Journal de Bottes

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature (la suite).

mercredi 10 juin 2026, 21:20

vers Fouesnant

Jour 6 : mercredi.
Hier était une petite journée (60 km), et aujourd'hui est prévu comme un jour de semi-repos : seulement une quarantaine de kilomètres. Nous partons ce matin avec le soleil et sans trop de vent (pour l'instant ?) - de vraies bonnes conditions, pour une fois. Ça tombe bien, parce qu'aujourd'hui on est un peu en mode tourisme... Et ça commence vite : à peine 5 km et on arrive à la pointe de Tremignon (oui, celle de la chanson...). Premier arrêt !

Trémignon

Trémignon

Trémignon

11 km de campagne après, nous voici aux abords de Concarneau. Pas de chance, le temps a déjà tourné, et nous voici à enfiler notre K-way près de l'église Notre-Dame de Lorette. Puis on file tout droit vers le port, en suivant une rue absolument toute droite peuplée de maisons de style lotissement sans aucune âme. Ah, voici le port. Nous prenons déjà le temps de reluquer les différents types de bateaux : militaires, de pêche, de compétition, ... et maintenant, à nous d'embarquer pour à peine de 200 m de « croisière » : à bord pour ce trajet, nous sommes 4 personnes et 4 vélos - les deux autres sont électriques. La navette nous permet de débarquer au bout de la ville close.

arrivée en bateau

la ville close

Nous choisissons de manger en dehors des remparts, avec vue sur le port. Un goéland rôde autour de nous, nous nous méfions car ces bestioles sont de vrais gloutons, et chapardeurs en plus ! Des touristes débarquent parfois par la porte des remparts et jettent un oeil sur le port. Une dame se prend au jeu de la photographe animalière avec son téléphone portable, pendant que son amie balance des frites au goéland, qui les gobe avec une agilté exemplaire. Pauvre monde.

le port

le rat des mers

la ville close

Suite à quoi, nous poursuivons : comme il est tôt et que l'étape est courte, j'envisage d'ajouter un petit circuit bonus dans Concarneau et de longer le port puis les plages. Sauf qu'arrivés au plus près de la mer, nous constatons que le vent souffle toujours très fort depuis le large. Nous n'avons pas envie de combattre contre les éléments, et repiquons pour retrouver le tracé. C'est d'abord une ancienne voie ferrée, facile, sans circulation. Puis une piste cyclable le long d'une route - je me souviens très bien de ce passage, dans l'autre sens cette descente agréable était une montée sans fin ! Et enfin, la montée ultime : du 15% au moins sur un petit tronçon qui nous amène à la Forêt-Fouesnant. Monsieur l'endure jusqu'au bout, je craque aux deux tiers (ce qui est très honorable, je trouve, en riverside millésime 1995 et chargement rando) et finis en poussant le vélo.

En quelques coups de pédale, nous voici face au Port-la-Forêt : ici, une pause s'impose. D'autant plus que la météo a encore changé, et en beaucoup mieux : le soleil s'est imposé, le vent est tombé. Après le mini-brownie réglementaire, je consulte mon téléphone pour m'apercevoir qu'il est toujours en mode avion. Sitôt connecté au réseau, voilà que j'ai des nouvelles de Cr, qui datent de ce matin 9h : il décommande le rendez-vous de ce soir (zut) mais se propose de nous voir dans l'après-midi. Hey bien ça tombe bien, nous sommes arrivés et nous ne sommes pas encore en milieu d'après-midi ! On se cale un lieu de RDV- à la digue (qui s'avère être sur notre itinéraire) - et hop, c'est reparti. À la digue, nous sommes synchro : nous arrivons en même temps. Il est venu en vélo lui aussi (mais électrique), et nous guide jusqu'à la pointe du Cap Coz. On largue les vélos, et on s'installe juste derrière sur des rochers, face à la mer et nez au soleil. Il fait partie de la team qui organise le bac dans son lycée : non seulement il a du sauter le déjeuner pour gérer l'événement et peut donc se permettre de prendre de la récup, mais en plus tant que l'épreuve dure, il n'a techniquement rien à faire. C'est donc le moment idéal pour se prendre une pause au soleil, au pied des vagues, entre anciens élèves !

