vers Morlaix
Jour 9 : samedi.
Réveil au bord de l'Hyères, avec une brume à couper au couteau - ça tranche par rapport au beau soleil d'hier ! Mais la brume est passagère : avant même de quitter le camping, elle se lève et laisse place au soleil - c'est même une des journées les plus chaudes de notre périple. L'urgence ce matin était de finir de charger le téléphone portable dans les sanitaires (en gardant un oeil dessus...), mais c'était bien la seule. Petit déjeuner au camping, sur une table au soleil. Nous regardons les autres randonneurs ranger leur barda - et certains ont vraiment beaucoup de choses à ranger ! Un couple de jeunes cyclo hyper sportifs sont presque aussi BUL (biclou ultra léger) que nous, mais sincèrement, leur vélo de course ne mérite pas l'appellation de « biclou »...
D'ailleurs en parlant vélo, nous aimerions bien mettre la main sur un peu de graisse pour chaîne, histoire de mettre un peu de gras dans les pièces du dérailleur qui couinent. À l'accueil, malgré le matériel mis à disposition dans le cadre du label « accueil vélo », le responsable du camping n'a rien de mieux qu'une vieille bouteille de WD40 qui a perdu son embout : autant dire qu'il est inutilisable. Un monsieur qui vient lui aussi régulariser sa situation, nous propose gentilment de profiter de son petit bidon. Hop hop, vive l'entraide ! Lui et sa femme font le canal de Nantes à Brest - il en sont au retour, et trouvent que le revêtement le long du canal est mauvais (c'est vrai) et qu'il y a bien peu de villes (c'est vrai). En gros, comprendre : pas les meilleures vacances vélo qu'on ait fait.
Comme le camping n'était pas celui prévu, il faut revoir vite fait la trace. Normalement nous aurions du suivre l'EuroVélo 1 qui quitte le canal sous Cahraix et traverse cette ville par son ancienne voie ferrée. Là, nous sommes 2 km plus à l'ouest... nous faisons le choix de repartir par le nord : nous reprenons le sentier le long de l'Hyères par lequel nous sommes arrivés hier, et débouchons sur la départementale qu'on quitte immédiatement pour monter vers Plounévézel. Attends, monter ? Oui, monter, et pas qu'un peu : une jolie côte de 7-9% heureusement pas bien longue nous attend, sans échauffement ! En haut, elle amène à au « Centre missionnaire de Carhaix » : une oeuvre protestante un peu inattendue ici. Bref, encore quelques kilomètres sur une route tranquille, et nous voici sur l'EV1. Encore une route déjà parcourue précédemment : avec Étienne, sur un court tronçon avant qu'on ne bifurque vers Huelgoät.
Après une pause à Poullaouen pour faire quelques courses au mini-marché local (j'en ressors avec un pâté Hénaff et un avocat), nous roulons ce matin jusqu'à la gare de Scrignac qui a été aménagée en halte pour les vélo-voyageurs. Nous déjeunons dans ce cadre tranquille et un peu protégé du soleil - car il fait décidément chaud aujourd'hui. Ce matin nous n'avons roulé que 24 km mais ne sommes pas trop inquiets : la plus grande partie du parcours aujourd'hui est sur cette ancienne voie ferrée. Malgré tout, elle est relativement exigeante, car les pentes « douces » durent longtemps : quand ça monte, c'est sur des kilomètres et des kilomètres ! Nous croisons sur cette aire de pique nique un couple en tandem : ils sont partis de Tours, sont montés par la Mayenne puis jusqu'au mont St Michel, ont parcouru la côte, et rentrent maintenant par le canal puis la Loire. Verdict de Madame : « y'en a marre des routes tape-cul en Bretagne »... et c'est vrai : la Bretagne a peut-être développé ses voies vélos avant les autres régions, mais il est grand temps qu'elle réinvestisse car les revêtements des voies où sont relégués les vélos sont souvent pourris !
Nous reprenons la route : 9 km de montée (+110 m), suivis de 13 km de descente. Nous sommes aux portes de Morlaix, c'est le moment de reprendre une petite pause avant d'affronter la ville. Quelques coups de pédale plus loin, nous voici à proximité du centre, et tiens, les complications (attendues) commencent. Par contre, leur cause est inattendue : la route est fermée par une voiture de police pour cause de... gay pride ! Peut-être 200 personnes, ambiance festive mais particulièrement dense. On ne nous empêche pas d'y aller, mais c'est visiblement une mauvaise idée ! Nous faisons un léger contournement, et arrivons en plein centre derrière la manifestation, juste au bon endroit : au Monoprix. Damned : le Monop' n'a pas (plus ?) de rayon alimentation. Déception ! Il faut trouver autre chose. On se perd un peu, puis on trouve l'Intermarché contact local. Très bien ! J'en ressort avec un maximum de provisions, car demain c'est dimanche, et en bonus une glace au caramel beurre salé. On flingue sans sourciller le demi-kilo de crème glacée, elle aurait même presque un petit goût de trop peu !
On remonte sur les vélos, et quittons Morlaix par la rive Est de son port. Il ne reste qu'une grosse dizaine de kilomètres, mais les plus durs de la journée : ça commence d'ailleurs par une grosse montée pour arriver à Ploujean, un petit bled avec une belle église. Sur la place centrale, une épicerie solidaire : cool ! Ah, sur la porte, un écriteau : « fermé par manque de bénévoles ». Dommage. Belle descente ensuite vers le Dourduff, en particulier sur une voie gravillonnée qui court sous les arbres le long d'un estuaire. Est-ce ici que nous avions cassé la roue du vélo d'Antoine lors de notre premier tour en Bretagne, en 2015 ? Nous pensons identifier une portion du sentier qui pourrait tout à fait correspondre à un trou où s'embourber par temps de pluie... (NDLR : après vérification sur le blog, oui, c'est bien là !). Bref, pause pipi dans les bois, et on repart.

Le Dourduff prend bien la lumière, d'ailleurs toute la côte est resplendissante... puis le tracé remonte au-dessus de la côte, toute en falaises : +70 m en 2 km. Pendant la dernière descente qui nous amène au camping, j'ai le temps d'apercevoir le Cairn de Barnenez : un mausolée mégalithique de 75 m de long... difficile de le louper dans le paysage. Le camping a une zone réservée aux randonneurs : sympa ! Par contre, elle est légèrement en pente... c'est moyen pour planter la tente. Une fois installés et propres, direction la mer, à pied : nous rejoignons le petit village de Kernelehen, et mangeons sur un banc face à cette baie.

Le soleil brille encore, mais le vent s'est levé, et la chaleur n'est plus du tout au rendez-vous, c'est tout l'inverse : même en polaire, on se pèle les miches. Après manger, nous marchons jusqu'au Cairn, que nous pensons naïvement pouvoir aller visiter. Que nenni ! C'est fermé et surtout soumis à droit d'entrée. Privatisé, quoi. Même si c'est par l'État, l'accès étant réglementé et payant, ce n'est plus vraiment public... Bref, nous rentrons au camping nous coucher.
61 km 4h30
votre marché à Poullouhen 4,09 (paté hénaf)
intermarché contact Morlaix 35
camping baie 18,22