Journal de Bottes

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature (la suite).

vendredi 12 juin 2026, 21:20

vers Châteauneuf du Faou... et au-delà

Jour 8 : vendredi. Ce matin, le temps est gris. Les appli météo nous promettent un temps ensoleillé à partir 15h, mais en attendant c'est couvert et frisquet. Nous quittons le camping sans avoir petit déjeuné, mais nous arrêtons pour y remédier à 200 m de là, au premier espace vert avec banc que nous croisons - ça ne s'invente pas, c'est à l'intersection de la rue des Pélicans et de l'avenue des Cols Verts... 200 m de plus, et nous revoilà sur la piste cyclable qui est l'ancienne voie ferrée. Pas de bol, elle est rapidement interdite à la circulation (des travaux ?) et nous revoici dans le trafic. À la première occasion, nous suivons une voie verte le long de la petite rivière du Steir... que nous quittons par l'avenue des prés. Hey, mais c'est la rue de Patrick ! Nous sonnons pour lui faire un petit coucou avant de partir.

Nous sommes sur l'itinéraire balisé V2901 (?!...) qui nous fait sortir de Quimper par une belle route en forêt et en descente (ce qui ne fait qu'augmenter son charme !). Bon, à vrai dire, après ça remonte ! Arrivés au lieu dit Ty Planche, voilà ce qu'on attendait : le tracé d'une ancienne voie ferrée (Douarnenez - Guengat). L'entrée en matière est particulièrement ratée : un petit décroché très raide, sans revêtement et très érodé - du gravel plus plus, quoi. Chargé, c'est jamais très agréable. Mais bon, nous voici en site protégé, un peu en hauteur, avec vue sur la campagne environnante - ses talus, ses champs, ses fermes, ses goélands !

Après seulement 6 km, nous sortons déjà du tracé : pas de Douarnenez pour nous cette année, c'est direction Châteaulin. Du coup nous bifurquons à Plaisance vers le bourg de Plogonnec. Nous y faisons une pause pour visiter son église Saint Thurien.

Plogonnec

Plogonnec

À partir d'ici, ça monte et ça descend - mais surtout, ça monte ! Notre tracé passe en plein milieu de la campagne, c'est valonné, il y a parfois (très rarement) des vaches (chance : celles qu'on croise sont de petites vaches d'une race locale !). Après 6 km de montée, nous apprécions la symétrie exacte en descente - si ce n'est que les descentes sont toujours plus rapides, et semblent toujours trop courtes... surtout quand c'est pour enchaîner sur à nouveau 5 km de montée - et super salée, celle-ci, avec même un tronçon à 7-9%. Heureusement, juste avant nous avons pris une pause, le cul posé sur une pile de poteaux béton d'EDF en attente d'être posés (car dans ce genre de coin, si vous attendez un banc pour vous asseoir vous ne prendrez jamais de pause !). Arrivés au sommet (à une altitude de 211 m...) la descente est encore plus dingue ! Trois kilomètres descendus à fond les ballons, avec une portion à 15%. C'est grisant et un peu flippant.

Châteaulin

À la fin de cette descente, nous sommes arrivés à Châteaulin : nous traversons par la passerelle, qui semble accueillante aux vélos, mais c'est une mauvaise idée : à l'autre extrémités, des marches nous attendent avec juste une glissière pour descendre les vélos. Comme on est joueurs, on l'utilise (pied à terre, évidemment, car on n'est pas non plus suicidaires), en freinant les vélos au maximum. Juste à côté de l'église, nous faisons des courses à la supérette juste avant l'heure de fermeture : rik rak, on y trouve de quoi pique niquer pour ce midi. Nous allons grignotter ça juste à côté, le long du canal de Nantes à Brest - ici, le canal est l'Aulne canalisé.

le canal de Nantes à Brest

Ce matin nous avons parcouru 35 km essentiellement en montée. Il est 13h30 et quelques, et il nous reste presque 45 km de quasi plat pour finir la journée. Ça s'annonce bien ! Nous pédalons à un bon rythme, sur un tracé tout ce qu'il y a de plus étrange : ici, le canal fait tellement de boucles, que le soleil tourne en permanence autour de nous ! Nous alternons les directions : plein nord, plein ouest, plein sud, plein ouest, plein nord, plein ouest, plein sud, ... etc. Nous prenons une pause au village de Pont-Coban - et oui, il est 15h et la météo a mis dans le mille : le soleil brille, et même, il tape fort !

