avec 15 km « de moins » sur l'étape prévue aujourd'hui. Du coup, nous pouvons envisager plutôt sereinement d'arriver non pas à Lannion, mais à Perros Guirec directement ce soir (plutôt que le lendemain midi). Nous chargeons les vélos et partons à la recherche d'un endroit où petit déjeuner « avec vue » : depuis le camping, nous n'avons qu'à monter une côte pour arriver au bourg de Térenez, dont le petit port en contre bas est bien tentant... allez, bonne pioche : une belle descente, et des bancs le long de la mer. Parfait !

Après quoi, il faut remonter la belle pente : cela donne le ton de la journée qui nous attend ! D'abord, un peu de campagne jusqu'au Diben puis ça redescend vers la mer qu'on longe pendant presque 3 km - c'est assez rare sur le parcours de l'EV4 pour être signalé... car pour la « vélo maritime » ressemble avant tout à une « vélo campagne ». Le tracé bifurque à nouveau vers les terres en empruntant une montée bien trop raide pour mes jambes, d'autant plus qu'aujourd'hui je traîne un peu la patte, la faute aux « extras » qu'on a fait les jours précédents. Quand ça ne passe pas, il ne reste plus qu'à pousser le vélo (ce qui n'est pas moins fatigant). Après quoi, évidemment, une descente de dingue vers la plage de Saint-Jean-du-Doigt : je me souviens très bien de notre passage ici en 2014... il faisait gris, et je n'avais jamais vu autant de petits torrillons de vers des sables sur une plage. Aujourd'hui ça n'a rien à voir : ciel bleu et grand soleil transforment le paysage.
Par contre, la route reste fidèle à mes souvenirs : du dénivelé positif en masse, sur 7 km. Heureusement la vue vaut le voyage ! Le tracé nous fait passer dans un sous-bled, juste à côté du musée rural de Guimaec... puis emprunter un sentier qui doit être très sympa à pied ou à cheval, mais qui est sincèrement assez peu adapté au passage de vélos chargés pour la randonnée. Après vérification, mon tracé GPS perso tirait tout droit de manière bien plus efficace... mais pourquoi je branche pas le GPS en permanence !? Tout ça pour économiser de la batterie. À peine plus loin, rebelotte : l'EV4 passe par un chemin qui fait peut-être 1 m de large - c'est raisonnable - mais qui n'a pas été entretenu : si vous ajoutez les fougères et surtout les ronces à éviter, il ne reste pas très large pour rouler sans se faire griffer ! À la sortie du chemin, un banc au milieu de nulle part. Ah non, autant pour moi : il y a quelques restes mégalithiques, le « dolmen dit Lit de Saint Jean ». On s'y installe pour une pause méritée, nous avons bien besoin d'eau et de prendre un peu l'ombre. Le temps de manger un brownie, et nous avons le temps de croiser deux couples en vélo rando. L'un deux, ce sont des suisses qui vont faire du woofing !
Une belle descente à nouveau pour nous ramener auprès de la mer... Encore des montées et des descentes, nous approchons de Locquirec. C'est là que nous prenons notre pause déjeuner : à la plage de Porz ar Viliec. Mais pas sur la plage : assis sur le rebord du muret, à l'ombre des arbres. Il fait vraiment trop chaud aujourd'hui pour s'exposer ! À la fin du repas, nous discutons itinérance avec un jeune motard qui prévoit une virée dans le sud : il s'interroge sur le bivouac et le barda à emporter.
Nous repartons sur un tronçon assez tranquille, qui longe toute la baie de Loquirec.


Voici que nous atteignons l'estuaire du Douron. C'est ici que nous avions logé... décidément c'est étonnant comme on se souvient bien de ces endroits alors qu'on les a vu vite fait il y a plus de 10 ans. Nous voici maintenant le long de l'immense grève de Saint-Michel-en-grève... C'est alors qu'on quitte la mer pour entrer dans les terres en suivant un tout petit cours d'eau, le Kerdu - ce qui n'empêche pas de grimper. Tellement que des vélos qu'on croise nous annoncent « courage la montée est bientôt finie ! ça va descendre ! »... Et effectivement, hop, tout le reste en descente jusqu'à Lannion. Nous arrivons dans la ville par le Léguer, où s'enchaînent des terrains verdoyants, un camping, une base sport nature, ... Cela remonte la ville dans notre estime. Dans le centre, comme on est dimanche tout est très calme, presque pas de circulation, juste quelques gens qui prennent la fraîcheur près de la rivière et dans les parcs. Nous quittons justement l'EV4 près d'un parc : plutôt que de faire le grand tour par la côte, nous empruntons une ancienne voie ferrée pour rejoindre plus rapidement Perros.
Cette voie vélo quitte Lannion à nouveau par un parc, tout en légère montée, puis continue à bien monter (+ 100 m pris sur environ 5 km) sous le couvert des arbres - heureusement, vu la chaleur ! Mais même comme ça, la fatigue commence à se faire sentir. Une dernière descente : nous voici enfin aux abords de Perros Guirec. Le tracé réalisé avec OSM passe tout droit à travers un lotissement, juste avant le camping. Ça semblait efficace sur la carte, mais dans le réel, ça s'est révélé compliqué : il s'agissait en fait d'un sentier à peine empruntable à pied, pas large et très pentu ! Nous avons mis pied à terre et sommes quand même passés... nous n'avions pas la patience de faire demi-tour alors que le camping était en vue, juste à côté !
Évidemment, dans un camping municipal un dimanche, l'accueil est fermé. Et évidemment, c'est pas grave : nous avons fait le tour du propriétaire pour choisir l'emplacement où planter. Nous avons accordé surtout de l'importance sur les haies pour nous protéger du vent, qui soufflait fortement en provenance de l'est. Nous allons enfin pouvoir poser les vélos : à Perros nous ferons tout à pied. Une fois installés, déjà en tongs et les serviettes sous le bras nous allions partir pour la douche, quand nous croisons deux campeurs qui arrivent avec un pochon en plastique - ces gens-là viennent visiblement de faire des courses... un dimanche ? Nous les interrogeons. Ils ne parlent qu'anglais, mais nous explique qu'il y a un mini supermarché ouvert au port de Perros, à 15 min à pied. Il est bientôt 19h, mais si on se dépêche et qu'on y va en vélo... oui, ok, on fait encore du vélo ! eh bien on doit pouvoir arriver avant que ça ferme. Branle bas le combat, c'est parti : on remet des chaussures, on prend un sac à dos, on enlève les antivols, on enfourche les vélos, et on bombe vers le port ! Arrivés là-bas, on hésite, on cherche, où est ce foutu mini marché ? Ah, le voilà ! C'est mini, effectivement, mais j'y trouve les deux bières qu'il manquait pour accompagner le dîner. Voilà, cette fois-ci on peut rentrer, ranger à nouveau les vélos, prendre une douche, et manger face à la mer, bien couverts - car après avoir pris la chaleur toute la journée, le vent a réussi à surpasser le soleil... ici il fait frisquet. Une fois le soleil couché, nous faisons pareil.

75 km 6h10 vers Perros
camping 35 (pour deux jours)
votre marché 12 (approx) indiqué par des anglais in extremis