Journal de Bottes

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature (la suite).

vendredi 10 mai 2024, 21:12

B2B - Vers les abers (et au-delà !)

Vendredi. Notre premier jour de vélo commence par le (réar)rangement des affaires entre ce qui doit être pris dans les saccoches et tout ce qui va rester dans Partner, qui va rester tranquillement six jours stationnée à la même place. Pour ce séjour immobile un peu prolongé, nous avons choisi de la garer sur les hauteurs du parking municipal, juste sous le camping. À la fois toute seule, et bien en vue des occupants de l'aire dédiée aux campers.

Nous voici donc partis, mais notre première halte est 100 m plus loin pour... prendre le petit déjeuner face à la mer. Ce matin c'est pain d'épice et jus de fruits - un grand classique. Le temps est au beau fixe, un peu frais, et comment vous dire ? Tout est bleu.

Allez, second départ, cette fois-ci c'est le bon : et direct, la trace grimpe. La V45 s'éloigne ainsi du littoral (qui joue au yoyo) et nous amène dans la campagne de bord de mer, avant de nous faire repiquer vers la plage du Trez Hir que nous connaissons déjà. Là, une rue barrée pour travaux nous oblige à quitter le parcours officiel et à suivre une déviation. Sans surprise, elle nous fait grimper (c'est raide) vers les hauteurs. Bonus : ça nous amène à une vue paradisiaque sur la grève des Curés (ou grève de Poull serp).

grève de Poull serp

grève de Poull serp

La déviation nous ramène ensuite rapidement sans autre dénivelé au centre de Plougonvelin, où on rejoint le tracé. Il ne reste plus qu'à suivre la départementale qui mène à la pointe Saint Mathieu, heureusement pas très fréquentée à cette heure. Nous connaissons déjà bien le site, mais nous posons à nouveau les vélos pour une petite balade dans les ruines.

Pointe Saint Mathieu

Pointe Saint Mathieu

La route continue maintenant plein nord, elle longe la mer au-dessus des falaises et offre de magnifiques vues sur les côtes. À l'approche du Conquet, on fait travailler un peu les mollets puis on se lance dans la recherche d'une boulangerie pour notre déjeuner. Celle qu'on trouve dans le petit centre ne nous convainc pas, bien qu'il y ait la queue (ou peut-être parce qu'il y a la queue). Par contre, on y rencontre un jeune couple équipé décath' comme nous, et on prend le temps de discuter 5 min. Un vieux Riverside 700 pour Mme, le top de la gamme, acheté sur leboncoin et customisé comme celui de Mr, qui lui roule en Rockrider. Comme quoi nous ne sommes pas les seuls extraterrestres de la vélo-rando !

Nous repartons : traversée de la ria du Conquet sur la passerelle, à marrée basse, et remontée par l'arrière de la plage des Blancs Sablons, sur laquelle nous aurons une belle vue plus tard.

Blancs Sablons

À la suite de quoi, nous tombons à nouveau sur des routes barrées pour cause de travaux, et deux autres randonneuses à vélo qui ont du mal à passer cet imbroglio de voies mal indiquées. Je décide de passer outre la 2e indication de « route barrée » et tout le monde suit... et effectivement, en vélo, ça passe ! Par contre, ça descend vite jusqu'à la mer (plage d'Illien), pour remonter sec au milieu des maisons et sur une rue au bitume défoncé. Les deux vélos électriques enclenchent le moteur et passent tranquilles, pour ma part je me mets pied à terre et je pousse ! Ce qui ne nous empêche pas, quelques dizaines de mètres plus loin, de les doubler à nouveau (nous ne les reverrons plus, par ailleurs).

Le tracé nous éloigne assez dans les terres pour perdre la mer de vue (même si elle n'est jamais bien loin), puis nous ramène et nous fait même passer au pied du CROSS Corsen. À partir de là, la voie serpente de manière sympatique, alternant entre hauteurs vers les terres et vues panoramiques jusqu'au plus près des falaises. À Lampaul-Plouarzel, il est grand temps de chercher de quoi manger ce midi : nous remontons vers le petit centre pour y trouver un Proxi et une boulangerie. Maintenant bien fournis, il ne reste plus qu'à trouver un banc pour la pause déj : nous en trouvons un en sortie de la petite ville, là où le tracé s'approche au plus près de la mer.

Nous reprenons la route, et les petits panneaux verts nous amènent à un embarcadère. Ce serait idéal pour traverser l'aber Ildut, mais ce n'est pas encore la saison ! Demi-tour, nous allons plutôt suivre la trace : d'abord passer un petit bras de l'aber, l'anse de Milin an Aod, qui comme tous les abers, nous offre une belle descente suivie d'une difficile mais courte remontée ; puis effectuer un large contournement de l'aber pour le passer à l'endroit où il n'est plus qu'un filet d'eau, à Pont Rheun. Joli tronçon de route, même si c'est une départementale et qu'on la partage donc avec des voitures (toujours trop rapides).