Le temps dans ces cas-là passe toujours trop vite, et nous voici déjà à nous quitter. Il reprend la route vers le lycée, nous continuons notre route qui longe la plage du Cap Coz. Le camping de Kerscolper est situé dans la montée juste après. Après tant de belles expériences en camping cette année, nous sommes un peu décus par celui-ci. D'abord, c'est le plus cher. Ensuite, aucune tente en vue : le camping est bourré de campers et camping-cars, et tout est fait pour eux. Sans compter l'effet « waow » inversé : les haies de l'emplacement qu'on nous a attribué viennent d'être taillées, super, mais les déchets verts jonchent le sol, abandonnés. Enfin, dans le bloc sanitaire juste face à nous, seule une porte sur deux est ouverte, et un toilette fuit en permanence. Allez, au moins y'a du PQ, et si on avait voulu, il y avait une piscine - mais à vra dire, on n'a pas eu la curiosité d'aller voir. Parce que d'abord : s'installer, se doucher, et aller faire des courses ! Ici le supermarché est trop loin pour y aller à pied : on remet une pièce et on réenfourche les vélos. Certes, quand ils sont déchargés, c'est quand même autre chose, comme si il nous avait poussé des ailes ! Direction le U express local, ce qui nous fera passer devant le lycée de Cr. D'ailleurs cette route propose une piste cyclable non obligatoire signalée par un panneau bleu carré : celui qui indique une piste conseillée et réservée aux cycles - bien que les piétons y soient par ailleurs tolérés -, mais non obigatoire (corrolaire à la présence des piétons)... En sortie de rond-point, je n'ai tout simplement pas vu cette piste qui était de l'autre côté de la voie, et peu signalée depuis là d'où on venait. Il n'a pas fallu 200 m pour que des voitures - alors que le trafic n'était pas du tout dense et qu'il y avait largement possibilité de nous doubler - se mettent à nous klaxonner et même nous insulter ! Ces locaux (et leurs confrères par extension) sont entrés directement dans notre catégorie « pauvres cons ». Encore des gens qui pensent pouvoir « dresser » deux vélos de passage et imaginer que cela va avoir un effet sur tous les autres cyclos qui passeront ici dans la saison... Sans excuser ces débiles, nous avons tout de même tiré une théorie de cette expérience (couplée à deux ou trois autres observations du même phénomène les jours précédents) : toute infrastructure présentant un flou ou une incompréhension dans son interprétation conduit fatalement à un conflit, chacun s'imaginant dans son bon droit. Or, Cr nous en avait parlé et nous avons pu le constaté, il n'y a pas deux ronds points aménagés de la même manière pour les vélos, et certains le sont selon des principes originaux qui semblent très avantageux pour les vélos, mais assez incompréhensibles car sans référence au code de la route habituel et surtout... variables d'un endroit à l'autre. Comme si une expérience grandeur nature était en cours à Fouesnant : sur lequel des ronds points comptera-t-on le plus de mort à la fin de l'année ? Cela permettra de valider (ou invalider) les différentes solutions de circulations imaginées.

Bref, une fois les courses faites, retour au camping, puis retour (à pied cette fois-ci) à la plage de Cap Coz pour dîner. Le temps est maintenant un peu frais mais reste agréable. De retour au camping, il fait encore jour, et nous avons envie de nous détendre les jambes : allez, c'est parti pour une balade digestive d'une bonne heure : une boucle qui emprunte d'abord une route en forêt puis le sentier côtier. Après quoi, nous sommes décidément largement assez fatigués pour aller nous coucher en même temps que le soleil.

41,5 km en 3h34 (dont 6 km environ à vide)
Passeur à Concarneau 3
camping 22,42
Super U 12 (klaxonnés en chemin !)