Cot'3 - Siouville
Dimanche. Le temps est bloche, c'est un invariable. On replie, on part, ça continue encore un peu sur véloroute, on petit déjeune sur une table le long de la voie, et... au fait t'as pris la corde ?... et merde. On peut sans doute vivre sans la corde qui nous permet d'étendre les serviettes après la douche, mais c'est plus chiant. Nous ne sommes qu'à 5 km du camping : bim, allez-retour bonus pour aller la rechercher. Et dire qu'hier le gars à l'accueil se demandait comment on pouvait faire autant de km à vélo par rapport à la voiture : ben voilà !
11h : départ, 2ème. Voie verte jusqu'à Portbail (prononcer port baille), un endroit assez étonnant - un port dans un estran - et très animé : on arrive jour de festival, les pinsonores. Quant à nous, nous traversons le pont pour dépasser l'estuaire / estran et rejoindre le bord de mer. Nous passons dans un bocage tranquille sur des routes plates, quand un cycliste en VTT nous aborde, et pédale à nos côtés en discutant. Monsieur est parisien (« - à Montmartre, - sur la butte ? - non, au pied... ») , la soixantaine, cyclotouriste « violent » depuis déjà 20 ans ("avant que ça existe !" dit-il), installé en télétravail à Barneville-Carterêt - cette petite ville de bord de mer qu'on est justement en train d'atteindre. En fin du mois, il refera pour la Nième fois la GTJ (grande traversée du Jura), et nous raconte quelques annecdotes. Arrivés à Barneville, nous nous arrêtons pour manger, il continue lui aussi pour rentrer chez lui, content d'avoir oublié qu'il était en hypoglycémie ("j'ai découvert que j'avais pas besoin de manger plus en rando, j'ai une autonomie de 60 km sans manger" - mais combien de km a-t-il donc fait ce matin ?!). Manger, assis sur un banc face à la mer, le long du Boulevard de la Mer - la promenade locale en front de mer.
Nous repartons. D'abord, après avoir contourné l'estuaire, nous faisons un petit tour par le port et la plage Potinière, située juste après - le soleil est enfin de sortie, et rend l'endroit sympathique. Ensuite, par l'arrière des dunes d'Hatainville - les plus hautes d'Europe, et vu de l'arrière, ça se voit, et vu du dénivelé en vélo, ça se sent dans les jambes ! Ensuite, le bocage : c'est coquet, c'est bucolique, ça monte et ça descend, nous faisons une pause méritée à la plage de Sciotot - une aire de jeux sur pelouse, et une vue magnifique : l'endroit est magnifique, et Flamanville n'est pas visible, même sa proximité n'est pas imaginable.

Une belle côte nous faire sortir de cet endroit, et là, j'avoue, les jambes ne suivent plus, il me faut pousser le vélo sur les parties les plus ardues. Rapidement, nous passons dans le village de Flamanville, parfois pas déplaisant, parfois bourré de lotissements. Nous approchons de la centrale : vaste, mais pas aussi impressionnante que celles que nous avions déjà approchées : il lui manque son énorme tour de refroidissement, ce dernier étant sans doute réalisé à l'eau de mer. Nous approchons du site au plus près à son extrêmité nord, et sommes un peu déçu : aucune sécurité visible. Par contre au loin, une vision étrange, un peu comme un mirage, nous fait nous exclamer : « une île ! » en pensant voir une île anglo-normande au fond du paysage, et très rapidement, vu l'hideuse usine qui trône sur ses falaises entourées de brume, « ah non, la Hague ! ». Ça, c'est moche ! Du vraiment moche !
La route défoncée et bien peu entretenue nous amène au petit port de Diélette, puis une belle côte nous rapproche de Siouville, avant que nous ne bifurquions vers la partie balnéaire de la ville : celle qui bordent l'immense plage, où se dressent les maisons secondaires, l'école de surf, et biensûr, le camping municipal. Nous en faisons tout le tour avant d'en trouver l'entrée - l'accueil est désert, mais comme j'ai appelé la veille, nous savons sur quel emplacement nous installer et combien glisser dans la boîte aux lettres pour nous acquitter de notre dû.
L'endroit est plutôt calme, même si nos voisins un brin rasta cool semblent partis (dès 18h) pour une soirée bière-guitare (heureusement assez tranquille, qui ne nous empêchera pas de dormir). De l'autre côté, une famille recomposée de surfeurs semble bien plus tendue et sur les nerfs - ils remballeront le lendemain dans une humeur assez massacrante.
La tente est montée, moment étirements, une douche un peu tiède, et nous voilà repartis sacs au dos pour un tour et un dîner sur la plage. Malgré la vision de Flamanville d'un côté, et de la Hague de l'autre, nous faisons vite abstraction : il s'en suit que l'endroit ici aussi est vraiment beau, très vaste et (paradoxalement) très nature.
69 km en 5h13
346 m de dénivelé