Nous reprenons la route pour abattre les derniers kilomètres qui nous séparent de Châteauneuf-du-Faou, notre destination. Il est encore tôt, et nous sommes un brin fâtigués, mais quand même assez partants pour continuer - surtout que le camping, qu'on voit de l'autre côté de la rive du canal, ne nous inspire pas plus que cela. Par ailleurs, on se dit que le camping que j'avais prévu à Morlaix (situé juste à côté de la 4 voies...) ne nous inspire pas plus : si on prend de l'avance sur le parcours aujourd'hui, demain nous pourrions dormir dans un autre camping, un peu plus loin... près de la mer, par exemple. Nous décidons de commencer par aller faire les courses pour ce soir dans cette ville : or, l'accès évident (la départementale) commence par une belle pente à 7-9%. Allez ! C'est là qu'on se rend compte qu'il fait sacrément chaud, et qu'on est quand même sacrément fatigués... Bref. Nous voici au U Express, tout neuf, mais aucun parking à vélo. Juste devant la porte, un chat attend patiemment, il me regarde arriver, je lui adresse la parole : « Ben alors chat, ça va ? Tu fais quoi ? Tu fais la mendicité ?!... » Il ne répond pas. Si jamais il fait la manche, dans tous les cas, il ne racole pas. Je rentre.

Quand je ressort, chat est toujours là. Je m'aperçois qu'en fait, il y a trois gamelles alignées derrière lui le long de la devanture du magasin : et oui, chat fait la mendicité ! Digne, discret, pas insistant, je dirais presque : confiant. D'autant que visiblement le gérant du magasin et son équipe sont sympas avec chat mendiant. Je suis presque déçue de pas lui avoir acheté une petite barquette de pâté pour chat, mais je me dis qu'il doit avoir son lot de clients qui s'occupent bien de lui. Ce chat a vraiment tout compris !

Retour vers le canal : dans ce sens c'est tout schuss en descente. Le prochain camping d'après l'appli est le camping « du Moulin vert » sur le domaine du château du Pratulo, à 22 km via le canal (seulement 12 par la route, mais ce n'est pas une option). Il est 17h et des brouettes, cela nous semble carrément accessible. C'est parti ! Nous arrivons à 18h30, pour découvrir... que le camping est fermé. Sur le chemin d'accès, un panneau « CAMPING FERMÉ» avec des caractères bien gros, bien gras, bien moches. Un second panneau, écrit en lettres cursives, stylées et toutes mimi, un brin précieuses « Mariage de Valentin et Coralie » (NDLR : par respect pour les mariés, les prénoms ont été changés). Donc, le château de Pratulo s'est recentré sur ses activités les plus lucratives : séminaires, conférences et mariages. Fini le camping et les vélos itinérants.

L'urgence : trouver un nouveau point de chute pour ce soir. Surtout qu'il commence à se faire tard, et que cette fois-ci, on en a vraiment plein les jambes ! D'après l'appli OSMAnd (mais peut-on vraiment lui faire confiance !?) le camping du Stang se trouve à moins de 4 km. Aucun numéro de téléphone n'est renseigné. Et nous sommes dans un des nombreux trous du c... de la France : aucun réseau téléphonique. Ce n'est pas très loin... tentons. Arrivés à proximité, toujours aucun panneau : nous décidons de changer de destination. Il faut remettre une pièce, et parcourir 12 km (et 80 m de dénivelé positif : c'est acceptable) pour atteindre le suivant, qui est juste à côté de Carhaix. Celui-là, nous son n° de téléphone est renseigné dans l'appli, alors nous appelons, car c'est sûr nous arriverons après l'heure de fermeture de l'accueil ! Au camping municipal de la vallée de l'Hyères, on nous répond pas de problème : placez vous sur un des emplacements entre 42 et 50, et on se voit demain. Voilà, on sait où on va dormir : on se sent déjà mieux.

Nous voilà repartis pour les 12 derniers kilomètres, sous la chaleur malgré la fin de journée, et avec encore pas mal d'énergie, même si franchement on commence à puiser dans les réserves et qu'on sent que ça se paiera certainement les jours suivants. Le tracé du GPS, calculé à la volée, nous fait passer par une petite route et des chemins ruraux (gravel !!!) qui longent la N164 puis s'en éloignent pour traverser Kergloff, et finalement repiquer vers... mais vers quoi au fait ? Mais où sommes-nous ? Nous accédons au camping par un sentier qui ne doit pas être bien souvent emprunté par les vélos (vu qu'on arrive par le nord, alors que l'EV1 passe à l'est du camping). Nous repérons rapidement les emplacements réservés aux cyclos randos, d'ailleurs c'est facile, il y en a bien une dizaine d'installé - on n'en n'a jamais vu autant jusqu'à présent ! Installation, douche, dîner, ... dodo.

35 km 3h35 pour arriver à Chateaulin... et en tout : 113 km en 7h30 ... TROP !
mini marché de Chateaulin 5,28
U express 23,08 Chateauneuf du Faou - chat mendiant !
camping du val de Hyères 11 (payé le lendemain)