Vélodyssée - Orages à Fouras
Ce matin le temps est menaçant - il fait encore sec, mais le ciel est tellement sombre qu'on ne pourra pas y échapper bien longtemps. Nous remballons tout tant qu'il est temps, et partons sans petit déjeuner : Antoine a repéré hier une table au port des Salines, sur notre route et à 5 minutes seulement du camping. Nous avons à peine le temps de l'atteindre que passer les kway devient nécessaire : petit déj sous pluie fine, face à un panorama beau mais gris tristoune.

Toujours sous le crachin, nous revenons sur nos pas : cyclable jusqu'au bout de l'île, et passage sur le viaduc - toujours aussi faux pour ce qui est de ses plats, et encore moins accueillant au vu de la densité de circulation à cette heure. Nous nous arrêtons rapidement : à 9h30, courses au même Lidl qu'hier. Je ressors aussi d'un Brico Leclerc avec la prise électrique CEE spécial bornes des campings indiquée par les véloteurs de Josselin : charger la batterie portable devrait grâce à elle devenir plus facile, nous ne dépendrons plus des blocs sanitaires équipés ou non.
Pour éviter le bout de départementale qu'il reste à franchir pour retrouver la vélodyssée, nous sortons de la zone commerciale par le nord, sur un sentier gravillonné repéré sur OSMand. Plus que 200 m de circulation, et nous revoici sur des petites routes peu passantes. Le contournement de Marennes fait 2 ou 3 km, et après un petit tronçon en forêt, nous entrons dans les marais, toujours accompagnés d'une pluie fine. L'ambiance est parfaite pour leur traversée : nous croisons de nombreux oiseaux d'eau - cygnes, aigrettes, et même cigognes - mais aucun moustique. En plus, la pluie s'arrête, et les nuages les plus gris disparaissent de l'horizon.
À la jonction de notre tracé avec le canal de la Charente à la Seudre, nous tombons sur de gros travaux de réfection de la voirie : la route est déjà fraîchement regravillonnée de blanc, bien lissée, le goudron est visiblement pour bientôt... mais un opérateur nous dit de remonter tout le tronçon sur l'herbe. « Sur l'herbe ?! - Oui, sur l'herbe !... » Ok, c'est parti pour un kilomètre de tape-cul en vélo chargé - on a beau être VUL, il faut quand même se balader 12 kilos sur la roue arrière, ça ne facilite pas les choses. Au bout de quoi, un petit pont en pierre nous invite à prendre immédiatement une pause sucre pour récupérer.
C'est alors que surgit du côté opposé un couple en tandem, qui décide lui aussi de prendre sa pause au même endroit. Je ne résiste pas à l'envie de leur poser quelques questions sur leur bécane. Ils en sont très contents, et nous suggèrent au moins trois fois d'en chiner un sur leboncoin. Madame placée à l'arrière indique le chemin, monsieur placé devant obtempère et donne le rythme. Ils sont toujours ensemble et peuvent discuter - contrairement à la majorité des couples qu'on croise, il est vrai, où Monsieur pédale franco devant, et Madame suit au mieux à 50 mètres derrière - notez qu'il existe des exceptions, parfois c'est clairement Madame qui entraîne Monsieur à sa suite, mais c'est plus rare. Enfin, l'argument massue : Madame a les mains libres et peut prendre des photos. J'y songerais : je n'ai jamais voyagé en prenant aussi peu de photos que cette semaine... mais est-ce vraiment parce que j'ai les mains prises ?
Nous voici donc repartis en dénivelé zéro, puisque nous suivons maintenant le canal : c'est un tronçon agréable et roulant. Mais 15 km plus tard, patatras : le pneu arrière d'Antoine est à plat. L'endroit est mal adapté pour une réparation sérieuse - la chaleur est même revenue nous taquiner et nous rendre un peu fébriles... un premier regonflage confirme en moins d'un kilomètre qu'il s'agit bien d'une creuvaison. Heureusement, nous ne sommes plus très loin d'après OSM d'une base de loisirs... encore 1 km pour atteindre Cabariot, et un autre pour arriver à une table de pique nique à l'ombre : Antoine décide de pousser le vélo - ça nous retarde, mais tout démonter et remonter sous le cagnard ne le tente pas.
Arrivés près de l'étang, nous commençons par manger - ça calme. Ensuite, bricolage : Antoine trouve facilement l'épine qui a transpercé le pneu - le seul qui n'avait pas été changé ! - et le trou dans la chambre à air. Une fois réparée, la roue est remontée, testée, validée. Nous rechargeons le vélo, et reprenons la route !
