Vélodyssée - TER power
Il n'est pas encore 6h, le réveil n'a pas encore sonné, mais nous sommes déjà réveillés - c'est dire comme nous sommes motivés pour partir ! Duvets, matelas, tente, barda, tout est plié et rangé en 40 minutes - tous les records battus, il faut dire que la veille nous avions déjà rangé les sacs Vaude qui ne servent pas si on ne petit-déjeune pas. Une organisation quasi militaire !
Bientôt 7h00 et nous sommes prêts à partir. Direction la sortie et... le portail est fermé. C'est la première fois que nous voyons un camping où même l'accès piéton est clos d'une porte à code - il faut dire que forcément, si les gérants ne gèrent pas le camping de 17h30 à 9h30, j'imagine qu'ils compensent par un excès de sécurité. Au passage, je me demande comment interviennent les pompiers si quelqu'un fait un malaise ?... Ça doit être ça, le numéro de téléphone « urgence sanitaire » épinglé à l'accueil. Ne déranger que si quelqu'un va vraiment mal, merci !
Bon, c'est pas tout ça, mais notre train est à 9h00 : nous n'avons pas attendre bêtement. Un de nos voisins était réveillé quand nous sommes partis, le plus simple est de lui demander le code. En chemin, je vois cependant que la randonneuse est elle aussi réveillée, elle se prépare un café ! C'est donc plutôt à elle que je m'adresse. Elle s'étonne de nous voir si matinaux - c'est vrai que pour une fois on a fait plus fort que tous les « pros » ! - et je lui réponds qu'elle nous a donné l'idée qu'on pouvait aller aujourd'hui directement à Nantes sans suivre tout le tracé prévu précédemment, sous entendu : on y va en vélo... j'ai pas le courage de lui dire qu'en fait, on n'a même pas envie de se prendre les 2 ou 3 averses prévues aujourd'hui si on couvrait ces 85 km à vélo plutôt qu'en train.
En revenant au portail, un homme assis dans sa voiture et bloqué derrière une barrière me fait signe : à quelle heure ça ouvre !? Je l'informe que sur l'autre barrière, il y a un panneau « Ouverture 7h30 ». Je lui demande s'il a le bon code ? Et je lui réponds « oui c'est bien ça, j'ai bien le même ! » - comme quoi, rien de plus facile pour l'obtenir... Plutôt que d'attendre bêtement devant la barrière 30 minutes de plus, il retourne garer sa voiture à son emplacement... Pendant que nous, hop, nous passons le portail piétons à l'aide du code. La gare, nous voilà ! D'abord, acheter le billet de train, puis trouver un endroit avec banc et vue pour le petit déjeuner - nous nous installons sur le Quai Gorin.
Pour être sûrs d'avoir une place pour nos deux vélos, nous arrivons sur le quai avec beaucoup d'avance - mais même si une trentaine de passager se presse bientôt autour de nous, nous sommes les seuls intéressés par l'espace vélos. À l'approche de l'heure de départ, le conducteur démarre la loco mais n'ouvre toujours pas les portes... problème technique ! Le temps de quelques vérifications, et le chef de gare nous fait changer de train - le départ est retardé de trente minutes, mais le plus important : c'est qu'on part !
En chemin, un 3e vélo se joint à nous (c'est une idée ou il a une massue en plastique dans son barda ?...), et dans le train en sens inverse, nous avons le temps d'en repérer deux autres, puis encore deux véloteurs à la gare de Nantes, en attente d'un prochain départ. Il ne nous reste plus qu'à atteindre Chantenay, à moins de 30 minutes... mais on n'a pas fait 5 minutes de vélo qu'une bonne averse nous ceuille et nous trempe ! Motivés par l'idée qu'on sera bientôt au sec dans Partner, nous poursuivons... Les cyclables sont correctes et bien indiquées, et comme nous sommes dimanche la circulation est très faible : nous arrivons facilement à Chantenay, puis suivons tous les panneaux « gare » et arrivons sur le parking sans avoir trop souvent dégainé l'application. Partner nous attend bien sagement, quel plaisir de le revoir !
En quelques minutes, nous détachons les sacoches et embarquons les vélos, changeons de fringues pour des affaires sèches - quel bonheur ! -, et démarrons pour aller chercher à manger... 500 m plus loin, au Lidl du coin. Et là, on se dit qu'on est vraiment en ville : le parking est protégé d'une barrière automatique, et un vigile surveille les caisses. On n'avait pas vu ça de tout notre périple... On prend de quoi grignotter sur la route et cuisiner ce soir, et voilà : les vacances sont officiellement finies !
Les stats !
> Étape Saint-Hilaire-de-Riez - Saint-Gilles-Croix-de-Vie -> Nantes - Chantenay
> 14 km en 1h05 (soit 13 km/h)
Épilogue
Nous avions choisi de faire la vélodyssée pour deux raisons : voir des amis, et suivre un itinéraire facile à vivre : avec des campings et des services partout, beaucoup de plat, une trace à priori bien signalée... Et il n'y a aucun doute : c'était bien le cas. Par contre, l'envers du décor, c'est que sur la partie parcourue (qui s'arrête donc juste avant les zones les plus intéressantes touristiquement...), nous avons trouvé que les paysages étaient monotones - en particulier les forêts des landes et leurs plages infinies. Pas grand chose à visiter, avec cependant une mention spéciale pour Royan, Rochefort et Fouras.
Puisque c'était un beau projet... et qu'un beau projet ne se finit pas... nous ne sommes pas déçus de ne pas avoir bouclé la boucle : il faudra revenir, voilà tout, pour découvrir Noirmoutier et les ces zones côtières nantaises.
Au total, nous aurons roulé près de 1000 km - et ce n'était pas prévu qu'on fasse autant en s'arrêtant avant ! Mais entre le gpx et les kilomètres parcourus, il y a le prévu, et le réel - les détours, les erreurs, les courses, ... et les journées qui jouent les prolongations - de l'importance de bien valider l'hébergement ! Surtout depuis que nous avons découvert que certains campings n'acceptent plus les campeurs sans « camper »... Devra-t-on bientôt bivouaquer pour planter sa tente ?
Enfin, la météo commencé par du très chaud - plus de 30° C et grand soleil pour les 10 premiers jours - et s'est dégradée peu à peu pour devenir soit couverte soit orageuse. C'est elle qui nous a décidé à écourter le périple, et comme les averses se sont effectivement succédées les jours suivant, nous n'avons pas regreté. Par contre, nous avons eu presque immédiatement envie de repartir...
> Total : 1007 km en 65 heures (soit 15,5 km/h en moyenne)
> coût aller (loc, péages, carburant) : 452 €
> coût préparation des vélos : 189 €
> coût retour : 472 € (soit 40-45 €/jour)
> coût total : 1113 € pour 16 jours de vacances (dont 13 vélotés)