J8 - Dégâts
Dimanche. La nuit a été agitée, le matin est encore très gris, pluvieux et un peu venteux. Du coup, nous patientons tranquillement dans nos duvets jusqu'à 8h, bien au chaud : inutile de se faire du mal pour rien, la journée prévue pour aujourd'hui est courte.
À la première accalmie, nous plions au mieux la tente détrempée et prenons un petit déjeuner sous le barnum. Le moral de tout le monde est au beau fixe malgré le froid (oui, le froid, juste après la canicule...), y compris la bande de motard arrivés hier en fin de soirée.
Petite montée vers Mur-de-Bretagne, le temps est morose : nous ne prenons pas le temps d'aller voir le bourg. Un premier tronçon de 15 km sur un itinéraire qui suit essentiellement une ex-voie ferrée nous amène à St Caradec - et nous avons déjà le loisir de constater que le vent a soufflé fort hier : branches et débris végétaux divers jonchent la voie, nous avons du descendre plusieurs fois de vélo pour déplacer les branches les plus volumineuses qui nous barraient la route...
À Saint Caradec, nous prenons du pain à la petite boulangerie. Elle ne paie pas de mine, et le pain est tout aussi quelconque, mais aujourd'hui nous ne ferons pas les difficiles : on a du pain, c'est déjà bien. Les tartelettes aux pommes (seul choix dans la vitrine déjà vide) sont sur le même gabarit, mais toutes les calories sont bonnes à prendre !
À partir d'ici nous suivrons la rigole d'Hilvern - la plupart du temps, un simple talus, que parfois on a pris soin de remplir un peu d'eau pour rappeler sa vocation première d'alimentation en eau du canal de Nantes à Brest. Visuellement ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais c'est vert et surtout, c'est quasi plat (une pente régulière de 1% et des brouettes) dans un environnement très vallonné. En contrepartie, le kilométrage est multiplié au moins par deux !
Nous reprenons donc la route, toujours sous un ciel gris qui laisse parfois tomber quelques gouttes : nous pédalons en K-way depuis ce matin. La pluie s'accélère au moment même où nous trouvons une aire de pique nique là où la rigole croise la D35, au dessus du Quillio. C'est pas glamour mais les arbres nous protègent plutôt efficacement, c'est très correct au vu de la situation. D'autant plus que la pluie se calme juste avant qu'on ne remonte en selle...
Dans la journée, nous avons croisé en tout trois arbres aux racines arrachées par les raffales, et l'un d'eux nous oblige à laisser la rigole pour suivre la route - la déviation n'est pas bien longue mais croche directement du dénivelé. À 16h, nous sommes au camping : à peine le temps de s'installer, qu'il repleut déjà... Une douche, un peu de patience à l'abri du bloc sanitaire, quelques mots échangés rapidement avec les deux autres couples de randonneurs itinérants (des bretons de Lannion qui vont à Belle-Île, et des Néerlandais qui bouclent au départ d'Alençon), voilà enfin une accalmie : nous en profitons pour faire le tour du lac de Bosméléac à pied. À part eux, il n'y a pas beaucoup d'autre trace de vie dans (et autour de) ce mini camping hors saison. Alors pour tuer le temps, apéro à 18h30 (le luxe : une bière en rab' prévue initialement pour la veille, et du saucisson breton sans nitrite, une rareté) suivi d'une galette et d'une crêpe sucrée à la crêperie qui jouxte le camping - et dont le patron tient le camping. Correct, mais pas plus. Comme une petite impression d'avoir trouvé un des trou du c.. du monde (oui, le monde en a beaucoup plus qu'un !).