Dix km suffisent pour rejoindre Rochefort - son port et les bords de la Charente. Nous faisons un petit crochet par le centre histoire de voir la place principale et quelques rues, l'ensemble fait bon chic bon genre, la ville est belle, il n'y a pas à dire ! Côté bassins, l'Hermione est absente - indiquée comme étant en vadrouille à la Rochelle pour 15 jours pour quelques travaux de réfection... pas de chance. Au sud de la ville, nous sommes surpris pas l'immensité de la structure du transbordeur. En plus, il a été remis en fonctionnement depuis peu !

Allez encore quelques kilomètres contre le vent, et avant de quitter Rochefort nous faisons quelques courses - je vous le donne en mille ?... - chez Lidl, mais d'abord chez Décathlon : un pneu neuf fait son apparition par dessus les sacoches d'Antoine. C'est encombrant, mais ce n'est pas le moment de le monter : on verra plus tard, pour l'instant, on roule !
Il nous reste moins de 20 km pour arriver à Fouras, où j'ai repéré le Camping de l'Espérance (situé tout simplement rue... de l'Espérance), mais en plus de la chaleur torride, le vent soufle fort contre nous... C'est compliqué d'avancer, d'ailleurs nous dépassons un jeune couple à l'arrêt, il nous semble que Madame tire vraiment la tronche - et comme on la comprend !
Nous voici enfin arrivés : à l'accueil, nous sommes avertis que la zone est en alerte orange : de violents orages sont prévus pour ce soir, fin de l'alerte vers 01h00 du matin. Nous installons notre tente près des haies plutôt épaisses qui bordent le front de mer, histoire de limiter la prise au vent de la tente... mais en restant près de deux petits pins parasol - après tout, c'est ce qu'il y a de plus pratique pour garer les vélos, et puis autour il y a bien assez de réverbères et camping cars pour prendre la foudre avant nous !
Une fois installés, il est encore temps d'aller chercher des bières au Super U de la ville - sur le fil, en fait, car nous faisons la fermeture. À notre retour, une petite douche ne peut pas faire de mal : sa température dépendra du bloc sanitaire, et j'ai visiblement fait le meilleur choix, la mienne est chaude ! À 20 mètres de la tente, un petit portail donne directement sur le front de mer... et un banc. Parfait pour le dîner, et une soirée tranquille jusqu'au coucher du soleil. Une jeune femme qui porte un T-Shirt « gardien » passe et repasse devant nous, et nous demande « c'est vous la tente ?... » oui, oui, c'est bien nous les irréductibles en tente... Elle nous propose alors si besoin de venir nous réfugier dans sa loge si l'orage devient violent : que d'attentions !
Pour l'heure en l'occurence, le ciel est clair, et le vent est complètement tombé. Difficile d'imaginer que l'alerte soit justifiée... Pourtant, le temps de regarder le soleil se coucher, de se laver les dents et de rentrer dans la tente, voilà que le vent se lève, les nuages noirs s'accumulent, et les éclairs commencent à sillonner le ciel... Pour chacun, nous comptons les secondes et rapidement ça fait 1... 2... 3... BAM ! Tonnerre ! C'est tombé à seulement un kilomètre... ça se rapproche dangeureusement ! Pas question de rester là : nous prenons les kway, glissons les pieds dans les tongs, et zou : on file chez la gardienne, à l'accueil. Nous avons bien fait : dehors, ça se déchaîne ! Plusieurs éclairs tombent à nouveau très près, et le barnum du bar juste en face de l'accueil est secoué violemment par les rafales... Nous nous inquiétons pour Hubba, mais après un petit tour au pas de course (suffisant pour en revenir trempés) pour aller vérifier qu'elle tient toujours, zéro soucis, elle est bien placée, bien ancrée, et bouge finalement assez peu.
Nous patientons comme ça une bonne heure, cet orage ne veut pas passer - alors qu'on nous assure que d'habitude, c'est Rochefort qui prend tout... Ce soir, c'est visiblement l'inverse ! Quand ça se calme un peu, nous souhaitons bonne nuit à la gardienne - je lui dis pour plaisanter de venir nous réveiller si ça redevient violent, car nous comptons bien dormir ! Et nous nous glissons à nouveau dans Hubba, nos vêtements du soir tout humides. Le temps de se changer en limaces dans les duvets, et les éclairs reprennent... zut. Faudrait-il ressortir ? Je compte jusqu'à 8... je compte jusqu'à 4... Et merde, il revient ! Antoine était à deux doigts de s'endormir, il se remet à compter avec moi... mais finalement, compter les secondes revient à compter des moutons pour s'endormir, et c'est même très efficace : en moins d'une minute, peut-être ça continue à se déchaîner mais on n'en a aucune idée... on dort.
Les stats !
> Étape Ile d'Oléron (Le Grand Village Plage) - Rochefort - Fouras
> À vélo : 90 km en 6h11 (soit 14,6 km/h)
> Camping L'Espérance
> On aime : la gardienne et l'accueil très attentionnés, la situation sur front de mer avec bancs, le bar du camping
> On regrette : pas de haies entre les emplacements, l'absence de PQ