Morgat
Lundi. Nous avons beau nous être couchés comme des poules la veille, nous sommes assez confortablement installés dans notre tente pour faire les paresseux ce matin. Il est bientôt 9h quand nous finissons par nous lever et petit-déjeuner.
Aujourd'hui, direction Morgat. Une fois arrivés au centre, nous trouvons facilement de quoi nous garer au plus près de la plage. Le sentier s'éloigne de la côte et s'engage dans une pinède. Nous progressons à l'ombre - ce qui n'est pas plus mal car il est 10h passés et le soleil chauffe déjà comme en été aujourd'hui.
Nous longeons bientôt les ruines de bâtiments militaires : le fort du Kador. À partir de là, le sentier fait des hauts et des bas, mais la vue vaut le détour. Ça rappelle plus la méditerranée que l'atlantique, plus la Croatie que la Bretagne, mais après tout, nous n'avons rien contre un peu de dépaysement !

Nous rejoignons la pointe de l'île Vierge. Un plaisancier a jeté l'ancre, et quelques kayaks se sont installés sur la grève en contre bas, mais nous ne descendrons pas - l'accès est signalé comme dangereux et interdit.

Il est près de midi, il est temps de penser à faire demi-tour. Plutôt que de revenir sur nos pas, nous préférons varier en une petite boucle même s'il faut s'éloigner un peu de la vue sur la baie. Nous suivons une route gravillonnée en plein soleil quelques temps, puis retrouvons un sentier et le couvert des arbres. En chemin, nous repérons quelques ruches qui semblent se porter à merveille - vu le nombre de fleurs à butiner dans la lande, on comprend que l'endroit est idylique pour ces abeilles. Nous passons aussi près d'un cercle de vieilles caillasses - je découvre tardivement qu'elles ont un nom : les alignements De Ty Ar C'huré.
Revenus à Morgat, il commence à faire faim ! Nous reprenons la voiture et roulons en direction du Cap de la Chèvre : c'est à Saint Hernot que nous trouvons une table de pic nic. Grand luxe : elle est à l'ombre ! Aujourd'hui, c'est appréciable et apprécié. Après avoir grignotté un peu de cake, nous poursuivons jusqu'au Cap. De là, nous randonnons à nouveau sur un plus petit parcours - peut-être 5 ou 6 km.

La lumière est crue. Une petite brise chaude souffle sans rafraîchir. Les quelques promeneurs sont à la peine. Assis sur le sol, un homme se repose à l'ombre du seul arbuste dans cette lande de bruyères qui s'étend tout le long de la côte. Côté est, après avoir traversé le village de Rostudel, quelques murets rappellent qu'il y avait de la vie ici, avant - pas seulement un joli village momifié et ses touristes. La baie de Douarnenez s'étend sous nos yeux, et le temps clair nous laisse même deviner la pointe du Raz au loin.
De retour à la voiture, nous avons bien gagné une pause. L'eau qui nous reste est chaude... Il est temps d'aller faire des courses. Direction Morgat, puis Crozon, que nous remontons jusqu'à trouver le Lidl - et nous revoilà parti pour le tour des Lidl de France (NDLR : voir notre rando-vélo de juin). De quoi manger ce soir et demain, mais aussi de quoi se rafraîchir dès maintenant : nous ressortons avec des glaces ! Vu la chaleur, il ne faut pas traîner pour les manger. La prochaine étape est donc la plage la plus accessible : celle Postolonec.
Tout comme hier à la même heure, la mer est toujours aussi haute, et cette minuscule plage d'autant plus réduite. Malgré le tout petit accès à la mer, de nombreux téméraires sont dans l'eau. Nous garons Partner, et snobons les nombreuses tables de pic nic, toutes en plein soleil, pour nous installer près de deux retraités assis sur un simple rebord en pierres près de la route. Pas glamour, mais... à l'ombre !
Après quelques politesses, la dame nous demande où nous avons trouvé des glaces - comme le Lidl est bien trop loin pour eux qui sont à pied et qui ont déjà marché toute la journée, je leur propose de taper dans notre stock et Mme accepte. Monsieur n'est pas très sucre, mais nous fait voir sur son portable les images de l'actualité du jour : une météorite est tombée sur le Finistère ! Hier soir vers 23h30, elle est même passée au-dessus de Crozon. Son passage a illuminé le ciel pendant quelques secondes. Incroyable... et non, nous n'avons rien vu, nous dormions. Quoique ? Antoine a l'entendu passer - comme une explosion - mais ne savait pas ce que signifiait ce bruit.
Les glaces finies, nous reprenons un peu la route : je compte bien me baigner, mais pas ici. Direction la plage suivante, via des petites routes tortueuses : la plage de l'Aber. Le parking est vaste, et assez plein - même si on devine qu'il peut doubler voir tripler de taille en saison. Avec la marée haute, il ne reste que des galets pour s'installer. Je gromelle un peu, l'accès à l'eau ne semble pas évident. Nous nous déplaçons et nous nous éloignons un peu avant de placer nos affaires à un endroit où il reste encore une langue de sable pour entrer dans l'eau - histoire de pas se fouler une cheville bêtement.
L'eau n'est pas froid mais malgré tout bien fraîche au début... avant qu'on ne s'y habitue et qu'on s'y sente comme des poissons dans l'eau. Un groupe d'une trentaine de gamins débarquent en kayak en provenance de l'île de l'Aber, et s'approchent de la plage : c'est la fin de la balade. Ils débarquent deux par deux sur la plage, remontent les embarcations jusqu'à la remorque, et retournent bruyamment se baigner et se pouiller dans l'eau - la jeunesse met de l'animation sur cette plage fréquentée jusqu'ici surtout par des retraités et de mamans accompagnées de leurs jeunes enfants.
Après une deuxième baignade, nous finissons par plier bagages. Retour à Camaret et au camping pour une douche. Comme hier, nous allons manger face à l'océan. En bonus, ce soir il fait doux, et aucun nuage ne vient contrarier la rencontre du soleil avec la mer...
