Accident
9h00 ce matin, bien installée dans le fauteuil "de la reine" et le mac' sur les genoux, je bosse tranquille quand BOUM, un grand bruit, une explosion ? en provenance des poubelles, à 100 m vers le sud. Et plus de connexion wifi. Quesako ? J'essaie de regarder par la fenêtre de toit, mais bon, avec la végétation... on ne voit rien. Il y a quelques mois, une surtension avait fait sauter presque tous les appareils électriques du hameau, alors on ne s'inquiète pas !
Ceci dit, plus d'internet, plus d'électricité : ce n'est pas une journée pour bosser sur ordi ! On descend, on sort... et voilà. Ce qu'on découvre : un master s'est encastré dans le transfo du bout de la route. Des pompiers volontaires en civil, sans doute là tout à fait par hasard, ralentissent les quelques voitures qui passent... et les pompiers arrivent dans le quart d'heure qui suit - plusieurs camions et la voiture du médecin. Suivi des gendarmes, du samu, d'Enedis, et de la DDE. Cette fois-ci, la circulation est coupée !

Le gars au volant du master était inconscient (c'est mieux pour lui vu ce qui lui restait d'espace "vital" dans l'habitacle...). Le problème : il fallait couper l'alimentation des 20 000 Wh, donc toute la zone, pour que les pompiers puissent intervenir en toute sécurité. Et ça, ça a pris du temps... Toutes les équipes attendaient, la frustration était palpable. La nôtre aussi ! Nous avons passé une matinée affreuse, les pensées entièrement tournées vers le pauvre gars du master et le ventre en vrac.
45 minutes après l'impact, les pompiers ont eu le feu vert : ils ont scié la portière en deux temps trois mouvements, et extrait le type sur une civière. Nous qui nous attendions à voir un hélico l'embarquer en urgence, que nenni... On nous a même dit que le camion ambulance avait fait un arrêt à Combourg pour une transfusion de sang avant de continuer sa route vers l'hôpital. Autant dire que la situation n'était pas favorable...
Restait donc le champ de bataille à déblayer. Le transfo penchait dangereusement, et il a fallu attendre le milieu de l'après-midi qu'une énorme grue louée pour l'occasion vienne retenir le transfo d'une chute violente pendant qu'Enedis coupait les câbles qui le reliaient aux autres potaux électriques, tendus au maximum de ce qu'ils pouvaient endurer. Puis une dépanneuse a tiré sur la camionette pour la désencastrer. Suite à quoi, le grutier a couché délicatement (ou peu s'en faut) le transfo à côté de la route.

Pour les pompiers encore présents pouvaient maintenant partir. Avant quoi ils ont tous sorti leur smartphone et pris des photos de la carcasse - il faut dire qu'elle était sacrément impressionnante... il ne restait rien de la transmission avant, le bloc moteur était au-dessus du siège conducteur (mais quelle place était-il donc resté pour les jambes ?...), et l'habitacle était défoncé jusqu'à l'arrière des sièges. Un vrai carnage. On apprendra plus tard qu'après avoir pratiqué de nombreuses opérations visant à réduire un nombre impressionnant de fractures, les médecins n'ont pas réussi à sortir cet homme du coma. RIP.
La DDE a pris le relais, et les peleteuses sont entrées en action. Le soir même, un générateur ronronnait dans le champ voisin, et nous alimentait à nouveau en électricité. Le lendemain soir, plus aucune trace de l'accident ni du transformateur... comme si rien n'avait jamais existé là. Ça nous a fait tout bizare.
Histoire de finir moins tristement, aujourd'hui j'ai croisé dans notre potager une araignée que je n'avais vu qu'une seule fois dans ma vie, et c'était en Italie (NDLR : depuis on a revu une autre juste à côté de la maison !). Vous saurez tout sur cette belle bestiole sur le post qui en parle : Calanchi.

Elle a l'air redoutable !