Journal de Bottes

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature (la suite).

dimanche 2 juin 2024, 21:12

J1 - Plus loin, y'a Digoin

Dimanche. Le temps n'est pas tellement meilleur ce matin, mais pas le choix, il faut plier la tente et y aller. Nous terminons la partie « diesel » ce matin, et arrivons à Decize vers 11 heure. Le temps de sortir les vélos, de les charger avec les bagages, et de nous changer, nous voici prêts à partir ! Nous laissons Partner toute seule sur l'immense parking près du camping, après nous être informés auprès d'eux qu'il n'y aurait pas de manifestation importante. Il faut dire qu'elle va rester 10 jours là sans bouger... ça fait toujours un petit pincement. Et s'il lui arrivait quelque chose ? Et puis... et alors ? Hasta la vista !

Premiers coups de pédale. Les premières centaines de mètres sont connus : nous avions fait étape ici. Et ce pont, biensûr que nous venons de le passer en Partner... mais maintenant que nous sommes à vélo, et que nous y croisons une famille de cyclorando, nous savons que nous sommes à nouveau itinérants : la meilleure des sensations ! Encore un peu de ville, et nous voici sur le bord du canal. C'est le moment d'appuyer un peu et de couvrir rapidement quelques kilomètres faciles, à plat.

Pas de bol, il n'y a même pas 5 km de canal, nous voici maintenant sur des routes partagées. Rapidement, nous entamons une petite côte de 4 km avant de nous retrouver à nouveau dans une campagne plate, et plutôt agréable à visiter : des haies bien fournies, bien entretenues et à taille humaine, des champs qui sont le plus souvent des prés, parfois quelques bêtes... Quand vers le 28e km nous rejoignons la Loire, nous nous arrêtons pique niquer sur une aire aménagée sur ses bords. Un groupe de jeunes s'est déjà installé : un peu bruyants mais pas trop, ils se sont lancés dans un BBQ malgré le temps gris. Quelques gouttes commencent à tomber, mais ils ont le moral à toute épreuve qui résiste à la pluie ! Nous enfilons nos vestes, et continuons notre repas avec stoïcisme.

La pluie s'est calmée, nous avons fini de manger : nous repartons. Encore un brin de route sur la levée, et... nous continuons le chemin sans voir le panneau qui indique qu'il faut revenir vers les terres. Nous comprenons à la dégradation de la route que nous nous sommes trompés de chemin : la voie gravillonnée est devenue brusquement une décharge de pierres mal ajustées où je manque de perdre une roue. Pied à terre, nous décidons d'insister : il suffit de passer quelques mètres et voici qu'on peut rouler au pas dans un sentier visiblement peu emprunté. Finalement, nous débouchons le long d'une ferme et retrouvons le tracé.

Les toutes petites routes de campagne nous ramènent rapidement à une départementale. Elle grimpe jusqu'au village de Cronat - notre première vraie montée ce jour, quelque chose comme 40 m de dénivelés d'un coup. Arrivés à l'église, nous prenons une pause réhydratation sur un banc et en profitons pour faire tomber la veste : il fait trop chaud quand on s'active en kway !

La route ensuite est un succession de petites montées, petites descentes, qui font bien les jambes mais qu'on peut encaisser tranquillement après notre sortie à Brest. Une belle descente nous ramène dans un creux avant de nous relancer dans deux belles remontées - et là, ça commence à tirer sur les jambes sérieusement. Nous arrivons ensuite à Bourbon-Lancy, dont on ne voit pas grand chose : nous longeons un étang, et avons juste le temps de repérer un camping où j'ai prévu un possible arrêt au retour.

Après cette ville, nous sommes maintenant sur une voie vélo très tranquille : une ancienne voie ferrée, donc en site protégé et aux pentes toujours très limitées. Nous roulons bien et arrivons à Diou après avoir parcouru une soixantaine de km : nous dépassons la petite ville sans entrer dedans et sans chercher à voir à quoi ressemble son camping, pour aller chercher le suivant directement, situé 7 km plus loins à Pierrefitte sur Loire.

Nous y voilà. Il est 17 h quand nous arrivons, et... personne : l'accueil est fermé jusqu'à 18 h. Un homme bricole son mobile home, mais il est peu bavard. Le temps est gris, nous n'imaginons pas attendre une heure à faire le planton. Faut-il retourner à Diou ? Ou continuer ? Un coup d'oeil sur le GPS nous indique Digoin à 17 km, soit seulement 10 km de plus, avec une route entièrement le long du canal, donc plate et sans difficultés. On continue !

Nous donnons de bons coups de pédale et avançons à un bon rythme, malgré la fatigue, nous n'avons pas envie de lambiner. À proximité de Digoin, il ne reste qu'un pont à franchir par dessus la Loire pour rejoindre la ville, et surprise ! C'est un pont canal. Il nous fait penser au pont Canal du Guetin, à proximité de Nevers, que nous avions vu il y a deux ans. En effet, il est tout aussi sobre, et la loire ici est plus petite et plus rapide qu'à Briare : elle ressemble un peu à l'Allier au niveau de Guetin.

Une fois passé le pont, nous descendons vers les quais. Contrairement à ceux d'Orléans, ces quais sont très en hauteur par rapport à la Loire : ils la dominent, et offrent un joli point de vue vers un paysage assez verdoyant. La ville donne l'impression de s'être cantonnée à rive nord. Nous passons devant un bar animé et trendy, puis une grande esplanade où vient de se tenir une brocante - les derniers exposants en sont à la remballe. À la toute fin des quais, après un second bar - vide, et diffusant une musique un peu beauf qui n'engage pas à rester -, plus rien. Ah, si ! Une petite pancarte indique « camping ». Elle suggère d'emprunter une étroite voie pavée qui permet de passer à la fois de sous le pont et de monter d'un niveau pour rejoindre la ville plus haute... Pied à terre, et c'est parti pour pousser les vélos et nous engager dans l'étroit passage. Nous longeons ensuite un bassin où sont amarrées des bâteaux de joute, et nous arrivons enfin au camping. Le compteur indique 83 km... bien trop pour une première journée !

La femme qui nous accueille est très aimable et souriante, un vrai plaisir. Bon point ou mauvais point, je ne sais pas dire, elle nous connaît déjà : elle fait partie du même réseau que le camping de Portez près de Brest. Cela signifie que nos coordonnées circulent... bof bof. Bref. La zone la plus proche de la Loire est dédiée aux randonneurs, nous allons y piquer la tente à côté d'un autre couple de cyclo, et d'un allemand qui voyage en solo. Sur les indications de l'accueil, nous repartons ensuite à la recheche du mini supermarché de la ville, qui ne ferme qu'à 20 h alors que nous sommes un dimanche, - quel service ! - pour compléter notre tambouille du soir d'un peu de pain. En chemin, nous entrons dans l'église (et nous n'y avons vu... personne). J'ai apprécié les pierres bicolores des arches, et la peinture orange sous les voûtes qui est vraiment originale.

Digoin

Nous revenons au camping, il est temps de prendre une bonne douche chaude. Bonus : les douches sont dans un bâtiment chauffé, et ça, c'est appréciable quand il fait aussi moche qu'aujourd'hui ! Nous profitons ensuite de la salle réservée aux randonneurs pour grignotter au chaud, avant de nous coucher au son du croâssement de dizaines de corneilles qui ont établi leurs quartiers pour la nuit dans les arbres au-dessus de nous... pas très charmant, et assez bruyant, mais nous sommes assez fatigués pour faire abstraction et nous endormir.

> Decize - Digoin 
> 83 km en 5h30
> pain 1,40 €
> camping 16,60 €