Journal de Bottes

Déracinement de (veli)bobos parisiens rempotés en pleine nature (la suite).

lundi 20 juin 2022, 22:12

J9 - Le resto, le retour

Lundi. Réveil dans le camping le plus tranquille du monde... pas - un - bruit. Pas de route, pas de train, pas de camions, pas de clients, même pas de lumière la nuit : le pied ! Bon, pour compenser, le jour se lève sous une pluie fine : on ne peut pas tout avoir. Elle nous ralentit un peu dans notre organisation de rangement, et nous prenons aussi le temps d'un solide petit déjeuner sur une table abritée d'un préau.

Le départ est lancé à 8h30, toujours sous une pluie fine et du vent. Et dès les premiers mètres, ça monte ! Les lannionnais (lourdement chargés) nous ont dit en avoir bavé sur ce tronçon, d'autant que cela passe en plein dans la pampa : pas une épicerie, pas une boulangerie, pas un commerce... juste quelques hameaux isolés et des champs, des champs, des champs. Et des tracteurs - ça nous stresse, les tracteurs, surtout avec des grosses remorques, et en particulier depuis qu'on sait qu'une miss (pas France, mais Loire) est morte à vélo tuée... par un tracteur.

Bref, à part un passage dans une forêt assez magique au sud de l'Hermitage-Lorge, pas grand chose à signaler à part des côtes qui tuent les jambes. On pédale pas trop mal, et assez rapidement on se rend compte qu'on va pouvoir dépasser Saint Brieuc ce matin et aller manger au restaurant à Hillion... ça c'est bon pour le moral ! Heureusement parce que les abords de la grande ville sont moches et mal indiqués, la V8 se finit tristement près de la 4 voies, d'une aire de repos et sur des routes passantes. Mais le moral est bon, car le plus dur est passé et nous ne sommes plus très loin d'Hillion ! Autre point positif, depuis 11h le temps a fini par se lever, la pluie semble belle et bien finie. Notre retour sur une voie plus courrue - l'eurovélo - est confirmée par le nombre de cyclistes itinérants qu'on croise désormais à chaque tournant ou presque.

Plus que quelques kilomètres, et nous prenons le temps d'admirer des vaches rousses dans un pré, et surtout le taureau qui les accompagne - c'est devenu rare, comme spectacle. L'occasion de comprendre que l'expression "respirer comme un boeuf" n'est pas usurpée : le bestiau a un souffle impressionnant.

Midi pile : nous posons les vélos devant le restaurant Au bon Saint Nicolas, dont nous avons gardé un bon souvenir lors de notre passage avec Étienne il y a quelques années. Et bien, cela n'a pas changé : pour 12 €, entrée en buffet à volonté, plat au choix parmi trois possibilité (par ici les moules frittes !), fromage et dessert maison... Ici on est gâté ! La clé du succès : des accords avec des boîtes locales, pour qui ils jouent le rôle de resto d'entreprise. Il fallait y penser.

Après cette petite orgie, nous reprenons la route, que désormais nous connaissons pour l'avoir déjà faite en sens inverse. Ici une plage où nous avions passé du temps, là le petit port de Daouet, ... Vers 14h, le soleil sort des nuages et nous réchauffe rapidement. Nous sortons de l'itinéraire à Pléneuf pour faire quelques courses dans un Leclerc... car nous approchons d'Erquy. Après quelques hésitations sur le choix du camping, le 3e est le bon : ce sera celui de la plage de Saint Pabu, tout simplement.

St Pabu

Le soleil est toujours là, mais le vent ici souffle fort, au moins du 30 km/h - en particulier sur la plage, où à cause du wind chill c'est internable sans un pull. L'emplacement lui est bien conçu, il ne subit quasiment pas les assaults du vent... parfait. Après une balade à la plage et nous êtes attardés pour regader les kite-surfeurs, nous dînons au camping, à l'abri du vent, dans l'aire de jeux pour enfants - désertée en cette période de hors saison.

St Pabu

Après une ultime balade à la plage - il fait encore très jour -, de retour au camping nous repérons facilement un vélo randonneur modèle bike packing : le gars est assis au seuil de sa tente une personne, VTT derrière lui, même assis on le devine pas bien grand, carure cyclo : tout en os et en muscles. Il en est au sandwich - juste du pain et du camembert, une bouteille de coca trône à côté. Il s'en excuse presque, c'est pas dans ses habitudes, mais là il a entamé les réserves et il estime justifié pour une fois de boire sucré. Il vient de la banlieue parisienne, il va vers la côte nord, et le plus vite possible - son tracé prévoit seulement 3 jours de route, un jour chez son ami, et retour... Des randonneurs, il en double énormément : lui, il fonce. Il me dit ça en rigolant un peu bêtement, il est visiblement encore sous l'effet des endorphines...

75,5 km en 5h15 (matin : 42 km couverts en 3h, soit du 14 km/h malgré le dénivelé et le vent)

Budget :

  • resto 33 €
  • leclerc 12 €
  • camping 13 €