Une belle remontée sous Brélès, et nous longeons à nouveau l'aber par sa rive nord, direction plein ouest. Arrivés à Lanildut, on voit clairement la faible distance qui est couverte par le bac, ridiculement courte comparée à notre contournement par la terre. Le tracé continue sur la D27, qui même si c'est une belle route, n'en reste pas moins une route. Nous faisons une pause à la petite avancée de Gounizi, située face à l'île de Melon, et où quelques touristes fréquentent un bar, les sentiers, les bancs et les tables de pique-nique à disposition. Un peu de vie ! Et beaucoup de vent : difficile de prendre la pause goûter sans se refroidir. Nous ne traînons donc pas pour repartir.

Sauf que notre route pique de plus en plus souvent nord-nord-est, comme... le vent. Grand soleil, beaucoup d'efforts pour avancer, du vent : une combinaison idéale qui donne soif, et nous avons fini nos réserves ! Nous trouvons une petite épicerie à Porspoder, et une eau minérale gazeuse nous redonne un peu la pêche. Passé Argenton, la route suit à nouveau la côte au millimètre, c'est magnifique, sauf qu'on a du mal à apprécier : nous pédalons complètement dans la semoule, déployant de gros efforts contre un vent si fort qu'il nous empêche d'avancer à une vitesse décente. On se traîne !

Arrivés à Portsall, nous accusons le coup, et prenons une pause méritée - toujours au soleil, remettons encore de la crème... - face au port, un peu protégés du vent. Il ne reste plus que quelques kilomètres à couvrir, ça va le faire tranquille. Après la traversée de Portsall (sans même daigner aller revoir l'ancre de l'Amoco Cadiz), la route pique plein est derrière les plages et les dunes plus sauvages du coin : un bel endroit qu'on devine plus qu'autre chose, mais on est trop fatigués pour garer les vélos et prendre le temps de faire du tourisme à pied. On fera une balade une fois au camping ! Sauf que, quand on arrive au camping de l'Aber Benoît situé à Saint Pabu, eh bien il est fermé.

Fermé ! Un grand panneau avec les tarifs précise qu'il ouvrira le 17 mai, soit dans une semaine jour pour jour ! Et moi qui avait pris le temps de vérifier tous les campings ! Est-ce que la replannification m'aurait joué des tours ? Peut-être bien qu'on avait effectivement prévu de partir plus tard. En attendant, qu'est-ce qu'on fait ? Il est déjà 18h, et nous sommes fatigués. Je suis presque tentée de poser la tente là, et tant pis pour la douche. Mr n'est pas de cet avis, et il a bien raison : aller, regardons sur l'app le tracé du lendemain, les campings les plus proches (aucun dans notre dos, c'est sûr : ils sont tous encore fermés), et déterminons même une route un peu plus rapide que les zigs zags de la voie vélo qui sont parfois juste... comment dire ? des détours gratuits, comme si le plus important c'était de faire du vélo et non pas d'aller d'un point A à un point B. Or là, il se trouve qu'on aimerait rejoindre un point B rapidement ! Ce qui fait quand même 25 kilomètres supplémentaires.

Le tracé du jour, rallongé

Nous appelons d'abord le camping des Abers à Landeda, car vu l'heure ce sera sans doute trop serré pour arriver avant qu'ils ne ferment l'accueil. Ils sont très compréhensifs, parfait : au moins un problème levé. Pour le tracé, nous décidons de « rallonger » en piquant sur Plouguin, une route toute droite et qui ne monte pas trop : on pense pouvoir assurer, et ça a été effectivement un bon pari. Après le village, une belle descente, un peu de plat dans la campagne, et à nouveau un piqué vers le cul de l'Aber Benoît, qu'on connaît déjà, et dont la remontée est sèche mais brève. Nous quittons à nouveau le tracé « officiel » de la V45 après l'avoir si brièvement retrouvé, puis nous loupons un nouvel embranchement et partons vers Pen ar Creac'h, ce qui nous rallonge un peu - tant pis, nous continuons, car nous avons à nouveau des jambes ! Nous repiquons dès que nous pouvons vers Landeda, avec en point de mire le « Super Utile » pour des courses alimentaires de dernière minute. Quand nous arrivons, il est encore ouvert, et j'entre sans m'appercevoir qu'en fait il est à quelques minutes de fermer : un succès sur le fil ! Je ressors avec tout ce qu'il nous faut pour un bon dîner et le petit déj du lendemain.

Les achats une fois rangés, il ne nous reste que quelques kilomètres pour rejoindre le camping, par une route qu'on a déjà emprunté (sans chargement cependant) il y a quelques années. Nous y voici, et... surprise, il est 19h passées et l'accueil est encore ouvert ! Nous sommes accueillis dans les règles par une équipe très sympa, qui nous donne le choix libre de l'emplacement. Nous cherchons donc un endroit à la fois au soleil, à l'abri du vent (toujours fort), loin de résidents avec chien(s) et, dernier critère qui apparaît sur le tard, loin des résidents qui ont des conversations débiles, méprisantes et bruyantes. Au final, nous trouvons ce qu'il nous faut, saluons les autres vélorandonneurs, prennons une douche bien chaude, et allons manger sur la plage accessible juste derrière le camping, jusqu'à l'heure du soleil couchant.

Soleil couchant à la plage de Sainte-Marguerite

> Alimentation midi  12,00 €
> Alimentation soir  13,00 €
> Camping de Landéda 20,00 €
> 98 km en 7h16