Argile
Alors voilà, nous avons un mur en pierre et bauge, et il est temps de le recouvrir - question de finition : la bauge en brut, c'est certes original mais quand même, ce n'est pas joli joli. Nous avons donc décidé (roulement de tambour) de le recouvrir... de terre. Hein ? De la terre sur de la terre ? Ben oui. Parce que la terre, c'est plus facile à manipuler que de la chaux (un brin corrosive, il faut mettre des gants), qu'elle prend plusieurs jours à sécher (ce qui veut dire qu'on peut prendre son temps pour fignoler) et qu'en plus une fois sèche, c'est quand même bien dur - sauf s'il s'agit d'une zone de passage et qu'on s'y frotte en permanence, ça va de soi.
Une fois qu'on a dit ça, ok, on fait comment ? Les puristes creusent dans le jardin, retirent la couche de terre végétale (environ 40 cm) puis tamisent ce qu'ils trouvent en dessous avant de le mettre à tremper (dans une grande baignoire à récupérer chez Emmaüs). Quel boulot ! Ça ne nous tentait pas mais alors pas, du tout ! L'alternative que nous avons trouvé : dans un magasin d'éco-construction proche de Rennes, nous avons trouvé de l'Argilus (couleur naturelle...) auquel nous avons ajouté du sable dans une proportion de 1 pour 3, et 1 de paillettes de chanvre. Pour trouver le ratio, nous avons fait quelques tests les jours précédents.

Le 22 était le grand jour, et la veille nous avons préparé notre mixture dans 4 grandes poubelles noires : objectif, couvrir tout le mur dans la journée, et surtout ne pas avoir de reprise à faire. Jour J, au bout d'une heure j'étais experte : splash, balancer une poignée de terre à la main, zip, l'écraser au platoir, splash, zip, splash splash, zip, ...

Après quelques heures, j'étais déjà moins souriante : que d'aller-retours entre la poubelle et le murs ! Les jambes sont mises à mal, les bras commencent à souffrir, et à midi c'est à peine si nous en sommes à la cheminée : moins de la moitié ! Pause déj sur le pouce. Splash, zip, splish, zap, ... ça continue, la partie solin est compliquée, de grands trous entre les pierres sont à combler, et sur la pierre elle-même, la tenue n'est pas évidente... splish, splosh, on ramasse au sol ce qui n'a pas voulu tenir du premier coup, splash, zip, on écrase tout contre le mur, suivant !

Fin de journée (et en août elles sont encore longues...) et fin de la poubelle : nous n'arriverons pas à couvrir toute la bauge vers le nord. On étire, on étale, il y a bien plus de sable que d'argile, je force comme un boeuf pour accrocher tout ça, on fait plus fin, mais rien n'y fait : il reste un bout. Bon, on avisera... finalement, on gardera comme ça pour l'instant.
Quelques jours après, voilà ce que ça donne... une couleur chaude, un petit côté hacienda. Malgré les petites fissures qui commencent à poindre, on le garderait bien comme ça, ce mur...

Et dehors ? Dehors, c'est atelier terre aussi ! Mais avec de la terre, de la vraie : celle qu'on avait fait tomber du fournil. Petit à petit, on lui remet de la terre et on augmente la taille du tumulus. Mais après tout "dans la vie, tout n'est que patience"... Sans doute le fournil prend-t-il son mal en patience... nous qui pensions l'avoir fini pour fin juin !... Malheureusement pour lui, d'autres travaux lui ont sapé la priorité.

PS : les photos sont d'Antoine.